Pascal Lamontagne, Alain Duhamel et Marcel Lamoureux souhaitent que le retrait des plaques de sédiments du lac puisse commencer l’an prochain.

Haro sur les plaques de sédiments

Le retrait des plaques de sédiments, aussi appelées «îlots flottants», qui nuisent aux activités aquatiques sur le lac Roxton pourrait commencer l’an prochain, affirment le président du Comité d’environnement du lac, Marcel Lamoureux, et le conseiller municipal, Pascal Lamontagne.

La municipalité a adressé une demande en ce sens au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Et elle estime, avec la collaboration du Comité d’environnement du lac, composé de citoyens bénévoles, avoir fait tous ses devoirs.

«Ça fait quatre ans qu’on travaille là-dessus, affirme M. Lamoureux. On a fait deux rencontres publiques pour avoir l’aval des citoyens, parce qu’il faut aussi respecter leurs demandes. Ça portait sur l’ensemble de la problématique, pour ne pas perdre notre lac. (...) Chaque fois, l’élément premier qui ressortait, c’était d’enlever les îlots flottants.»

Ces plaques de sédiments, de superficie variable, sont en fait des amas de racines, de branches et de terre, explique M. Lamoureux. Elles sont généralement sous l’eau, mais selon les conditions climatiques, elles tendent à remonter à la surface, souvent dans une période qui s’étire entre la mi-août et la mi-septembre. «Parfois, il y en a
25, 15 ou 10; ça varie d’une année à l’autre. On en a déjà vu 52, mais c’était une année exceptionnelle», dit-il.

«Des fois, elles sont non visibles ou à fleur d’eau. Ça devient très dangereux», renchérit Alain Duhamel, vice-président du Comité d’environnement du lac.

«On est vraiment chanceux qu’il n’y ait rien de vraiment grave qui se soit produit sur notre plan d’eau», dit Pascal Lamontagne, en soulignant que les îlots flottants sont entre autres problématiques pour la pratique du ski nautique.

La situation est loin d’être nouvelle. Des opérations de retrait des plaques de sédiments ont déjà été réalisées en 1935, ainsi qu’en 1977 et 1978.

Aménagé par l’ancienne usine Stanley, le lac Roxton n’est pas pourvu d’une source d’eau. Son approvisionnement s’effectue par ses tributaires, ainsi que les égouts pluviaux, note le conseiller municipal.

Les plaques de sédiments, de superficie variable, sont en fait des amas de racines, de branches et de terre.

Présents en grand nombre dans le lac Roxton, les îlots flottants sont des amas de branches, de racines et de terre.

Cinq ans

Dans la demande qu’elle a déposée au ministère de l’Environnement, la municipalité a exprimé le souhait que l’autorisation soit accordée pour une période de cinq ans. Elle est présentement en attente d’une réponse, affirme Pascal Lamontagne.

Celui-ci assure que le processus sera encadré et réalisé selon les spécifications du gouvernement. Les sédiments retirés en surface du plan d’eau seront en outre appelés à être valorisés par le biais du compostage.

La municipalité de Roxton Pond a, par ailleurs, prévu le coup, alors qu’un budget a déjà été mis de côté pour cette opération, indique le conseiller municipal.

Selon Marcel Lamoureux, une fois réalisée, cette opération permettra au comité d’envisager la mise en œuvre d’autres actions afin d’améliorer l’état de santé du lac, aux prises avec un taux de phosphore élevé.

Quelle sera la suite? «C’est ce qu’on est en train d’analyser, relève le président du comité. Il y a plein d’expériences qui se font actuellement au Québec, dont le Phoslock à Bromont.»

«Notre lac est différent des autres, entre autres avec ses plaques de sédiments. Et il est navigable. C’est une autre différence. Il faut s’assurer d’avoir tous les éléments en main et d’avoir bien évalué les options», renchérit Pascal Lamontagne.

Chose certaine, le Comité d’environnement du lac connaît bien le plan d’eau. Dix sorties y sont réalisées chaque été par les membres afin de procéder à différents tests, que ce soit pour le phosphore, les matières en suspension, les coliformes fécaux, la chlorophylle, etc. Une habitude bien ancrée depuis dix ans.

Au fil des ans, différents gestes ont aussi été posés, que ce soit avec le prolongement des réseaux d’égout et d’aqueduc autour du lac, l’aménagement de bandes riveraines et la mise en place de bonnes pratiques aquatiques, fait valoir Alain Duhamel.

Les actions posées et celles à venir ne représentent pas une dépense, mais plutôt un investissement, estime Marcel Lamoureux.

«Le lac a une valeur économique importante, et pas juste pour les riverains, mais pour l’ensemble de la population», croit-il.