La famille Brie est composée de Mélanie Fleury et Martin Brie, au centre, entourés de leurs trois enfants: Mathieu, Maxime et Samantha.

Le temps des pommes à l’année

Depuis quelques mois déjà, les utilisateurs de la route 112 ont pu remarquer qu’un imposant bâtiment s’érige tranquillement tout près du cœur du village de Saint-Paul- d’Abbotsford. L’édifice actuellement en construction deviendra, en août, le plus grand entrepôt réfrigéré de pommes de l’entreprise Verger des Bois-Francs.

L’entreprise familiale a été fondée par Rosaire Brie au début des années 1940, à Princeville. Lui ont succédé son fils Pierre et sa femme Ghislaine, puis le fils du couple, Martin. Avec sa conjointe Mélanie, celui-ci peut compter sur une belle relève en leurs trois enfants Samantha, Maxime et Mathieu. Pomiculteurs de père en fils et maintenant de père en fille, les Brie ont fait prospérer le commerce du patriarche pour en faire une entreprise diversifiée. « On a été intégrés très jeunes dans l’entreprise, relève Martin. À force de travailler là-dedans, tout le monde y a pris goût. C’est contagieux ! »

« J’ai eu la piqûre, confirme Samantha. J’ai fait des études en comptabilité, mais j’ai toujours vécu là-dedans. Je ne me voyais pas faire autre chose ! »

Microclimat

La famille Brie était propriétaire de terres à Princeville et à Plessisville avant d’acquérir quelque 12 hectares de vergers à Saint-Paul-d’Abbotsford. C’était en septembre 2009. De fil en aiguille, les Brie ont acheté d’autres lots, portant à 65 hectares les terres cultivées dans la municipalité.

Plus de 75 000 pommiers répartis dans les 100 hectares de vergers de l’entreprise produisent des millions de pommes annuellement et d’autres acquisitions dans un futur plus ou moins rapproché pourraient augmenter ce rutilant bilan.

« Il y a, dans la région, un microclimat avec plus de chaleur ce qui nous permet de mieux cultiver certaines variétés de pommes, comme la Gala », indique Maxime.

La famille compte d’ailleurs implanter de nouvelles variétés dans ses vergers d’ici afin de diversifier son offre.

Capacité augmentée

Le premier entrepôt réfrigéré de l’entreprise est construit en 1987, à Princeville. Celui-ci étant devenu trop petit et désuet pour les besoins de la compagnie, les Brie ont choisi d’en faire bâtir un plus imposant, de 50 000 pieds carrés, route 112, à Saint-Paul- d’Abbotsford, tout juste devant leurs vergers.

« On produit plus ici, donc c’était logique de s’installer tout près, explique Samantha. De plus, on sera à proximité de certains de nos clients à Montréal et sur la Rive-Sud. »

L’entrepôt servira également de plan d’emballage des pommes surtout vendues à des épiciers et des fruiteries partout au Québec. Au maximum de sa capacité, il serait possible d’y emballer l’équivalent de 60 tonnes de pommes par journée de travail de huit heures, à raison de 400 caisses à l’heure.

L’édifice sera équipé d’une nouvelle machine à la fine pointe de la technologie permettant de laver, de sécher et de trier les pommes. « Quand on va à l’épicerie, on ne le remarque pas, mais les pommes sont presque toutes de taille similaire, explique Maxime. C’est ainsi qu’elles sont triées, mais elles ne viennent pas toutes du même pommier. »

L’appareil permettra aussi d’assurer une meilleure qualité du produit, renchérit Martin.

« Elle pourra distinguer les défauts de certains fruits, comme des poques, des piqûres d’insectes et même des défauts internes », explique-t-il.

Les pommes dites « déclassées » ou imparfaites sont, pour leur part, vendues à des entreprises de transformation dont plusieurs se trouvent dans la région, comme les Industries Lassonde et la Cidrerie Milton, par exemple.

Le projet, dans les cartons depuis février 2018, devrait être mis en œuvre d’ici la fin de l’été.

Tout juste à temps pour le « vrai » temps des pommes.