L’avenir de Canard du Village est maintenant assuré par Alice De Guise et Elise et Gabriel Beauchemin.
L’avenir de Canard du Village est maintenant assuré par Alice De Guise et Elise et Gabriel Beauchemin.

Une cinquième génération à la tête de l’entreprise

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
L’avenir de la ferme ancestrale de la famille Ravenelle, spécialisée dans l’élevage du canard de barbarie, est maintenant assuré par une cinquième génération. Deux des quatre enfants reprennent le flambeau de Canard du Village en concentrant davantage leurs efforts sur le marché des produits transformés.

« Ils sont capables. Ce n’est pas de l’inconnu pour eux. J’ai très confiance en la faisabilité de ce transfert-là », affirme Jocelyne Ravenelle, la mère de Marie, Elise, Gabriel et Antoine Beauchemin.

Quatrième génération à exploiter la ferme familiale, elle cède maintenant les reines de l’entreprise qu’elle a fondée il y a plus de 25 ans. Sa fille Elise, son fils Gabriel et la conjointe de ce dernier, Alice, seront à la tête de Canard du Village. « C’est un beau défi ! », affirme Elise Beauchemin.

Le transfert de l’entreprise est sur le point d’être complété. Tout le monde est déjà bien en selle et prêt à embarquer dans l’aventure, ou plutôt, à la poursuivre. « Ils ont vécu là-dedans. Ça les attire aussi d’avoir un produit qui est un peu à part des autres. Ils savent ce qu’est le canard. La clientèle est établie, dit la mère de famille. Ils sont des repreneurs, mais ils savent en quoi ça consiste. »

La ferme ancestrale se spécialise dans l’élevage de canard de barbarie sans gavage.

Les tâches de chacun ont été définies. La communication, surtout lorsqu’on travaille en famille, est primordiale, estime Elise. « C’est important de bien se parler et bien se comprendre, dit l’aînée de la famille. Ça prend aussi une rigueur. Tu dois t’occuper de tes choses. »

Axée sur les produits transformés

Les canards de barbarie sont élevés comme un poulet de grain, sans gavage. Il faut compter 14 semaines avant qu’ils atteignent l’âge adulte. La ferme située dans le rang Double en produit 8500, bon an, mal an. Au cours des dernières années, ses produits se sont taillé une place de choix dans la cuisine des restaurateurs aux quatre coins du Québec et même en Ontario. « On s’est fait une belle renommée, se réjouit Elise. C’est rendu notre créneau principal. »

Ébranlée par la COVID-19, comme bon nombre d’entreprises québécoises, Canard du Village a dû réduire sa production et explorer un nouveau marché, celui de la vente de produits transformés. Même si l’entreprise l’offrait déjà avant la pandémie, ce volet est devenu plus important que celui de la restauration.

« Le créneau restauration n’est pas à son apogée, mais on a confiance pour l’automne, indique la jeune femme. On va plus axer sur les produits transformés. On retourne la roue. On va probablement s’orienter vers la vente en ligne et au détail. »

L’entreprise de St-Pie veut consacrer davantage ses efforts à percer le marché des produits transformés.

Depuis la pandémie, l’entreprise offre des boîtes de produits transformés qui sont livrées chez le client. Pâtés, cuisses confites, cassoulets, effilochés, rillettes, saucissons et poitrines de canard figurent parmi la liste des produits que propose le trio de propriétaires. « Les boîtes nous ont permis de survivre, indique Mme Beauchemin. Les gens ont vraiment aimé. »

Le produit proposé est d’ailleurs plus « festif et raffiné », ce qui explique entre autres le succès des boîtes. « Ça a été de belles découvertes pour les clients et on a envie de continuer le projet. On veut que ça continue. On a travaillé fort pour rester la tête hors de l’eau. »