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Chantal Brasseur et Daniel de Ladurantaye sont propriétaires de PenséeFleur.
Chantal Brasseur et Daniel de Ladurantaye sont propriétaires de PenséeFleur.

Des fleurs à la ferme

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
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« Je nourris votre cœur et votre âme. » Cette jolie phrase, Chantal Brasseur la répète à qui veut l’entendre. En sa qualité de fermière fleuriste, elle est bien placée pour parler!

Elle n’a qu’à énumérer quelques fleurs qu’elles cultivent sur sa terre pour évoquer le beau temps et la beauté. Zinnias, lisianthus, renoncules, anémones, tulipes... Chez PenséeFleur, les végétaux sont au cœur de l’entreprise.

Elle et son conjoint, Daniel de Ladurantaye, se sont d’abord fait connaître des Sheffordois par leur présence à la Journée verte de la municipalité, de 2013 à 2019, sous la dénomination Semis pour vous. Les légumes distribués aux citoyens provenaient de chez eux. « Ce volet existe toujours, explique Mme Brasseur. On frôle la cinquantaine de variétés de semis de légumes, de fleurs pour le jardin et de fines herbes. »

Il n’y a pas si longtemps, le couple a eu envie de changer son image en devenant PenséeFleur, parfaitement nommé quand on sait que plus de 50 variétés de fleurs sont aussi cultivées sur sa propriété du chemin Meunier. De quoi composer des bouquets fermiers foisonnants.

L’endroit, toutefois, n’est ouvert que sur rendez-vous. « L’an dernier, on a proposé un bar à fleurs coupées, où les gens pouvaient composer leurs propres bouquets en choisissant les fleurs dans des bacs, plutôt qu’en faisant de l’autocueillette. Et on veut revenir avec cette formule cette année. C’est abordable, car il n’y a pas d’intermédiaire », indique la dame, en rappelant que PenséeFleur est aussi présente au marché public de Granby.

Maraîchers de fleurs

Le duo travaille de façon écoresponsable, sans produits chimiques. « On est comme des maraîchers sur petites surfaces. Mais au lieu de semer des légumes, ce sont des fleurs. »

Mme Brasseur affirme qu’elle et son complice ont commencé pour le plaisir, mais que le jeu est devenu sérieux depuis trois ans. Aux jardins d’annuelles, de comestibles et de vivaces s’est ajoutée une serre « pour augmenter la productivité et allonger la saison ».


« On est comme des maraîchers sur petites surfaces. Mais au lieu de semer des légumes, ce sont des fleurs. »
Chantal Brasseur, de PenséeFleur

La ferme florale ne fait pas dans la facilité; des variétés rares et inédites au Québec y poussent. Le craspédia, ça vous dit quelque chose? « Pour se démarquer, il faut offrir des choses différentes. »

Chose certaine, il y a un marché pour les fleurs fermières, se réjouit Chantal Brasseur. « Surtout depuis 2020, il y a une volonté d’acheter local et une conscience accrue chez les gens de limiter leur empreinte écologique. »

Étape par étape

Encore en phase d’établissement, les Brasseur-de Ladurantaye occupent chacun un autre emploi, en marge de la floriculture. PenséeFleur a néanmoins des idées de grandeur. Devenir grossiste fait notamment partie des plans. Au moment de l’entrevue, en mars, de l’eucalyptus poussait allègrement sur la propriété en attendant d’atterrir chez des artisans ou des commerçants de la province.

L’agrotourisme est aussi dans sa mire. « On a cinq acres de terrain, on a de quoi s’amuser ! Les gens pourraient, par exemple, venir se balader dans le boisé, se détendre, faire de la photographie. On pourrait offrir des brunchs musicaux le dimanche, des cours de peinture en nature, des cours de yoga... », rêve Mme Brasseur à voix haute. « On y va par étape. »

Le fait d’être voisin de la nouvelle Brasserie La Ferme a aussi des avantages. « On se recommande mutuellement. Ça crée un certain va-et-vient. On dit aux gens d’aller prendre une bière à la brasserie et de venir se chercher des fleurs ensuite. »