Paul Sarrazin, maire de Sainte-Cécile-de-Milton, Gérard Gévry, président du CA de l’organisme à but non lucratif responsable­ de la gestion du pavillon Gévry-Lussier, et Pierre Breton, député de Shefford, à l’entrée du bâtiment, à Sainte-Cécile-de-Milton.

« Deux belles surprises »

Un ascenseur sera ainsi construit au pavillon Gévry-Lussier, « cet automne », espère Gérard Gévry, président du conseil d’administration de l’organisme à but non lucratif qui gère le pavillon, tandis qu’une toilette et une douche accessibles aux personnes à mobilité réduite seront installées au centre communautaire.

« Deux belles surprises », en effet, car chacun de ces projets avait dans un premier temps été refusé, notamment pour des raisons administratives. Ils ont finalement reçu l’appui du gouvernement du Canada, via le Fonds d’accessibilité 2019.

« Ça prend de l’obstination pour réussir des projets de ce genre », assure M. Gévry, rappelant que celui de la résidence avait mis 30 ans avant d’être concrétisé.

M. Sarrazin a souligné la persévérance de M. Gévry et des membres de l’OBNL qui ont soutenu le projet à bout de bras. « Ça n’a pas toujours été facile », reconnaît-il.

Six unités à l’étage

Le pavillon Gévry-Lussier se compose de 12 logements, dont la moitié sont au deuxième étage. Ceux qui y résident profiteront ainsi directement de l’ascenseur, dont le coût total est de 78 000 $ plus taxes, selon M. Gévry. « Beaucoup de gens veulent vivre ici, indique-t-il, mais on a déjà été obligés de refuser des gens parce qu’ils n’étaient pas assez mobiles pour aller au 2e étage. »

L’organisme qui gère le pavillon avait déjà prévu la possibilité d’accueillir des gens à mobilité réduite, la largeur des cadres de porte permettant aux fauteuils roulants de passer. « On est prêts, nous autres », souligne M. Gévry.

Ces résidences, destinées à une population de 55 ans et plus, accueillent actuellement 1 couple et 12 personnes seules. La plus jeune résidante a 63 ans et le plus âgé
94 ans. « La moyenne a entre 75 et 80 ans », indique le président du conseil d’administration.

Yvette Lussier est là depuis les tout débuts. Elle est la première à avoir occupé un logement dans le pavillon, soit en avril 2011. Elle est heureuse d’avoir pu intégrer cette résidence, car dit-elle, « je n’étais pas prête à aller à Granby ».

À 84 ans, celle qui préside le comité d’Arts et culture à Sainte-Cécile est encore très active. Miltonnaise depuis six décennies, cette ancienne agricultrice siège aussi sur le conseil d’administration du pavillon Gévry-Lussier.

Si elle est « bien contente pour eux autres » — les personnes habitant à l’étage et qui bénéficieront de l’ascenseur —, Mme Lussier regrette toutefois que le projet d’un local de rencontre pour tous les résidants n’ait pu voir le jour, faute d’argent. Dans le pavillon, le « social » se fait donc principalement autour de la balançoire à l’extérieur, l’été.

Les huit 41/2 et les quatre 31/2 disposent tous d’une cuisine et d’une salle de bain entièrement équipées. Les coûts de location sont de 577 $ pour un 41/2, et il faut compter 465 $ pour un 31/2.

« On est tenus par la Société d’habitation du Québec (SHQ) d’être en bas du prix médian au niveau de la région », précise M. Gévry.

Par ailleurs, la moitié des locataires des logements du pavillon bénéficient d’une subvention au loyer, celui-ci correspondant alors à 25 % des revenus du locataire, incluant les frais de chauffage.

Plus largement, de tels projets de logements abordables ont eu de la difficulté à voir le jour ces dernières années, au Québec, notamment car les subventions ne reflétaient plus les coûts de réalisation. Le gouvernement du Québec a pallié en partie ce problème en annonçant, le 9 juillet dernier, un investissement de 260 millions de dollars dans le programme AccèsLogis Québec de la SHQ.

La SHQ indique qu’un projet situé dans une municipalité de moins de 2500 habitants peut également obtenir une subvention supplémentaire pouvant atteindre 4000 $ par unité de logement. Par ailleurs, en contrepartie de l’aide de Québec, la SHQ exige une contribution minimale du milieu, variant de 5 à 15 % du coût total du projet, indique l’organisme.

Centre communautaire accessible à tous

Les changements apportés au centre communautaire de Sainte-Cécile-de-Milton étaient nécessaires en vertu de la loi, selon M. Sarrazin.

« Les municipalités doivent adopter un schéma de sécurité civile, selon lequel on doit avoir un endroit reconnu accessible et disponible lors de tout événement qui pourrait se produire », rappelle-t-il.

Si le centre communautaire est stratégiquement bien placé, selon lui, il manquait certains services.

« La salle de bain sera agrandie, permettant l’installation d’une toilette et une douche accessibles aux personnes à mobilité réduite, et la gestion de l’eau sera améliorée dans un souci environnemental », précise-t-il.

Enfin, rappelons que le pavillon Gévry-Lussier bénéficie d’un congé de taxes municipales pendant 25 ans.