Étienne Chassé, directeur du Service des incendies de Saint-Césaire

Pour des pompiers en santé

Ils risquent déjà leur vie lors d’interventions ; pas question que les pompiers y laissent aussi leur santé. Le conseil municipal de Saint-Césaire a adopté dernièrement un programme sur les mesures de prévention des risques de maladie professionnelle de son service incendie.

Ce programme, sur lequel le service planche depuis un an, vise à limiter les risques de contamination pouvant mener à des cancers chez les pompiers de la municipalité. Il comprend notamment un guide d’entretien, de transport et de décontamination des habits de combat des sapeurs, ainsi que des procédures de décontamination sur les lieux d’un incendie, indique le directeur du Service des incendies de Saint-Césaire, Étienne Chassé.

« En fait, nous modifions nos procédures pour qu’après un incendie, petit ou gros, les pompiers se débarrassent le plus possible des sources de contamination sur les lieux du sinistre », explique-t-il.

L’adoption de ce programme fait suite à la reconnaissance, en 2016, par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), de sept types de cancer, dont celui des poumons, des reins, de la vessie ou du larynx, comme étant des maladies professionnelles chez les pompiers, aussi bien à temps plein qu’à temps partiel, sauf si l’usage de la cigarette en est la cause.

En 2010, une étude publiée par l’Institut atlantique de recherche sur le cancer confirmait que les pompiers étaient plus à risque de développer certains cancers en raison de leur exposition à certaines substances dans le cadre de leur travail : suie, benzène, amiante, arsenic, mercure, etc.

« Souvent, ce qu’on retrouve dans les maisons est fait de plastique, donc de pétrole. Il y a beaucoup plus de substances chimiques qui brûlent dans un incendie, explique M. Chassé. Avant, les maisons et les meubles étaient faits en bois, alors il y avait moins de matières toxiques dans la fumée. »

Procédures
Ce faisant, les pompiers devront toujours porter leur appareil respiratoire lors d’une intervention, au terme de laquelle ils devront nettoyer leur équipement sur place. De retour à la caserne, ils devront prendre une douche pour minimiser les risques de contamination par la peau. Enfin, leur habit de combat devra être nettoyé dans une laveuse industrielle destinée à cette fin.

Les risques de contamination directe sont généralement bien gérés. « Le problème, c’est la contamination croisée, explique M. Chassé. C’est quand, par exemple, un pompier touche à son habit de combat contaminé avec ses mains. C’est ça qu’il faut éviter. »

Ainsi, les sapeurs devront désormais manipuler leur équipement avec des gants en nitrile. Leurs mains et leur visage devront être nettoyés à l’aide de lingettes.

Les pompiers, explique Étienne Chassé, devront désormais manipuler leur équipement avec des gants en nitrile. Leurs mains et leur visage devront être nettoyés à l’aide de lingettes.

Le programme de prévention entre en vigueur aujourd’hui. Outre la formation de la brigade de 23 sapeurs ce printemps, la mise en place de ces nouvelles mesures amènera un réaménagement de la caserne, où il faudra procéder à l’ajout de douches et à l’installation d’une seconde laveuse industrielle. De nouveaux habits de combat seront achetés en début d’année prochaine, indique également M. Chassé.

Le tout nécessitera un investissement de près de 50 000 $. « On n’a pas le choix. Il faut faire le nécessaire pour assurer la santé de nos pompiers et, heureusement, le conseil de Ville, tout comme le Service de sécurité incendie, ont à cœur leur santé et leur sécurité », conclut le directeur.