De six employés en 2015, Brosses Lacasse en compte désormais une douzaine, dont certains sont demeurés en poste à travers les changements de mains. Au centre, le propriétaire de l’entreprise, Steve Bernier.

Soixante ans et en pleine forme

Voilà maintenant six décennies que Brosses Lacasse roule sa bosse. Alors que plusieurs pourraient être essoufflées une fois la soixantaine atteinte, l’entreprise de Saint-Alphonse poursuit plutôt sa croissance.

Brosses Lacasse a été fondée en 1959 par Normand Lacasse, dans la foulée de la fermeture de l’usine britannique Old Dominion Brush Company, à Granby. Lui et ses quatre frères étant employés de l’usine, ont racheté l’équipement et sont allés installer leur entreprise à Saint-Alphonse-de-Granby.

En 1989, Normand Lacasse a cédé cette dernière à Jacques Bernier et Daniel Beaudry, le père et l’oncle de l’actuel propriétaire, Steve Bernier. Celui-ci a acquis l’entreprise auprès de Marc Simoneau, qui l’a possédée entre 2003 et 2014. De six employés en 2015, l’entreprise en compte désormais une douzaine, dont certains sont restés en poste à travers les changements de mains. D’ici cinq ans, l’équipe devrait accueillir six nouveaux joueurs.

« On est toujours à la recherche de main-d’œuvre qualifiée, explique Steve Bernier. Les machines sont de plus en plus complexes à opérer et nous faisons nous-mêmes notre usinage afin de répondre à nos besoins. »

Virage prolifique
« Au début, la compagnie fabriquait des brosses domestiques. Des balais, des vadrouilles, des moppes... », énumère Steve Bernier.

Dans la première moitié des années 1990, Brosses Lacasse a entamé un virage d’une quinzaine d’années afin de se repositionner comme fabricant de brosses industrielles.

Désormais, pas moins de 2000 à 3000 modèles de brosses différentes sont fabriqués ou remis à neuf dans l’usine de la rue Authier, à Saint-Alphonse-de-Granby, mais vendus à des milliers de clients en Amérique du Nord et en Europe. Rappelons que l’entreprise est la seule au Québec, et l’une des cinq au Canada, à se spécialiser dans la fabrication de ce type de produits.

«On a des produits de volume et du sur-mesure, indique Steve Bernier. Même si elle semble banale, on fabrique la brosse. Ce qu’il faut, c’est répondre aux besoins du client. C’est ce qui nous rend uniques.»

Que ce soit pour les industries vinicole, alimentaire, pharmacologique, acéricole, ferroviaire, cosmétique ou sanitaire, il y a de fortes chances que Brosses Lacasse soit derrière la fabrication des brosses utilisées.

« Les gens ne réalisent pas à quel point il existe toutes sortes de brosses pour tout faire, explique M. Bernier. C’est un produit moins sexy, mais tellement crucial dans les opérations quotidiennes de nombreuses entreprises. »

« On a des produits de volume et du sur-mesure, poursuit-il. Même si elle semble banale, on fabrique la brosse. Ce qu’il faut, c’est répondre aux besoins du client. C’est ce qui nous rend uniques. La brosse qu’on fabrique, elle ne se retrouve pas ailleurs. »

En constante modernisation
La plus grande fierté de Steve Bernier est d’avoir réussi, avec son équipe, à optimiser les processus de fabrication pour répondre aux exigences de plus en plus élevées de sa clientèle. « Ça nous force à nous redéfinir constamment comme entreprise », explique-t-il.

Ce faisant, Brosses Lacasse investit toujours pour acquérir de nouveaux équipements et moderniser sa machinerie actuelle.

En 2016, l’entreprise avait engagé plus de 400 000 $, incluant une aide financière de 135 000 $ de Développement économique Canada, pour acquérir de l’équipement de pointe afin de réduire son temps de production des deux tiers, passant de trois semaines à une seule.

Deux ans plus tard, Ottawa donnait un nouveau coup de main à l’entreprise alphonsoise avec un prêt sans intérêts de 85 500 $, inclus dans un investissement global de 300 000 $ pour l’acquisition d’un nouvel appareil lui permettant d’élargir sa gamme de brosses industrielles destinées à répondre aux besoins spécifiques de certains clients, qu’ils désirent de toutes petites brosses ou, au contraire, des gigantesques.

« Et on n’a pas fini d’investir ! » lance l’homme d’affaires.