En juillet 2017, à la suite d’une plainte, la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité au travail ordonne la fermeture permanente de l’aréna Guy-Nadeau.

Un projet d'aréna par et pour les citoyens

Les efforts pour doter à nouveau Saint-Césaire d’un aréna municipal ne s’essoufflent pas. Quatre mois et demi après son lancement, la campagne de mobilisation Mon Aréna a permis d’amasser tout plus de la moitié de son objectif fixé à un million de dollars. Retour sur la naissance d’un mouvement citoyen.

«Ça se passe bien, beaucoup de chemin a été fait en deux ans, souligne Sylvain Létourneau, co-porte-parole du comité citoyen de relance. Nous sommes confiants d’atteindre notre objectif, voire de le dépasser, mais pour cela, il faut que tout le monde y mette du sien.»

Rappelons d’abord que depuis 2011, la municipalité de Saint-Césaire a investi au-delà de 230 000 $ pour entretenir l’aréna Guy-Nadeau et ses équipements. Dans la même période, environ 202 850 $ ont aussi été investis en expertises de toutes sortes, telles des mesures de tassement de sol et des études pour la rénovation de l’aréna actuel, la construction d’une nouvelle infrastructure et la gestion de l’endroit par un organisme intermunicipal. C’est sans compter les quelque 25 000 $ qu’ont coûté les expertises en génie effectuées sur le bâtiment depuis le début de 2017, alors que la municipalité espérait voir son projet de rénovation de l’infrastructure, évalué à 8,3 millions $, être financé par Québec via le programme Fonds Chantiers Canada-Québec. Malheureusement, la demande a été refusée, faute de fonds publics disponibles.

Entre temps, un comité citoyen œuvrant à relancer l’aréna voit le jour en janvier 2017.

Plainte

Le destin a finalement scellé le sort de l’infrastructure municipale en juillet de cette même année, alors qu’ à la suite d’une plainte, la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité au travail ordonne la fermeture permanente de l’aréna Guy-Nadeau, jugeant sa structure trop peu sécuritaire pour y poursuivre des activités.

Un bilan de l’état de l’édifice réalisé par un ingénieur a conclu que des travaux d’allègement de la structure, qui consisteraient à supprimer des murs de maçonnerie au premier étage du bâtiment, devraient être faits pour permettre la réouverture de l’aréna. Face à cette dépense imprévue pouvant aller de 100 000 $ à 150 000 $, mais aussi à la longue liste de travaux nécessaires pour assurer la pérennité du bâtiment — notamment le pieutage de la fondation et le remplacement du système de réfrigération —, le conseil municipal a choisi de ne pas aller de l’avant et a privilégié l’option de bâtir un nouvel aréna, à la condition que les moyens financiers soient au rendez-vous.

Août 2017

Pour le regroupement de citoyens des quatre coins de la MRC, qui travaillait dans l’ombre depuis plusieurs mois afin de rassembler population et élus autour d’un projet commun, la fermeture définitive de l’aréna Guy-Nadeau a tiré la sonnette d’alarme. Il n’en fallait pas plus pour que le comité de relance décide de passer à la vitesse supérieure.

Une soixantaine de personnes répondent présentes à l’invitation du Comité de relance et innodent la petite salle de conseil de la MRC  à la séance publique du mois d’août 2017.

Une invitation est lancée à la population rouvilloise afin de réclamer un appui moral aux maires de la MRC de Rouville pour la construction d’un nouvel aréna. Fait rarement vu: une soixantaine de personnes répondent présentes et innodent la petite salle du conseil de la municipalité régionale de comté à la séance publique du mois d’août, si bien que les places assises ont rapidement été comblées. Plus de la moitié de ceux s’étant déplacés ont dû se contenter de suivre les échanges à partir du hall.

Cette mobilisation porte ses fruits : si la table des maires n’est pas encore prête à investir des fonds dans un futur projet, elle se prononce tout de même majoritairement en faveur de celui-ci.

Quelques jours plus tard, Saint-Césaire tient une séance extraordinaire de son conseil municipal dans un gymnase du complexe sportif. Les élus adoptent unanimement une résolution afin de déposer à nouveau une demande de subvention auprès de Québec dans l’espoir de financer une partie du projet présenté à la population : un aréna dont la construction est évaluée à un peu plus de sept millions de dollars. « Ça prend un projet modeste. Il faut respecter notre capacité de payer, parce que ça se peut qu’en fin de compte, ce soient les gens de Saint-Césaire qui paient toute la facture », avait alors fait savoir le maire Guy Benjamin, ajoutant que tout règlement d’emprunt serait soumis à un référendum citoyen.

Mai 2018

Après avoir offert un appui moral au projet neuf mois auparavant, la MRC de Rouville accentue son appui à Saint-Césaire en réservant une enveloppe de 300 000 $, à même son Fonds de développement des territoires, pour soutenir la construction d’une éventuelle infrastructure.

Par ce soutien financier, la MRC de Rouville souligne le caractère régional d’un futur aréna. « Ce qu’on envoie aussi comme message, c’est qu’une seule glace, c’est insuffisant pour la MRC de Rouville », a fait savoir le préfet, Jacques Ladouceur.

Septembre 2018

Le comité citoyen de relance de l’aréna de Saint-Césaire, qui continuait son travail en coulisses, obtient à son tour un appui moral de la part des élus, le tout afin d’entamer une quête pour du financement privé dans l’optique qu’un nouvel aréna soit construit dans la municipalité.

Celle-ci ne partageait toutefois pas l’empressement des citoyens et préférait attendre un appel de projets du programme de subvention Fonds Chantiers Canada-Québec - Fonds des petites collectivités (FPC) avant d’aller plus loin dans les démarches.

Le sceau d’approbation de la Ville a conféré une certaine crédibilité à la campagne de communication et au plan de commandite que souhaite mettre sur pied le regroupement citoyen, qui a annoncé, à ce moment-là, son objectif d’amasser un million de dollars.

Décembre 2018

Lors d’une conférence de presse, le comité de relance de l’aréna de Saint-Césaire, formé de Sylvain Létourneau, Robert Laliberté, Benoit Côté, Ghislain Côté, Guy Labrecque, Alain Létourneau et Yvan Malouin, donne le coup d’envoi à la campagne de mobilisation populaire. On dévoile le site monarena.com et le plan de commandite qui permettra d’atteindre l’objectif du million de dollars.

Le maire Guy Benjamin s’est montré particulièrement reconnaissant envers les membres du comité de relance, dont l’implication est admirable à ses yeux. « Ça envoie le message clair que notre milieu se prend en main afin que le projet se concrétise au bénéfice de la population », dit-il alors.

Grâce à un soutien financier de la Ville, le comité a pu embaucher la firme Faste communication. De l’aveu de son président, Normand Flageole, il a « rarement vu des gens aussi engagés dans un projet », soulignant la « motivation exemplaire » des membres du comité. Le député fédéral de Shefford, Pierre Breton, a saisi la balle au bond pour réitérer son appui indéfectible au projet.

Quelques jours plus tard, le Centre sportif Rouville, l’organisme à but non lucratif qui gère l’aréna Julien-Beauregard de Marieville, seule autre glace de la MRC de Rouville, traverse une crise. Le conseil d’administration est renouvelé et cède la gestion de l’infrastructure à la Ville de Marieville.

Février 2019

Deux mois après le lancement de sa campagne et du site monarena.com, le comité annonce avoir obtenu des engagements financiers totalisant plus de 300 000 $. Des citoyens se joignent au mouvement alors que les élus municipaux continuent de sensibiliser les élus des gouvernements provincial et fédéral à l’importance du projet.

Si tout va rondement, le comité ne criera pas victoire avant le premier coup de pelle, tient-on à rappeler.

Question de permettre à la population de suivre en direct l’avancement de la collecte de fonds, un thermomètre géant est installé en bordure de la route 112, en février.

«C’est important que les gouvernements embarquent, rappelle M. Létourneau. Sans leur aide, ça serait difficile d’offrir un aréna aux citoyens.»