Pascal Lamontagne, conseiller municipal, et Marcel Lamoureux, président du Comité d’environnement du lac Roxton.

Lac Roxton: en mode solutions

Voilà déjà plusieurs années que le Comité d’environnement du lac Roxton réalise des tests dans le plan d’eau pour y mesurer la présence de certaines matières. Maintenant qu’il a une connaissance assez pointue de l’état du lac, le groupe de citoyens bénévoles est prêt à passer à l’action pour lui redonner sa santé.

À une dizaine de reprises entre mai et septembre, des bénévoles se rendent à cinq lieux précis sur le lac et procèdent à des échantillonnages visant à mesurer, entre autres la quantité de phosphore, de coliformes fécaux et de matières en suspension (appelés les tributaires) qui s’y retrouvent. Une opération qui s’effectue chaque année depuis 2008.

Ce faisant, le comité, aidé de la biologiste Caroline Bisson, a une idée assez précise de l’état du lac Roxton. Conclusion : la charge interne du lac est forte en phosphore et la situation ne va pas en s’améliorant.

« Il faut trouver une solution. On ne peut pas laisser aller les choses », indique Marcel Lamoureux, président du Comité d’environnement du lac Roxton.

À tâtons
Le comité évalue actuellement les différentes solutions qui permettraient de diminuer la quantité de phosphore contenue dans l’étendue d’eau. « C’est beau faire des études, si on ne passe pas à l’action, elles ne servent plus à rien, croit le conseiller municipal Pascal Lamontagne. Il faut agir avant que ce que ces études nous ont appris ne soit plus d’actualité. »

On hésite à recourir au Phoslock, une solution retenue par Bromont pour venir à bout des algues bleues dans son propre lac. Une solution qu’on juge de dernier recours et qui pourrait être très onéreuse étant donné la superficie du lac Roxton et de sa plus petite population. Aussi, on ignore encore le taux de réussite. « Bromont a été la première au Québec à utiliser le Phoslock. On n’a pas encore de résultats, on ne sait pas si c’est durable. Chez nous, l’opération pourrait coûter près de deux millions $, estime M. Lamoureux. On ne voudrait pas investir et réaliser, plus tard, que ça n’a pas fonctionné. »

Une telle avenue pourrait aussi donner des résultats différents de Bromont étant donné les particularités du lac. « Ici, l’eau est à la même température à la surface et au fond, indique M. Lamontagne. Nous avons aussi des ilôts flottants. Toute solution devra aussi tenir compte du fait que le fond du lac se détache. »

Au lac des Montagnes, on a procédé à un draguage pour enrayer le phosphore, une avenue dispendieuse aux yeux du conseiller Lamontagne, en plus de menacer la faune environnante.

Le comité cherche à trouver des mesures qui permettraient de diminuer, ou à tout le moins maintenir, le nombre d’oies blanches à élire domicile sur le lac chaque été.

Toute solution devra être approuvée par le ministère de l’Environnement, ajoute-t-on. « Ça fait que ce n’est pas si simple », indique M. Lamoureux.

Une fois le choix arrêté, un plan d’action sera préparé comprenant échéancier et coûts. Les tests annuels du comité permettront d’évaluer l’efficacité des mesures entreprises. « On pourra voir, au bout d’une, deux ou trois années, par exemple, comment la présence de phosphore a évolué », illustre le président.

Halte aux oies blanches
Déjà, l’aménagement de champs d’épuration pour les riverains ayant été réalisée aux abords du lac pourrait réduire la problématique dans un horizon de dix ans. Mais cela pourrait s’avérer inutile si on ne trouve pas de solution à la présence des dizaines de milliers d’oies blanches qui prennent le lac d’assaut chaque automne, lors de leur migration.

L’été dernier, le comité a mandaté la firme T2 Environnement pour mesurer l’impact de ces oiseaux sur la quantité de tributaires recensés dans le lac et, particulièrement, le phosphore. Le rapport final de la firme a été présenté aux élus en mai.

Il est estimé que les oies contribuent à ajouter environ 169 kilogrammes de phosphore dans le lac annuellement. « De plus, on n’a pas calculé l’effet de la chaleur ni l’effet multiplicateur du fait que le phosphore s’accumule d’année en année, précise M. Lamoureux. On a beau avoir fait les bandes riveraines pour diminuer le phosphore dans le lac, si les oies en ramènent... »

Le comité cherche donc à trouver des mesures qui permettraient de diminuer, ou à tout le moins maintenir, le nombre d’oies blanches à élire domicile sur le lac. « Elles sont bien, elles ont leur garde-manger tout autour du lac !, lance M. Lamontagne. Mais on ne veut pas non plus déplacer le problème. »

Cette mesure, jumelée aux champs d’épuration, pourraient avoir un impact sur le choix final de la mesure à appliquer pour venir à bout du surplus de phosphore dans le lac. « Peut-être qu’on pourrait alors avoir recours à une solution moins drastique et dispendieuse », espère Marcel Lamoureux.

Le comité compte aussi poursuivre le travail de sensibilisation auprès des citoyens et des plaisanciers qui utilisent le lac à des fins récréatives. « Ça donne jusqu’ici de bons résultats. On voit une belle amélioration au niveau de l’érosion des berges », se réjouit le conseiller Lamontagne. La MRC de la Haute-Yamaska devrait d’ailleurs procéder à l’inspection des bandes riveraines du lac Roxton au courant de l’été, a-t-il fait savoir.

« Le lac est une richesse pour la population de Roxton Pond. Il est important de le protéger », clame enfin M. Lamontagne.