Avec son initiative de lancer la Disco Rougemont, Karine Garon permet aux enfants de Rougemont et des environs de vivre des expériences mémorables.

Disco Rougemont: créatrice de souvenirs

Qui ne se souvient pas de son premier slow, au primaire, dans une soirée «disco» où le plaisir était au rendez-vous? Ce genre d’événement est de moins en moins courant, mais pas à Rougemont. Là-bas, une mère de famille a voulu que ses enfants vivent, comme elle, ces moments magiques. Depuis, son initiative connaît un franc succès.

Karine Garon garde de précieux souvenirs de ces soirées où elle pouvait lâcher son fou au son de la musique, tout en buvant du jus ou une boisson gazeuse et en grignotant des friandises. Ses parents venaient la déposer à la porte du Centre culturel de Saint-Hubert où les enfants se réunissaient.

« En arrivant à Rougemont, il n’y avait pas ce genre d’activité pour les enfants, raconte-t-elle. Je voulais faire vivre ça à aux miens. Pour m’avoir marquée à ce point, il faut que j’aie eu du fun!»

Après avoir obtenu l’aval de sa municipalité, elle s’est alliée d’une amie pour organiser la première fête. C’était il y a cinq ans. Si l’initiative a pris un moment avant de décoller, elle accueille aujourd’hui 112 jeunes de 5 à 12 ans. Les discos ont lieu au Centre des loisirs, une fois par mois. Les jeunes dansent ainsi de septembre à juin. Toutefois, pas de slow pour eux en fin de soirée.

Grandir avec les enfants
Au fil du temps, les «plus vieux» ont demandé à ce que l’activité continue pour eux, une fois franchi l’âge de 12 ans. Une disco a donc maintenant lieu pour les adolescents de 12 à 17 ans, toujours une fois par mois. Eux, toutefois, ont droit à quelques chansons langoureuses. Les deux soirées organisées à ce jour n’ont pas attiré beaucoup de participants, mais le bouche-à-oreille devrait faire son œuvre, croit Mme Garon.

«Il faut prendre le temps de se faire connaître», reconnaît-elle, confiante.

La preuve: ses soirées n’attirent pas que des jeunes de Rougemont. Au contraire. « J’ai des réguliers de Longueuil, évoque-t-elle. On a déjà eu du monde de Farnham. C’est vraiment pour les jeunes de toutes les villes avoisinantes.»

L’organisation a également beaucoup évolué avec les années. Par exemple, comme les enfants faisant beaucoup de demandes spéciales, les organisatrices ont dû abandonner leur fameuse playlist. Elles engagent désormais un animateur. Des commanditaires sont trouvés pour donner vie à chaque soirée et offrir des prix de présence aux enfants. Les bénévoles sont aussi toujours plus nombreux. Une page Facebook est d’ailleurs alimentée pour tenir les parents au courant des thématiques exploitées, différentes chaque mois.

« On essaie d’avoir des thèmes (soirée lighstick, karaoké, etc.) histoire d’avoir quelque chose de différent pour accrocher les jeunes. Pour qu’ils aiment ça », souligne Mme Garon.

Elle et son équipe ont, par exemple, organisé une soirée sous le thème des bals de finissants, en juin dernier.

Le but visé pour les prochains mois? Accueillir des artistes. En février dernier, la chanteuse de Granby, Sydney Lallier, est venue faire son tour.

Le tout est gratuit pour les participants. Les enfants doivent seulement payer leurs breuvages et grignotines, et défrayer le coût pour des éléments spéciaux, comme des maquillages.

Travail estival
Histoire de pouvoir ajouter une deuxième soirée dansante par mois à l’horaire, de nombreux parents bénévoles ont travaillé cet été. Et la recherche de commanditaires a porté ses fruits, le Centre des sciences de Montréal, le Parc Safari en plusieurs commerçants de Rougemont ayant donné leur appui au projet.

« On a vraiment de beaux prix pour les jeunes», insiste l’organisatrice pour qui la Disco Rougemont est un deuxième emploi à temps plein.

En plus de la recherche de commanditaires, il y a les réunions avec les mamans organisatrices pendant lesquelles la tempête d’idées fait des ravages. C’est ainsi que toutes les thématiques sont trouvées et renouvelées.

« On travaille fort chacune de notre côté, souligne Mme Garon. On travaille toute l’année et on n’a que de bons commentaires. On croise les jeunes dans le village et ils nous reconnaissent. Ça fait chaud au cœur, parce qu’on voit qu’on ne travaille pas pour rien.»

Ces mêmes femmes vivent aussi une belle collaboration avec la communauté. Par exemple, les pompiers de Rougemont se sont impliqués pour assurer la sécurité lorsque Sydney Lallier a offert son spectacle cet hiver. Lors de ce genre de soirée, les bénévoles communiquent entre eux grâce à des radios bidirectionnelles et les parents doivent tous entrer dans le Centre des loisirs pour venir chercher leur enfant. Une logistique qui permet le bon déroulement de la disco, et ce, en toute sécurité.