À en croire le directeur général Daniel-Éric St-Onge et le maire Robert Vyncke, le visage de Saint-Paul-d’Abbotsford changera au cours des prochaines années. Et pour le mieux.

Urbanisme: la Ville a une nouvelle vision

L’image de marque et le développement de la municipalité, entre autres choses, seront portés par la refonte des règlements d’urbanisme de Saint-Paul-d’Abbotsford, qui se donne des moyens souples pour parvenir à ses fins.

La démarche s’est inscrite dans la nouvelle vision de la municipalité de «se sortir du noir et du blanc, de devenir plus flexible à la réalité et aux besoins de la population», indique le maire Robert Vyncke. «L’administration passée, en 2008, avait erré et adopté un règlement à la hâte. Il y avait beaucoup de choses là-dedans qui ne correspondaient pas aux besoins de la municipalité et des citoyens», explique-t-il.

«On s’est dotés d’une vision claire, qui reconnaît du même coup que 96% du territoire de Saint-Paul est agricole. Avec notre vision, nous tentons de balancer cela avec le besoin de revitaliser le cœur du village», ajoute le maire.

Ce faisant, le fonctionnement du comité consultatif d’urbanisme (CCU) a été revu, alors que de nouveaux membres y ont été nommés. «On s’est donné un cadre plus fonctionnel et on a nommé des gens qui comprennent les règlements de même que le PIIA (plan d’intégration et d’implantation architecturale). Ce sera un comité beaucoup plus représentatif de la population», souligne M. Vyncke, mentionnant que le CCU est désormais composé de membres de tous les secteurs de la municipalité et que les agriculteurs y sont représentés par le conseiller responsable de ce dossier.

Flexible sans être laxiste
Le nouveau plan d’urbanisme, auquel ont été greffés des plans particuliers d’urbanisme (PPU) et un nouveau plan d’intégration et d’implantation architecturale (PIIA), vise «un développement plus harmonieux du bâti» sur le territoire de la municipalité, explique-t-on. «Chaque fois qu’il y aura un nouveau projet, celui-ci devra passer le test de notre plan d’urbanisme», souligne Daniel-Éric St-Onge, directeur général.

La flexibilité souhaitée dans l’application de la réglementation ne signifie toutefois pas de tout permettre ou de faire preuve de laxisme, prévient le maire. «C’est plutôt de mettre en place un cadre de fonctionnement gérable dans lequel on pourra répondre aux demandes citoyennes dans le respect de balises bien établies», explique-t-il.

Par exemple, un usage commercial sera permis dans certains secteurs résidentiels pour donner l’opportunité à des citoyens qui désirent se lancer en affaires de pouvoir le faire chez eux, à condition que leur nouvelle activité ne soit pas nuisible ou dérogatoire à la réglementation.

Autres modifications: les bâtiments en forme de dôme, jusqu’à présent interdits, pourraient être permis dans les cours arrière, s’ils sont discrets ou si leur présence est atténuée. Les restaurateurs pourront aménager des terrasses derrière leur commerce, alors que l’ancien règlement les permettait uniquement en façade.

Les règles seront aussi assouplies quant à l’aménagement d’un logement additionnel au sein d’une résidence et à la construction d’habitations pour loger les travailleurs saisonniers.

Enfin, le règlement d’urbanisme de 2008 n’incluait pas l’acériculture comme activité agricole, ce qui sera corrigé dans la nouvelle mouture. On permettra donc aux acériculteurs de construire des bâtiments pour entreposer leur machinerie, qui se modernise sans cesse.

Densifier et innover
La densification du territoire et l’augmentation de la démographie de Saint-Paul font partie des priorités de l’administration municipale. On espère toujours que les premières pelletées marquant l’arrivée d’un projet domiciliaire dans la zone blanche, derrière l’hôtel de ville, ait lieu cette année. «Sur un plan régional, on veut créer un équilibre au sein de la MRC [de Rouville]. Plus notre population sera importante, plus notre parole aura une portée. Nous souhaitons nous repositionner, de façon respectueuse et constructive», indique le maire Vyncke.

En ce sens, la zone dite «déstructurée« sur la route 112, à l’entrée ouest de la municipalité, pourra accueillir de nouvelles entreprises. «Ça pourrait très bien être de l’alimentaire ou de la culture biologique, illustre M. Vyncke. On n’ira pas du côté des bitfarms [ndlr: des mines de cryptomonnaie], à moins qu’il y ait une manière d’utiliser la chaleur produite par les serveurs pour une culture en serre, par exemple, et que des mesures atténuant le bruit fassent partie de l’offre.»

«On doit aussi penser au futur. On pourrait accueillir une entreprise qui se spécialise dans les bibittes protéiniques [ndlr: tels que des grillons]. On entend que le futur de l’alimentation s’en va là, alors on pourrait y prendre part», réfléchit le maire.

Des citoyens impliqués
Tant le maire que le directeur général se réjouissent de l’implication des citoyens dans la refonte des règlements. Un sondage en ligne a reçu près de trois fois plus de réponses qu’espéré. Puis, lors d’une rencontre informelle sur le projet, environ 80 citoyens se sont présentés. Ils étaient plus d’une centaine lors de la séance d’information officielle portant sur les nouveaux règlements et leurs interventions se sont avérées constructives.

«Ça a été un processus démocratique très proactif, se félicite M. Vyncke. Les gens ont compris qu’on veut tout faire de façon harmonieuse.»

«Et c’est bien, car si on veut réaliser notre plan, les citoyens doivent comprendre qu’ils ont, eux aussi, un rôle à jouer, renchérit l’élu. Et ça semble être le cas.»