On voit ici la coordonnatrice de la coop, Véronique Guérin, en compagnie du Dr David Bélisle et du président de la clinique, Serge Bouchard.

Petite clinique, grandes ambitions

Les projets se sont succédé à la coopérative de santé de Roxton Pond au cours de la dernière décennie. Et les dirigeants n’ont pas l’intention de diminuer la cadence. Loin de là. « La coop a non seulement dix ans, mais elle est en excellente santé financière. C’est un succès pour Roxton Pond et on est très fiers de cette réussite. On est une petite clinique avec de grandes ambitions », a indiqué le président du conseil d’administration, Serge Bouchard.

Parmi les projets dans les cartons figure l’agrandissement de la coop. « On avait travaillé là- dessus il y a quelques années. Avec la demande croissante de nouveaux partenaires, on a sorti les plans du placard », a illustré M. Bouchard. « Dans les deux dernières années, on a travaillé fort pour maximiser l’espace disponible dans nos locaux. On a vraiment des salles dédiées aux professionnels. Mais, on a de moins en moins de locaux tampons qui servent, en quelque sorte, de soupape pour allonger des patients ou faire des techniques particulières », a ajouté la coordonnatrice de la coop, Véronique Guérin.

Notons que la coop avait obtenu, l’an dernier, 44 000 $ pour la rénovation de son bureau dans le cadre du Programme d’immobilisation en entrepreneuriat collectif. L’année précédente, l’organisation avait réalisé une première phase d’un projet d’expansion par le réaménagement de l’espace interne de l’établissement. Ce premier agrandissement avait reçu un coup de pouce de la MRC de la Haute-Yamaska.

Si tout se déroule comme prévu, l’initiative devrait se concrétiser d’ici deux ans. On devrait accroître de près du tiers la superficie de la clinique, qui totalise actuellement environ 6400 pieds carrés. L’intégration au bâtiment existant au paysage du secteur est une des priorités, a évoqué M. Bouchard, qui est également conseiller municipal.
« On va respecter les normes architecturales. On ne veut pas planter une boîte à savon à côté de nos bureaux. »

Le projet d’agrandissement de la coop de santé prévoit l’accroissement du tiers de la superficie du bâtiment, qui totalise actuellement près de 6400 pieds carrés.

Services

Chaque année, la coop bonifie son offre de services. La clientèle a donc accès, depuis cet été, à une kinésiologue à raison d’une demi-journée par semaine.
Une physiothérapeute loue également un espace à la clinique, où elle voit des patients deux jours par semaine.

Selon M. Bouchard, la clientèle est au rendez-vous, principalement les membres de la coop, qui bénéficient de tarifs préférentiels. « La demande est en croissance constante pour ces deux services. C’est un partenariat gagnant pour tout le monde », a fait valoir le président.

Les bénéfices sur le plan médical ont un lien direct avec ce succès, a renchéri la coordonnatrice. « Les médecins ne peuvent pas diriger les patients vers une kinésiologue ou une physiothérapeute en particulier. Toutefois, pour le patient, c’est un plus indéniable d’avoir tout dans la même clinique. Le suivi de chaque dossier est beaucoup plus simple, car tout le monde se parle. »

De plus, la clinique a changé de fournisseur pour l’informatisation des dossiers médicaux de sa clientèle. « Ça nous permet d’entrer directement en contact avec nos patients, notamment pour des suivis avec leur médecin, a dit Mme Guérin. Même chose pour les confirmations de rendez-vous par courriel. »

Recrutement

C’est connu, les médecins de famille sont une denrée rare. Et ce n’est pas prêt de se résorber. Selon les données des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), on prévoit l’arrivée de médecins dans la région en 2020 pour contrer les départs à la retraite. Les PREM servent en fait de balises pour attribuer les médecins par secteurs, tant ceux qui commencent dans la profession, les « nouveaux facturants », que ceux qui pratiquent déjà. Pour l’ensemble du territoire du RLS de la Haute-Yamaska, on prévoit l’ajout d’un nouveau facturant et d’un omnipraticien qui travaille dans le réseau.

Notons que la clinique peut compter sur Dre Catherine- Élie Bouchard, qui assure depuis juillet le « sans rendez-vous » à raison de deux jours par semaine. L’organisation mise toutefois sur une catégorie d’omnipraticiens ayant le statut de « médecin en mobilité interrégionale » (MIR) pour accroître ses effectifs. « On sait que les PREM ne sont pas avantageux pour nous. On garde contact avec plusieurs médecins MIR un peu partout au Québec, explique M. Bouchard. Dès que l’un d’eux envisagera de s’établir dans la région, on sera prêts à l’accueillir. »

CANNABIS MÉDICAL 

La coop de santé de Roxton Pond est devenue, il y a quelques mois, le premier point de service de Nature Médic, une clinique établie à Magog et spécialisée dans le cannabis médical. 

« On mise beaucoup sur la coop de Roxton Pond, car on sait que la demande de traitements à l’aide de cannabis médical est en forte progression. C’est donc important d’élargir notre offre. On a des gens qui viennent d’aussi loin qu’Amqui, Terrebonne et Gatineau, alors on veut être présents dans le plus grand nombre de régions possible », avait mentionné Véronique Lettre, présidente de Nature Médic, en entrevue.

Le Dr David Bélisle, qui pratique à temps complet à la coop depuis 2018, est l’un des deux omnipraticiens qui ont accepté d’embarquer dans le projet de traitement thérapeutique à l’aide de cannabis médical. Les résultats sont très probants. «On savait que ce type de service était en forte progression partout au Québec, a réitéré Serge Bouchard. On est fiers de faire partie des premières cliniques qui ont décidé de prendre le train. Le pari était bon, parce que la demande est au rendez-vous.»

En fait, les deux omnipraticiens sont entièrement dédiés au cannabis médical deux jours par mois. Une de ces journées est consacrée à l’accueil de nouveaux patients et l’autre, pour assurer des suivis. 

Le modèle préconisé par les partenaires prévoit qu’un infirmier spécialisé travaille de concert avec les deux docteurs de la coop. « Le médecin vérifie l’éligibilité du patient. Il s’assure qu’il n’y a pas de contre-indication ou d’antécédents psychologiques qui feraient en sorte que la personne ne pourrait pas se qualifier. Notre infirmier prend ensuite la relève en rencontrant les patients à la coop de santé pour aborder le plan de traitement », a spécifié la copropriétaire de Nature Médic.