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Philippe Michaud au-dessus de la rivière Richelieu lors d'un vol du mont Yamaska à Hemmingford. Le pilote est heureux!
Philippe Michaud au-dessus de la rivière Richelieu lors d'un vol du mont Yamaska à Hemmingford. Le pilote est heureux!

La tête dans les nuages

Étienne Bouthillier
Étienne Bouthillier
La Voix de l'Est
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Amoureux du mont Yamaska, puis de la Municipalité de Saint-Paul-d’Abbotsford, Normand Michaud et son fils Philippe font briller la région avec Aviation Saint-Paul. Le paternel, qui compte plus de 40 ans d’expérience en deltaplane, a transmis sa passion à son fils, qui est quasiment né avec des ailes dans le dos.

« Je raffole de ce sport. Je vis dans la région pour vivre le plus possible ma passion », admet Philippe, qui est également instructeur de deltaplane.

À l’âge de 20 ans, Normand Michaud ne savait pas quoi faire de sa peau. Assez sportif, il décida de s’inscrire, le temps d’une fin de semaine, à un cours de deltaplane offert pour la modique somme de 75 $. Ce weekend a carrément changé son parcours de vie, le deltaplane devenant la passion de sa vie.

La complicité du duo père-fils est palpable. Une chose est certaine : Normand est très fier de voir son fils voler dans ses propres pas et passer sa vie avec la tête dans les nuages.

C’est en 1983 qu’il a découvert le mont Yamaska. L’aviateur en était à ses premières années de vol et explorait les quatre coins de la région pour découvrir de bons endroits afin de déployer ses ailes. « À l’époque, ça parlait déjà du mont Yamaska comme une destination de choix », raconte-t-il.

Au départ, Normand et sa famille louaient une roulotte l’été et campaient sur le terrain d’atterrissage de Saint-Paul-d’Abbotsford. De fil en aiguille, et après plusieurs maisons louées dans la région, Normand a élu domicile sur le rang Elmire, où se trouve aujourd’hui Aviation Saint-Paul.

Philippe a suivi son père pendant ces années et a choisi d’élire domicile dans la municipalité en 2015. L’homme de 31 ans est tombé dans la même soupe que son père, soufflé par cette même passion du deltaplane.

Au-dessus du mont Yamaska

Celui qui travaille dans la restauration s’est installé à Saint-Paul pour vivre pleinement le vol libre.

Tous les jours

Le duo père-fils partage une devise : chaque jour, il y a une fenêtre pour voler. En temps de grands vents, ce moment peut durer cinq minutes, mais quiconque veut s’envoler peut le faire chaque jour.

« Le deltaplane est excellent pour la confiance en soi. Le rêve de tous les hommes est de toucher les nuages. Quand tu es capable de voler comme un oiseau, la vie te semble plus facile », décrit Normand, qui en est à sa 42e saison de vol.

Le paternel parle du deltaplane comme d’un prétexte permettant d’expérimenter d’autres champs d’intérêt. De la photographie à la météorologie, en passant par la radio d’aviation : le deltaplane permet de s’intéresser à une panoplie de domaines connexes.


« Le deltaplane est excellent pour la confiance en soi. Le rêve de tous les hommes est de toucher les nuages. Quand tu es capable de voler comme un oiseau, la vie te semble plus facile. »
Normand Michaud, de Aviation Saint-Paul
« Le deltaplane est excellent pour la confiance en soi. Le rêve de tous les hommes est de toucher les nuages. Quand tu es capable de voler comme un oiseau, la vie te semble plus facile », décrit Normand, qui en est à sa 42e saison de vol.

Normand mentionne également que le deltaplane est une discipline qui ne pollue pas. Le sport est également silencieux, un atout pour les habitants des environs.

« Je suis né avec le deltaplane. C’est tellement un mode d’aviation hors du commun. Ça m’a quand même pris du temps avant de me rendre compte que j’étais privilégié que ça me soit autant accessible », confie Philippe.

Depuis quelques années, le fils participe à des compétitions partout à travers le monde. Il s’est classé dans le top 100 mondial il y a quelque temps.

Au début du mois de juin, Philippe a battu le record québécois de la plus longue distance parcourue en deltaplane. Un record datant de l’année dernière qui appartenait à... lui-même ! Du mont Yamaska, il s’est rendu au Parc régional du Massif du Sud à Saint-Philémon, dans Chaudière-Appalaches.

Le recordman a volé pendant 240 kilomètres, 23 de plus que la performance précédente.

Ambiance

Depuis près de 40 ans, Normand a vu bien des changements à Saint-Paul-d’Abbotsford. Sous le charme de son atmosphère de village, l’aviateur se rappelle de la petite épicerie et de la boucherie du coin. Même Philippe salive au souvenir des côtes levées du commerce.

Au début du mois de juin, Philippe a battu le record québécois de la plus longue distance parcourue en deltaplane. Un record datant de l’année dernière qui appartenait à... lui-même !

Amateurs de plein air, les deux hommes parlent de la municipalité comme étant l’un des endroits de prédilection de la province pour profiter de la nature. « Au pied de la montagne, c’est un des plus beaux villages de la région. Le petit café, la crèmerie, la patinoire extérieure : il fait bon vivre à Saint-Paul-d’Abbotsford », assure Philippe.

Vivement un festival du deltaplane

L’instructeur de deltaplane réitère sa volonté d’organiser un festival du vol libre dans la région. « J’aimerais vraiment que ça se fasse. J’en ai déjà parlé avec la municipalité. Pour le sport, pour le mont et pour le village : ça ferait rayonner tout le monde », insiste-t-il.

Quiconque veut faire du deltaplane peut contacter Philippe via le site Internet d’Aviation Saint-Paul. « N’importe qui peut apprendre à voler. C’est beaucoup plus facile qu’on pense », affirme celui qui peut s’élancer tous les jours lorsque la température le permet.

La complicité du duo père-fils est palpable. Une chose est certaine : Normand est très fier de voir son fils voler et passer sa vie la tête dans les nuages.