La productrice maraîchère Amélie de la Durantaye, vice-présidente de la Ferme Luc Lussier, a à cœur le bilan environnemental de l’entreprise.
La productrice maraîchère Amélie de la Durantaye, vice-présidente de la Ferme Luc Lussier, a à cœur le bilan environnemental de l’entreprise.

Une agronome inspirée

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Agriculture et protection de l’environnement sont indissociables pour l’agronome Amélie de la Durantaye. C’est d’ailleurs autour de ces deux thèmes que s’articule le quotidien de la vice-présidente de la Ferme Luc Lussier de Saint-Pie.

Originaire de Joliette, Amélie de la Durantaye ne venait pas d’un milieu agricole. C’est plutôt les arbres, en l’occurrence les érables, qui prenaient une place importante pour sa famille, qui possédait un lot acéricole. L’appel de la terre s’est toutefois manifesté dès son tout jeune âge. « J’ai toujours aimé faire des jardins avec mon père, se remémore-t-elle. Planter des graines et les voir grandir, ça me fascinait. »

Lorsqu’est venu le temps de choisir une carrière, elle a suivi les traces de son grand-père agronome. Après des études dans son domaine à l’Université Laval, elle est venue s’établir à Saint-Hyacinthe. « Je venais d’un coin maraîcher et je voulais me dépayser en voyant autre chose », confie-t-elle.

Elle a donc enseigné durant huit ans à l’Institut de technologie agricole (ITA). L’amour l’a toutefois ramenée vers la sphère maraîchère lorsqu’elle a rencontré son conjoint, Luc Lussier, propriétaire de la ferme du même nom, établie en bordure de la route 235 à Saint-Pie.

Les carottes jaunes font partie de la production.

En 2014, elle décide de faire le grand saut pour s’investir à temps complet dans l’entreprise, spécialisée dans la production d’oignons jaunes et rouges, de carottes jaunes et de patates. Pas un instant elle n’a regretté son choix. « Je suis toujours au front. Il y a toujours des choses qui se présentent et tu dois trouver des solutions. Il y a de l’action. J’ai des défis tous les jours, et je suis maître de la façon dont je peux les relever. »

Environnement

L’image de l’agriculture est souvent malmenée. Amélie de la Durantaye se fait un devoir de briser les tabous en « montrant patte blanche » et en posant des gestes concrets pour améliorer le bilan environnemental de sa ferme. « On exploite des terres noires. C’est très organique et érodable. La terre s’envole et se retrouve dans les cours d’eau. C’est très difficile de garder ça en place. Mais, à chaque problème sa solution. »

Parmi les initiatives environnementales, Amélie et son conjoint ont aménagé les bandes riveraines sur leurs terres, dont les cours d’eau se jettent dans la rivière Yamaska. « C’est un travail de longue haleine. Chaque année, on investit pour ajouter des plantes, des brise-vent. Ça demande du temps et des efforts, mais on y croit. »

La réduction des pesticides est également au cœur de ses priorités. Un défi plus corsé que l’on peut l’imaginer, surtout dans son créneau. « En tant que producteurs maraîchers, on veut polluer le moins possible. Mais on est toujours sur la ligne entre faire pousser des légumes de qualité et sains pour l’environnement. On fait beaucoup de dépistage. On utilise aussi des produits moins dommageables. Nous aussi, on la boit, l’eau de la rivière ! »

L’agronome a par ailleurs décidé de s’investir encore plus largement en environnement en devenant membre du comité des bassins versants des Douze et Métairie. « Il y a un effet de contamination. Quand un agriculteur fait une bonne action en environnement, les autres s’en inspirent, dit-elle. Ça m’emballe. »

Les défis climatiques sont également bien tangibles. « Depuis quelques années, les sécheresses, les écarts de température sont marqués. On dirait que la météo est bipolaire. On a manqué d’eau durant deux à trois mois, et ensuite, il a plu comme jamais. Faire face aux changements climatiques, c’est tout un défi. La nature est plus difficile à dompter, image-t-elle, mais on prend le taureau par les cornes ! »