La famille de Suzy Chagnon entend bien en profiter des quartiers actifs présents dans sa municipalité.

Une initiative qui marche

Sainte-Cécile-de-Milton souhaite faire marcher ses citoyens, sans toutefois avoir recours à un canular. La municipalité mise plutôt sur ses parcours multifonctionnels, des Quartiers actifs, une initiative de citoyens désireux de promouvoir les saines habitudes de vie.

Le comité citoyen a lancé ses activités l’hiver dernier. Il avait pour objectif initial de mettre en place un lien cyclable reliant Sainte-Cécile-de-Milton à Granby. Il avait d’ailleurs obtenu une aide financière de la part de la MRC de la Haute-Yamaska à cet effet.

« Je fais beaucoup de vélo, depuis très longtemps, alors ça m’avait interpellé, raconte l’un des membres du comité, André Vigneault. Éventuellement, les discussions ont divergé vers un projet de quartiers actifs et des initiatives pour promouvoir la mobilité des citoyens. » L’idée vient aussi du fait que Sainte-Cécile-de-Milton participe à la Grande marche Pierre Lavoie, indique-t-on.

De plus, elle permet de relier un quartier plus isolé de la municipalité, au nord-est, au reste du village.

Le comité citoyen n’a toutefois pas abandonné l’idée de doter la municipalité d’un lien cyclable vers Granby.

« Il y a aussi une ouverture du côté de Granby, qui est en train de munir la rue Saint-Hubert d’une piste cyclable, qu’on réussisse à relier les deux villes », fait valoir Suzy Chagnon, membre du comité de citoyens.

Porter ses fruits

Au cours de l’été, des pancartes ornées de pépins de pomme ont été installées à l’entrée des quartiers actifs. Chacun des parcours, allant de 1,5 à 3,32 km, est affublé d’une couleur qui lui est propre : bleu, jaune ou vert. Le tout est agrémenté de boîtes à pommes, une idée inspirée du décor proposé par la Cidrerie Milton, et qui fait référence à l’importance de la pomiculture dans la municipalité.

Le parcours est ensuite truffé de pépins de pomme géants peints à tous les 100 mètres, au sol, indiquant ainsi la distance parcourue, que ce soit à pied, à vélo, en patins à roues alignées ou même en déambulateur, souligne-t-on.

« C’est un incitatif pour les gens de tous âges, dont les jeunes, souligne Mme Chagnon, elle-même mère de famille. Les écrans occupent une grande part de leur vie, alors ces sentiers les incitent à bouger et à avoir un mode de vie sain qui va de pair avec l’activité physique. »

Et l’initiative semble déjà porter ses fruits. « Je pars tous les soirs en vélo et je vois souvent les mêmes personnes marcher ou promener leur chien. Je vois aussi de nouveaux visages », affirme M. Vigneault.

Des entreprises pourraient aussi emboîter le pas pour rendre le tout encore plus dynamique. « Le propriétaire du commerce Maître Glacier a aménagé un sentier derrière son commerce reliant ainsi sa crèmerie à un quartier actif », mentionne M. Vigneault.

L’idée d’animer les sentiers pour les faire connaître aux Miltonnais est aussi dans les cartons. « On aimerait attirer les gens pour qu’ils viennent se stationner au village pour visiter nos commerçants, propose le citoyen. C’est une belle manière de marcher et de découvrir ce que la ville a à offrir. »

Signe de son succès, l’idée des Quartiers actifs a été partagée à la MRC de la Haute-Yamaska. Elle pourrait inspirer d’autres municipalités de la région à aménager des parcours de mobilité active.

« Suite logique »

Aux yeux du maire Paul Sarrazin, l’initiative s’inscrit dans « un continuum de mesures » visant à faire de la municipalité une destination reconnue pour la promotion des saines habitudes de vie.

« On s’était déjà démarqués en étant l’une des premières municipalités [dans la région] à inaugurer un sentier des aînés actifs avec des pictogrammes expliquant des exercices adaptés, dans le parc des Générations. On a encore un partenariat avec le CSSS, alors qu’une animatrice vient une fois par semaine travailler avec nos aînés. Nos écoliers vont aussi marcher dans les rues avant le début des classes et, depuis quelques années, on donne la rue aux enfants pour qu’ils puissent jouer dehors. »

Quartiers actifs était donc la « suite logique » du virage santé de Sainte-Cécile-de-Milton. « Ça allait de soi de passer à une autre étape. Nous sommes une municipalité ayant des moyens modestes, mais nous voulons saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous. »

« On est en train d’injecter les saines habitudes de vie dans l’ADN de la municipalité, poursuit l’élu. Comme leader municipal, on doit y contribuer et mettre en place des choses qui donnent envie à la population de venir s’installer ici. »

Et qui de mieux placé pour faire rayonner la municipalité que ses propres citoyens ? « On dit que les Villes ont parfois du mal à recruter des bénévoles. Dans ce dossier-là, on a fait un appel à tous et les citoyens ont répondu immédiatement. Pour plusieurs, il s’agissait d’une première implication concrète dans une initiative municipale », se réjouit le maire.

À ses yeux, Quartiers actifs gagne en crédibilité grâce au sérieux de l’engagement des membres du comité, dont plusieurs sont des citoyens en forme. « Ce sont des gens qui croient aux saines habitudes de vie, qui font de l’exercice et qui contribuent à la réussite et à la mise en place du projet. On ne pourrait rêver d’avoir de meilleurs ambassadeurs. »