Les métiers associés au domaine du textile étant de moins en moins populaires, l’usine Ballin de Saint-Césaire a modernisé ses machines à coudre industrielles en les automatisant pour exempter les employés de faire des tâches plus redondantes.

L’usine Ballin en constante adaptation

Un double défi s’impose pour l’usine de textile Ballin de Saint-Césaire. En plus de souffrir de la pénurie de main-d’œuvre qui afflige le Québec, les candidatures aux postes de couturières et d’opératrices concernent surtout des femmes, mais la relève manque. Les dirigeants de l’entreprise doivent alors user d’imagination pour attirer de futurs employés. Ils offrent donc de la formation rémunérée à même l’usine.

Les métiers associés au domaine du textile étant de moins en moins convoités, Ballin a modernisé ses machines à coudre industrielles en les automatisant pour exempter les employés à faire certaines tâches plus redondantes. « C’est de plus en plus difficile de trouver des gens qui aiment faire ça. On veut enlever la mauvaise image d’une usine de couture. On est une entreprise syndiquée et les employés ont de bonnes conditions de travail », indique Daniel Langlois, directeur de l’usine de Saint-Césaire.

L’entreprise doit également composer avec le fait que les métiers de couturières et d’opératrices sont en grande majorité exercés par des femmes et que la relève est quasi absente.

« De 90 à 95 % des employés sont des femmes, confirme M. Langlois. Les hommes font surtout des postes journaliers. C’est un défi de plus, car ça nous coupe des possibilités. »

Formation

Avec son département de formation, Ballin s’assure que ces futurs employés aient les qualifications requises pour respecter les normes de qualité et les exigences de l’usine. Les dirigeants font aussi le pari que cette opportunité, rémunérée selon l’expérience, puisse inciter les gens à déposer leur candidature.

L’école de formation de l’usine Ballin existe depuis près de 30 ans et elle est approuvée par Emploi Québec. Toutefois, dans une période où il y a un manque évident de main-d’œuvre, la formation est plus importante que jamais. « Aujourd’hui, c’est devenu impératif de former les employés, car peu de gens se dirigent dans ce domaine », relève M. Langlois.

Les formations peuvent s’échelonner sur une période de deux semaines à deux mois, selon le poste convoité par le futur employé. Trois enseignants à temps plein s’occupent de deux à quatre personnes.

Évidemment, la formation est une dépense prévue dans le budget de l’entreprise chaque année. Le coût de formation s’élevait à 300 000 $ en 2018. « Pour les prochains mois, on dépassera un peu le budget », remarque M. Langlois.

« Le marché du textile a beaucoup évolué et on a dû s’adapter. Tous les six mois, une nouvelle collection sort, alors il faut remodeler les opérations », mentionne-t-il.

Croissance

Depuis quelques mois, Ballin a ajouté une corde à son arc. Elle effectue désormais l’assemblage de manteaux. Le hic : le besoin d’embauche est plus que criant. « Il manque encore une dizaine de personnes », estime M. Langlois.

L’usine doit également composer avec sa croissance dans la fabrication de pantalons haut de gamme pour hommes, son produit de base. « Les commandes s’ajoutent, en plus des départs à la retraite. Parfois, une personne qui a 30 ans d’expérience nécessite deux personnes pour la remplacer », relève M. Langlois.

Ainsi, Ballin s’est associée avec la firme CSMO Textile qui lui donne un coup de main en ce qui a trait au recrutement et à la formation pour les postes à combler. Au total, 135 employés travaillent chez Ballin à Saint-Césaire. Le siège social de l’entreprise, lui, est situé dans l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal. Près de 90 % des pantalons qui y sont confectionnés sont distribués aux États-Unis.