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Patrick Viens (à droite) en compagnie de ses deux fils Maxime (au centre) et Pierre, qui s’occupent respectivement des franchisés et des cantines appartenant à la famille.
Patrick Viens (à droite) en compagnie de ses deux fils Maxime (au centre) et Pierre, qui s’occupent respectivement des franchisés et des cantines appartenant à la famille.

Ô p’tit creux voit plus grand

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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L’incontournable cantine de la route 112 va prendre de l’embonpoint cette année en agrandissant ses locaux. Le gros trou qui est apparu sur le stationnement laissera bientôt place à un bar laitier et à un entrepôt, le tout agrémenté d’une terrasse. Et ce n’est pas le seul changement pour cette entreprise familiale qui fêtera ses 10 ans le 7 mai prochain.

Les raisons d’avoir le sourire sont nombreuses pour Patrick Viens, qui gère la boutique avec ses fils Maxime et Pierre. L’extension de 2021, d’abord programmée en 2020 avant d’être repoussée pour cause de COVID, n’est pas la seule cerise sur leur sundae. Le 5 avril dernier, ils en ont ajouté une autre en inaugurant une 3e cantine à Acton Vale, après celle de Granby en 2018. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, deux franchisés feront bientôt rayonner l’enseigne à Saint-Hyacinthe et Sherbrooke.

Tous les signaux sont donc au vert pour ce petit havre d’humanité d’une douzaine d’employés que rien ne semblait destiner à un gâteau surmonté de 10 bougies. « L’idée de départ était d’avoir une petite cantine l’été et de partir dans le sud l’hiver », rappelle le propriétaire, aimable comme pas deux. À l’époque, il gagnait sa vie dans le domaine du vêtement. « Je fabriquais des casquettes. Et puis un jour, alors que je descendais de Chambly, j’ai vu cette roulotte qui était à vendre sur le bord du chemin », raconte-t-il. En 2011, elle reprenait vie grâce à lui.

Le coup de pouce de Drummondville

À peine deux ans plus tard, elle laissait place à la cantine que l’on connaît aujourd’hui. Depuis, rien n’est venu perturber le rythme de croisière de cette adresse qui a pu compter sur le soutien du festival de la poutine de Drummondville pour se faire connaître. « On y a participé en 2012 et on a fait un carton. Ça a été une belle publicité pour nous. »

Les travaux d’agrandissement de la cantine Ô p’tit creux ne font que commencer. Outre une capacité d’accueil revue à la hausse (de 40 à 60 places assises environ), l’établissement bordé par la route 112 sera doté d’un bar laitier et d’un entrepôt.

Même lorsque la pandémie est venue jouer les trouble-fête, les visiteurs ont continué à affluer. La clientèle locale habituelle, bien sûr, mais aussi la noria d’automobilistes à l’estomac raplapla que la route 112 charrie quotidiennement. « Ça a été un peu difficile au début du premier confinement, mais tout est vite rentré dans l’ordre », raconte Patrick Viens, conscient que le « à emporter » et la livraison leur ont permis d’affronter la tempête sans trop de dégâts.

De l’ambiance et du cœur 

Si le succès a toujours été au rendez-vous, c’est aussi, peut-être, pour ce supplément d’âme qui accompagne les portions bien portantes des plats, tous préparés sur place. Car il règne entre les murs de la cantine Ô p’tit creux un parfum du Ben la bédaine de Granby. Une ambiance conviviale et sans chichi qui appâte le client aussi efficacement qu’un hameçon le poisson. La simplicité et la gentillesse ont l’air de faire partie des murs. Chez les Viens, c’est même une seconde nature.

Il faut y ajouter une bonne dose de générosité. La fondation que cette entreprise impliquée dans sa communauté a créée il y a deux ans en est le plus bel exemple. « Elle vient en aide aux enfants en difficulté dans le milieu scolaire », précise Patrick Viens.

Chaque dernier lundi du mois d’avril, ils organisent d’ailleurs une collecte de fonds, alimentée par leurs ventes de la journée. « Cette année, on va remettre de l’argent aux écoles de Saint-Césaire, Granby et Acton Vale », anticipe le gérant. De son propre aveu, ce rendez-vous fait partie des faits marquants de leur jeune histoire. « On finit brûlés mais on est contents », ajoute cet amateur de sport qui a joué au baseball.

Quand il revient sur le chemin parcouru ces dix dernières années, l’ancien conseiller municipal ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour son grand-père. Son aïeul possédait lui aussi une roulotte et vendait des frites, des hot-dogs et des hamburgers au marché public de Saint-Césaire.

« C’est le seul regret que j’ai aujourd’hui, qu’il n’ait pas pu voir où on est rendus. »