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Geoffroi Cazelais (animateur), Elizabeth Côté (directrice par interim), Suzanne Leclerc (chargée de projet), Carolyne Ducharme (coordonnatrice des activités)
Geoffroi Cazelais (animateur), Elizabeth Côté (directrice par interim), Suzanne Leclerc (chargée de projet), Carolyne Ducharme (coordonnatrice des activités)

Préserver le lien avec les jeunes

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
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Les intervenants de la Maison des Jeunes des Quatre lieux ont été aux premières loges de l’impact de la pandémie sur les jeunes de la région. Ils font cependant le maximum pour maintenir le lien avec les jeunes et continuer de les soutenir à travers la crise.

À la mi-mars, 28 jeunes fréquentaient la Maison des Jeunes. Pendant la pandémie, ce nombre est tombé à quatre jeunes, qui ont entre 11 et 14 ans. Carolyne Ducharme, coordonnatrice des activités, doit avoir une raison « valable » pour ouvrir en présentiel. Dans le cas présent, c’est pour briser l’isolement. « Si un jeune a un besoin, on va être là », assure-t-elle.

« On était dans un élan de recrutement, ça allait vraiment bien. Maintenant, c’est difficile d’avoir des jeunes. On est en train d’échapper cette génération-là », déplore la coordonnatrice des activités, impliquée dans l’organisme depuis plus de 10 ans, comme les autres intervenants. Ils ont tout de même essayé de garder un certain contact via internet.

L’organisme accueille les enfants à partir de 11 ans afin de créer un pont entre le primaire et le secondaire. « Mes plus jeunes ont tellement vieilli rapidement. Ils avaient 11 ans l’année dernière et là, ce sont de vieux ados ». Elle avance l’hypothèse qu’ils font leurs expériences à la maison, sans l’accompagnement des intervenants qui assurent la prévention et la relation d’aide. Carolyne espère néanmoins pouvoir bâtir à nouveau les ponts une fois que les mesures sanitaires seront allégées, mais elle ne se fait pas de cachette : « On va recommencer à zéro ».

À CHEVAL ENTRE LE ROUGE ET L’ORANGE

La Maison des Jeunes des Quatre lieux dessert quatre municipalités : Saint-Césaire, Ange-Gardien, Rougemont et Saint-Paul-d’Abbotsford. L’établissement se retrouve donc à cheval entre des zones rouge et orange, ce qui limite les activités qu’il est possible de faire dans le respect des mesures sanitaires. Faute de directive explicite de la part du gouvernement ou des regroupements de maisons des jeunes, les intervenants doivent se fier à leur jugement.

Comme le prêt de matériel est interdit en zone rouge, il a fallu se réinventer pour animer les rencontres avec les jeunes, si bien que l’écran de cinéma maison n’a jamais autant servi. Chacun sur sa chaise, dispersés dans le sous-sol, ils écoutent des émissions, des films et des documentaires. Comme la majorité d’entre eux ont déjà un téléphone, ils sont capables de faire des jeux en ligne, à deux mètres de distance. Les cartes physiques ont laissé place aux cartes virtuelles, mais les rires et le plaisir sont toujours de la partie, assure Carolyne.


« Maintenant, c’est difficile d’avoir des jeunes. On est en train d’échapper cette génération-là. »
Carolyne Ducharme, coordonnatrice des activités

L’équipe de la Maison des jeunes est aussi aux prises avec des parents qui ne respectent pas les règles, ce qui contribue à la désertion de leurs locaux. Entre respecter les règles à la Maison des Jeunes et voir leurs amis dans le sous-sol de leur domicile, le choix est malheureusement facile, déplore la coordonnatrice des activités.

30e ANNIVERSAIRE

La Maison des Jeunes des Quatre lieux soufflera ses trente bougies le 3 septembre 2021. Il est encore difficile de prévoir de quelle manière cet anniversaire sera célébré, mais l’opportunité de faire d’une pierre deux coups, en organisant également une activité de financement, est dans les cartons. Les jeunes sont toujours impliqués dans les collectes de fonds, mais la seule activité de bénévolat autorisée cette année a été la guignolée.

Les 30 ans seront donc probablement soulignés pendant les 30 jours que dure le mois de septembre, avec des boîtes de dons et des associations avec des commerces de la région.

Carolyne Ducharme y voit aussi la chance de rappeler à la population la présence et le rôle de l’organisme dans la communauté.