«Les jardiniers n’ont rien à apporter, que leur bonheur de jardiner», affirme l’agente de développement Nathalie Simard.

Là où on y cultive du bonheur

Le jardinage rassemble à Roxton Pond. Le jardin communautaire Raymond Loignon a été réalisé à coûts minimes l’an dernier, grâce à la collaboration de plusieurs donateurs et partenaires qui ont contribué à aménager un site qui a de quoi faire des jaloux.

« On en est très fiers. C’est du bonheur ! » a lancé l’agente de développement à la municipalité, Nathalie Simard, lors d’une visite des lieux.

Aménagé à l’angle des rues Delorme et Penelle, le jardin est la démonstration éloquente qu’il est possible de faire de petits miracles avec la collaboration des citoyens et une bonne dose de débrouillardise et de détermination.

Car la liste des résidants et des entreprises qui ont participé de façon bénévole au projet est longue. Josée Hénault, Céline et Sylvain Germain, en particulier, s’impliquent au quotidien dans le jardin. M. Germain a, entre autres, construit les bacs qui accueillent les 20 jardinets.

Bien que l’entreprise n’ait aucun lien avec la municipalité, Matériaux paysagers Savaria a offert — et livré — la terre des lopins, après que Nathalie Simard ait parlé du projet au propriétaire. La clôture Frost, récupérée d’un ancien terrain de balle de la municipalité, a été installée par Clôture DB. La Fondation Roger-Talbot a, pour sa part, offert une remise qu’elle n’utilisait plus. Le petit bâtiment a été déménagé par Remorquage Beauregard et rénové.

Une employée de l’Écocentre, Soulianka Viens, a mis de côté plusieurs outils pour les jardiniers de Roxton Pond. Des semences ont été offertes par d’autres responsables de jardins communautaires à Granby. La Ferme Majestic y est aussi allée de dons.

Au total, il en a coûté un maximum de 500 $, estime Nathalie Simard, pour aménager le jardin. Des coûts qui ont pu être assumés par des subventions remises par Jeunes en forme, le député de Johnson, André Lamontagne, ainsi que la Caisse Desjardins de Granby — Haute-Yamaska.

Liste d’attente
Tout cela a démarré l’an dernier quand une poignée de citoyens a demandé un espace pour jardiner. « Des gens m’en ont fait la demande. Au début, je ne comprenais pas pourquoi les gens voulaient avoir un jardin. On a tous de grands terrains. Mais je me suis aperçue que les gens qui habitent autour du lac n’ont pas nécessairement de place pour ça. Il y a aussi des personnes âgées qui sont intéressées par ça », fait valoir Nathalie Simard.


« Ah ! Y’a des jardins qui font pousser autant d’histoires que de légumes. »
Fred Pellerin

Celle-ci n’a donc pas ménagé ses efforts afin que ce projet voit le jour. Les 20 bacs, dont certains permettent de jardiner debout, ont trouvé preneurs. Des familles, des couples, des personnes seules, certaines âgées, et même des universitaires soucieux d’économiser en cultivant eux-mêmes leur potager, ont ainsi mis la main à la terre. Certains lots ont été réservés pour le Frigo de nos récoltes de la municipalité.

Cette année, l’engouement est encore présent. La constitution d’une liste d’attente a même été nécessaire. Quatre personnes y sont inscrites. Il en coûte 10 $ pour cultiver un lot de 10 pieds par 10 pieds. « Les jardiniers n’ont rien à apporter. Que leur bonheur de jardiner! », lance Nathalie Simard qui aimerait aussi trouver une façon d’impliquer les élèves de l’école primaire de la municipalité.

Santé
Pour Mme Simard, cela allait d’ailleurs de soi que le jardin porte le nom de l’ex-maire de la municipalité, Raymond Loignon, en poste au moment de la mise sur pied du projet. « M. Loignon prêchait pour la santé et le bien-être des gens », affirme-t-elle.

L’agente de développement à la municipalité affirme que le jardin est enveloppé d’une aura d’entraide. Dans le journal de bord des jardiniers laissé dans la remise, ils se proposent des échanges et des trucs.

Et c’est même accompagnés des mots du conteur Fred Pellerin qu’ils peuvent bichonner leurs plants. À la demande de Nathalie Simard, une grande admiratrice, il a dédicacé l’affiche du jardin. « Ah ! Y’a des jardins qui font pousser autant d’histoires que de légumes », a-t-il écrit.

Le conteur a raison : la petite histoire du jardin de Roxton Pond est aussi colorée que les légumes qui y poussent.