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À 80 ans, Jacques Langevin continue de s’investir à Saint-Alphonse-de-Granby, une commune chère à son cœur, à titre d’inspecteur municipal.
À 80 ans, Jacques Langevin continue de s’investir à Saint-Alphonse-de-Granby, une commune chère à son cœur, à titre d’inspecteur municipal.

Jacques Langevin, que d’implication et de cœur!

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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Résident de Granby depuis 2009, Jacques Langevin n’a jamais vraiment coupé le cordon avec Saint-Alphonse-de-Granby, sa municipalité de cœur. Le natif d’Ange-Gardien connaît comme personne celle qui est devenue sa terre d’adoption, alors qu’il n’avait que trois ans. Il s’y est impliqué corps et âme, notamment à titre de conseiller municipal et d’inspecteur municipal, une fonction qu’il exerce toujours du haut de ses 80 printemps !

Parler de Saint-Alphonse-de-Granby, c’est forcément parler de celui qui en fut le maire durant 41 ans. Clément Choinière. Un monument. S’il était encore vivant, l’élu, disparu en 2012, aurait sans doute de belles choses à dire sur Jacques Langevin, qui fut un de ses proches collaborateurs. Dans le genre figure locale, ce dernier est pas mal non plus. S’il existait une médaille de l’implication, on pourrait sans hésiter lui épingler sur le veston. S’impliquer, pour cet homme d’une grande gentillesse, c’est bien plus qu’un verbe. C’est un tatouage.

Avec ce personnage, c’est souvent le cœur qui parle. Pour Saint-Alphonse-de-Granby, il a tout donné, ou presque. Son épouse Cécile, une ancienne maîtresse d’école, ne lui a jamais reproché cet investissement chevillé au corps. Comment changer, après tout, un être qui a toujours aimé travailler ou se sentir utile ?

De la construction à la ferme

Jacques Langevin a eu ce qu’on appelle une vie bien remplie. Une vie de bénévole tout d’abord, lui qui œuvra comme président des loisirs et cofonda le Club Optimiste. Dans sa tête, les souvenirs défilent comme des voitures lancées à vive allure. « J’ai fait tellement de choses... » Trop, visiblement, pour sa mémoire devenue plus sélective avec le temps.

L’existence de cet octogénaire alerte aura connu plusieurs trajectoires, à commencer par le secteur de la construction, où il fut menuisier puis contremaître au sein des compagnies W.&L. Choinière et Chascot. « J’ai participé à la construction de deux viaducs sur l’autoroute 10 en 1962 », raconte-t-il. Il deviendra par la suite producteur agricole, après avoir acheté une ferme ayant appartenu à son père. « C’était une assez grosse exploitation, on avait six employés. On faisait de la dinde et du poulet, mais aussi de la grande culture comme du maïs. On avait aussi une meunerie... »

L’homme de l’aréna

Le monde de la politique locale a fini par mettre le grappin sur cet homme si investi dans sa communauté. Il fut ainsi conseiller municipal durant presque trente ans (1981-2009), avec une prédisposition pour la voirie et les travaux publics. C’est lui notamment qui supervisa ceux de l’aréna. « J’ai tout suivi, de la première à la dernière pierre. Je le connais par cœur », dit-il avec une pointe de fierté dans la voix. Il veille d’ailleurs toujours sur cet édifice à titre d’inspecteur municipal, une fonction qu’il pensait abandonner il y a 11 ans, lorsqu’il s’est installé avec sa femme à Granby. À 70 ans, personne n’aurait trouvé ça exagéré. Mais il faut croire que Jacques Langevin est une perle rare. « Ils [à Saint-Alphonse-de-Granby] m’ont demandé de rester comme inspecteur, car je connaissais la municipalité sur le bout des doigts », sourit l’intéressé, qui ne s’est pas fait prier pour accepter, lui l’adversaire farouche de l’oisiveté.

Pourquoi continuer ? « Parce que ça me maintient en forme et pour ne pas mourir », plaisante-t-il. À l’écouter, il est prêt à s’acquitter de sa tâche tant que sa santé le lui permettra. L’homme s’accommode de ses interventions hebdomadaires, aussitôt qu’on a besoin de ses services dans cette localité où il glisse avoir laissé une partie de lui. « C’est ma place, j’y ai quand même passé près de 70 ans de ma vie. »

L’autre partie se trouve chez la voisine Granby, où vivent leurs deux enfants... et où a été enterrée, il y a 10 ans, une de leurs deux filles, partie trop tôt, à l’âge de 42 ans. Une raison suffisante pour tourner le dos à cette si chère Saint-Alphonse-de-Granby.

La famille avant tout. On vous avait prévenus: avec Jacques Langevin, c’est souvent le cœur qui parle.

Marcel Gaudreau, maire de Saint-Alphonse-de-Granby, à propos de Jacques Langevin: « Avoir le titre d’inspecteur municipal à 80 ans, je pense que c’est assez rare au Québec. »

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« MES YEUX ET MES OREILLES »

Pour Marcel Gaudreau, maire de Saint-Alphonse-de-Granby depuis 2012, Jacques Langevin est à la fois un professionnel respecté et un ami solide. 

Ne comptez pas sur l’élu pour dire du mal de son inoxydable inspecteur municipal. Ça tombe bien, ce n’était pas vraiment l’objet de notre appel téléphonique, le jour où nous l’avons contacté. 

Ces deux-là se sont connus alors qu’ils occupaient la fonction de conseiller municipal, dans les années 90. Depuis, rien n’est venu ternir leur relation. « Lui et moi, on a toujours été sur la même longueur d’onde. Nous sommes tous les deux des perfectionnistes qui aimons le travail bien fait », poursuit le premier magistrat, qui va jusqu’à dire que ce fidèle collaborateur est un peu ses yeux et ses oreilles. « Que ce soit sur un chantier ou pour une simple vérification, j’ai confiance en lui à 150 %. Ces deux dernières années, il a dû m’appeler une fois parce qu’il avait un doute. » L’intéressé appréciera.

Celui qui a succédé à l’emblématique Clément Choinière ne tarit pas d’éloges sur M. Langevin. « Jacques, il a de bonnes connaissances en construction, mais pas seulement. C’est très plaisant de côtoyer un homme comme ça. » Un homme, nous dira-t-il, qui vient faire son petit tour d’inspection dans la commune, « même quand on ne l’appelle pas ». Un homme aussi, précise-t-il, que les plus jeunes écoutent avec attention. « C’est une figure respectée. Nous avons une haute estime de lui à Saint-Alphonse-de-Granby », conclut celui qui n’a pas l’intention de se débarrasser de cet ami précieux. Ça tombe bien, car c’est visiblement réciproque. « Il m’a encore dit l’an passé qu’aussi longtemps que je serais maire, il continuerait à travailler pour Saint-Alphonse-de-Granby », termine celui qui briguera un nouveau mandat aux prochaines élections municipales. OLIVIER PIERSON