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L’impressionnant chalet situé au sommet de la montagne, acquis à l’automne 2018 par la municipalité, sera finalement démoli.
L’impressionnant chalet situé au sommet de la montagne, acquis à l’automne 2018 par la municipalité, sera finalement démoli.

L'accès public au mont Yamaska toujours dans les plans

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
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Même si cet engagement tarde à se concrétiser, Saint-Paul-d’Abbotsford envisage toujours de donner accès au mont Yamaska à ses citoyens. Comme cela est coutume à la municipalité, on veut toutefois s’assurer de bien faire les choses avant d’aller de l’avant.

« Les citoyens nous questionnent fréquemment sur l’avancement du projet, confie le maire Robert Vyncke. Il n’y a pas une semaine où nous ne sommes pas interpellés sur la question ; les gens ne comprennent pas que la population soit privée de l’accès à la montagne. »

Répondre favorablement à ce souhait est toujours dans la mire de la municipalité, qui désire aménager un sentier qui mènerait au sommet du mont Yamaska sur son flanc sud. « Mais comme dans tout projet, on doit s’assurer que tout se fasse dans le respect. On doit aussi bien respecter le droit et le désir des citoyens d’accéder à la montagne que de respecter les montagnards privés qui veulent aussi jouir de leur propriété. Et surtout, on veut agir dans le respect de la nature. »

Préserver et mettre en valeur la biodiversité du mont Yamaska, tel est l’objectif premier de ce projet de sentier, qui pourrait permettre aux Abbotsfordiens de découvrir la richesse de leur milieu de vie.

« On souhaite faire un sentier éducatif pour que les gens en apprennent sur l’agriculture en montagne et sur les différentes espèces végétales et fauniques qu’on y retrouve, précise M. Vyncke. Dans la montagne, on a des arbres centenaires, bicentenaires et même tricentenaires ! On sait aussi que le mont Yamaska est un habitat de choix pour les urubus [NDLR : un oiseau de proie]. »

« Nature Action Québec a déjà fait beaucoup de travail de caractérisation des espèces avec les propriétaires dans la montagne. Une grande partie de la faune et de la flore est répertoriée », renchérit Jean-Raphaël Cloutier, directeur général de la municipalité.

Acquisition et autorisation

La municipalité souhaiterait acheter un terrain qui permettrait de relier deux autres lots dont elle est déjà propriétaire, mais cette acquisition n’est pas encore chose faite. « Il y a des discussions en cours, mais si ça ne se concrétise pas de cette façon, nous allons nous pencher sur d’autres solutions pour donner accès », indique le maire.

Le mont Yamaska est un habitat naturel pour les urubus, un oiseau de proie.

Saint-Paul doit d’abord composer avec la réticence de certains propriétaires montagnards qui craignent de perdre la quiétude qu’ils retrouvent chez eux et qui dénoncent déjà des cas de vandalisme sur leurs propriétés.

En parallèle, la municipalité continue d’étoffer le dossier qu’elle compte présenter devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pour autoriser l’usage récréotouristique que représente le projet de sentier. Si tout se déroule comme prévu, la demande pourrait être adressée à la commission d’ici la fin de l’année.

« On a fait beaucoup de recherches pour voir comment ça s’est passé ailleurs, souligne M. Cloutier. Dans d’autres municipalités, la montagne est en zone blanche, ce qui est beaucoup plus facile que pour nous, parce que notre montagne est en zone verte. Il va falloir faire la preuve que les sentiers peuvent être aménagés au bénéfice de l’agriculture. »


« On doit s’assurer que tout se fasse dans le respect. On doit aussi bien respecter le droit et le désir des citoyens d’accéder à la montagne que de respecter les montagnards privés qui veulent aussi jouir de leur propriété. »
Robert Vyncke, maire de Saint-Paul-d’Abbotsford

C’est faisable, croit-on, d’autant plus qu’un vignoble de la municipalité a lui-même demandé et obtenu de la CPTAQ une autorisation pour aménager des sentiers sous prétexte que cela était profitable pour la vente de ses produits. La production acéricole qui a lieu en montagne n’est pour sa part pas menacée par le passage des sentiers sur les terrains publics. « On serait ouverts à laisser passer des tubulaires sur nos terrains si ça ne nuit pas à l’environnement, illustre pour sa part M. Vyncke. Il y a plusieurs avenues qui pourraient faire en sorte que tout le monde trouve son compte dans le projet. »

Le chalet sera démoli

L’impressionnant chalet situé au sommet de la montagne, acquis à l’automne 2018 par la municipalité, sera finalement démoli.

« Le chalet est une très belle bâtisse, mais on ne veut pas créer un genre de Tour Eiffel sur le sommet qui serait propice à des rassemblements », précise M. Cloutier.

Préserver et mettre en valeur la biodiversité du mont Yamaska, tel est l’objectif premier de ce projet de sentier, qui pourrait permettre aux Abbotsfordiens de découvrir la richesse de leur milieu de vie, indiquent Jean-Raphaël Cloutier et Robert Vyncke, respectivement directeur général et maire de la municipalité.

« Et il y a le coût des rénovations. On s’attend à ce que ça coûte au minimum 100 000 $ pour refaire les fenêtres, la toiture et pour en finir avec les infiltrations d’eau, car le bâtiment n’a pas été entretenu au fil des années, poursuit le fonctionnaire. C’est sans compter ce que ça coûterait pour les mettre aux normes et de les rénover pour que la bâtisse réponde à nos besoins. »

Laissé à l’abandon et placardé, l’endroit est actuellement occupé par des urubus, dont le maire espère qu’ils retourneront dans leurs rochers au terme de la démolition.

Comme le mandat se situe en altitude et dans un environnement assez particulier, le conseil municipal devrait d’ailleurs procéder à un appel d’offres sur invitation au cours des prochains jours, si ce n’est déjà fait, pour octroyer le contrat de la destruction de l’édifice.

On prévoit que ces travaux débutent d’ici la fin de l’été ou au début de l’automne.

Érigé en 2005, le bâtiment, qui devait être au départ une simple cabane à sucre a toujours fait l’objet de controverses à la municipalité. Située sur le versant sud-ouest, avec une vue directe sur la vallée du Saint-Laurent, la propriété de 15,5 arpents compte un hangar, une salle de bain, une salle de lavage, une salle à manger, un observatoire au second plancher, 22 fenêtres en tout ainsi que 130 mètres carrés de balcons et de terrasses.

À l’automne 2018, Saint-Paul-d’Abbotsford avait acquis la propriété pour l’équivalent de 600 000 $, mais n’avait payé que la moitié de cette somme. Dans les faits, la municipalité avait déboursé 250 000 $ pour le chalet et son terrain de 38 acres, en plus de 50 000 $ pour régler tous les enjeux juridiques entourant la transaction. Les 300 000 $ restants étaient considérés comme un don à la municipalité du propriétaire, l’avocat sherbrookois Marco-Pierre Casa, qui avait reçu un reçu d’impôt en contrepartie.

L’idée d’installer un centre d’interprétation dans le bâtiment a déjà été envisagée, mais si cela devait se concrétiser, ce sera davantage au pied de la montagne, désormais.

« On veut plutôt que le site soit sobre, alors on privilégie davantage l’aménagement d’un petit belvédère qui permettrait aux marcheurs d’admirer la vue quelques instants avant de poursuivre leur chemin par les boucles du parcours », explique le maire.

Celui-ci rappelle aussi la proximité de Distance Vol Libre, où des vols en parapente ont lieu plusieurs fois par jour, et l’importance de respecter la sécurité des lieux pour tous ses usagers. « On sait que les gens aimeraient bien assister à des décollages, alors on va voir en temps et lieu s’il existe une façon de le permettre sans compromettre la sécurité de qui que ce soit », mentionne l’élu au passage.