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Sont présents devant l’un des quatre bassins de la sation, avec ses lignes d’aération d’oxygène : Thomas Gagné, technicien assurant le suivi régulier des opérations, Mélanie Paquin, responsable de l’administration de la Régie intermunicipale d’assainissement des eaux usées, Jeannot Alix, président du CA de la Régie et conseiller municipal de Rougemont, et André Deschamps, vice-président de la Régie et conseiller municipal de Saint-Césaire.
Sont présents devant l’un des quatre bassins de la sation, avec ses lignes d’aération d’oxygène : Thomas Gagné, technicien assurant le suivi régulier des opérations, Mélanie Paquin, responsable de l’administration de la Régie intermunicipale d’assainissement des eaux usées, Jeannot Alix, président du CA de la Régie et conseiller municipal de Rougemont, et André Deschamps, vice-président de la Régie et conseiller municipal de Saint-Césaire.

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Jérôme Savary
Jérôme Savary
La Voix de l'Est
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À mi-chemin entre Saint-Césaire et Rougemont, la station d’épuration intermunicipale est un acteur clé du développement durable de ces deux municipalités.

Depuis l’installation de cette infrastructure de traitement des eaux en 1996, la rivière Yamaska ne fait plus office de déversoir à... toutes sortes de choses. En effet, avant sa création, ce qui était le cas également dans la majorité des petites municipalités du Québec, tout était envoyé directement dans la rivière.

« Notre technologie des bassins aérés traite les eaux usées de façon biologique, indique Mélanie Paquin, qui coordonne l’administration de la station depuis une dizaine d’années. On limite les produits chimiques au minimum, c’est une des techniques les plus respectueuses de l’environnement. »

Fertilisants

Mieux même, les matières qui arrivent à la station, après avoir été filtrées puis digérées par les bactéries présentes dans les quatre bassins d’aération, servent de fertilisants à quelques agriculteurs de la région.

Depuis les tous débuts, ces « boues » ont été valorisées par la Régie intermunicipale d’assainissement des eaux usées — son nom officiel.

Environ 2000 tonnes de ces boues se retrouvent ainsi dans des champs de la région, précise Mme Paquin.

« La Régie n’a jamais envoyé de boues à l’enfouissement, ce qui était commun à l’époque et alors que l’interdiction d’enfouir est assez récente, tient à souligne Mme Paquin. On était un précurseur dans la valorisation des boues ; cela fait partie d’un souci environnemental [que les élus municipaux de Saint-Césaire et de Rougemont ont toujours eu]. »

Ces boues font l’objet d’une réglementation environnementale stricte, interdisant leur utilisation comme fertilisant pour des cultures destinées à la consommation humaine, explique-t-elle : « Je ne crois pas qu’il y ait d’autres endroits où c’est si strict qu’au Québec. »

Ces contraintes environnementales font en sorte que les agriculteurs ne se bousculent pas pour utiliser ce type de fertilisants, la fenêtre d’utilisation de ceux-ci étant également assez courte. Ainsi, ils étaient cinq agriculteurs à avoir levé la main l’année dernière. « Aussi, on limite notre choix à des agriculteurs situés dans un rayon de 30 km autour de la station, et il y a quand même davantage de preneurs aujourd’hui », relativise Mme Paquin.

Et quand vient le temps d’épandre, ça presse ! « Je suis déjà allé trouver moi-même une batteuse pour réaliser un projet d’épandage », raconte Mme Paquin, les récoltes étant préalables à tout épandage de fertilisant.

Des élus proactifs

La responsable du site souligne la vision à long terme des élus présents sur le conseil d’administration de la Régie. « Ce qui est intéressant avec les élus, c’est qu’ils sont proactifs, ils ne veulent pas être pris avec des contraintes et sont donc prêts à évaluer des scénarios pour les prochaines années », ajoute-t-elle.

Ces derniers devront probablement réfléchir au devenir de la station d’épuration, car son utilisation actuelle est proche de sa pleine capacité, les volumes anticipés pour 2025 ayant été atteints il y a 15 ans ( !). Cependant, « il n’y a pas de lumière rouge », assure Mme Paquin.

Avec la station d’épuration, nous sommes « en plein dans le développement durable, insiste Mélanie Paquin. C’est de l’économie circulaire, tout est valorisé et les élus ont eu le souci de réduire l’impact des organisations sur l’environnement ».

LES INDUSTRIES PLUS GROS UTILISATEURS 

Les matières à dégrader, ou « charges », arrivant avec les eaux usées proviennent dans une proportion de 60 % des industries, et principalement des trois importantes, soit Lassonde, Bonduelle et les Vins Arterra. Les eaux usées des industries ne correspondant par ailleurs qu’à 40 % du volume d’eau total.

Du côté citoyen, il y a selon Mélanie Paquin deux fois et demie plus de personnes raccordées au système de traitement des eaux usées à Saint-Césaire qu’à Rougemont. 

Globalement, cependant, plus de matières proviennent de Rougemont. JÉRÔME SAVARY

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PRÉCIEUSES BACTÉRIES

Voici un résumé du parcours des eaux usées dès leur arrivée à la station d’épuration.

Après la filtration à travers plusieurs « dégrilleurs » permettant d’arrêter les matières, même les fines de quelques millimètres de diamètres, les eaux et leurs matières subissent un « premier traitement-choc », dixit Mélanie Paquin, administratrice de la station, avec leur arrivée dans le premier des quatre bassins d’aération, le plus gros. Là, les bactéries font toute une job ! Grâce aux nombreuses lignes d’aération, elles se nourrissent de l’oxygène mais aussi de l’azote — qu’elles dégradent — présente dans les matières. 

« C’est comme une étable avec des vaches, mais avec des bouches beaucoup plus petites », compare avec amusement Mme Paquin.

texte: Ce bouillonnement d’oxygène permet également aux boues de se créer et d’être maintenues à la surface. Elles seront finalement aspirées et déshydratées en partie par une pompe similaire à une pompe à purin, une fois être passées dans le dernier bassin, pour être ultimement séchées dans un lit de séchage. Pour être utilisées par après comme fertilisant agricole (lire texte principal).

Du sulfate ferrique est également utilisé à l’entrée du dernier bassin « pour pouvoir retirer le phosphore des eaux », selon Mme Paquin, celui-ci s’agglomérant alors sous forme de floc.

L’eau retourne enfin dans le bâtiment central avant d’être envoyée propre dans la rivière Yamaska. JÉRÔME SAVARY