L’école Saint-Michel fait une grande place à l’innovation pédagogique, souligne la directrice, Fanie Poirier, qui y a implanté le programme Réponse à l’intervention (RAI), il y a trois ans.

Aider les élèves à réussir

La nouvelle directrice de l’école primaire Saint-Michel n’est pas arrivée dans la capitale de la pomme en étrangère. Entrée en poste en mai dernier, Fanie Poirier connaissait déjà le tiers de l’équipe. L’ex-directrice adjointe aux services éducatifs à la commission scolaire des Hautes-Rivières y est à l’origine d’un programme spécial visant à aider les élèves en difficulté d’apprentissage.

Ce programme, baptisé Réponse à l’intervention (ou RAI) a été implanté à l’école Saint-Michel il y a trois ans. Avec succès.

«Ça a diminué le nombre d’élèves référés en orthopédagogie, souligne la femme de 36 ans. On travaille en classe pour ne pas qu’ils se rendent jusqu’à elle.» Le RAI vise le 10 % de jeunes élèves peu stimulés intellectuellement à la maison et qui ont besoin d’«intervention ciblée». Il s’agit de resserrer la collaboration entre les enseignants et l’orthopédagogue, afin de maximiser leurs efforts.

«On solidifie les apprentissages fondamentaux, explique Mme Poirier. Les enseignants ont revu leur planification et le dépistage se fait maintenant trois fois par année. Ça nous permet de voir l’évolution de l’élève.»

L’innovation pédagogique est une des forces de la petite école de la rue Principale. En plus du programme RAI,celle-ci embrasse cette année la technique du coenseignement. L’une des quatre classes jumelées (NB: avec des élèves de niveaux différents) sera formée de jeunes d’une classe jumelée 5-6 et d’une classe de 6e.

Les Cercles d’auteurs permettent aux élèves de Rougemont d’améliorer leurs talents en écriture.

Deux enseignants dans une même classe, donc. Cela permet de composer avec une école pleine à craquer, mais la technique fait sourciller certains parents. Fanie Poirier se fait toutefois rassurante. «Les élèves en difficulté performent mieux dans ce type de classe, donne- t-elle en exemple, parce qu’ils ont deux profs à qui se référer. Mais ça prend une bonne gestion de classe.»

Écrire en groupe
Finalement, les Cercles d’auteurs permettent aux élèves d’améliorer leurs talents en écriture. Au lieu de rendre leur copie d’une main tremblante à leur enseignant, ils se relisent d’abord entre eux, se corrigent et partagent leurs idées.

«Ils passent à travers différents cercles et sont amenés à discuter avec d’autres élèves. L’idée, c’est d’écrire souvent et de mieux en mieux. Tous les textes ne sont pas soumis au prof. Ça donne confiance aux jeunes, leur donne une méthode de travail et démythifie le processus d’écriture.»

Les résultats sont «stupéfiants», indique-t-elle. «Ça dépasse ce qu’on peut lire au secondaire.»

L’écriture passionne la nouvelle directrice de Saint-Michel, qui a était en études françaises avant de bifurquer vers l’enseignement, à l’université. Elle se destinait à être prof de cégep. Elle a plutôt abouti au secondaire, où elle a adoré l’expérience.

De fil en aiguille, deux diplômes de deuxième cycle et une expérience de cadre en poche, la mère de famille de Saint-Jean-sur-Richelieu a abouti à Rougemont, où elle apprend toujours. Elle a entamé un cours de doctorat en gestion de l’éducation. «On demande aux élèves de se mettre dans une posture d’apprenant, alors c’est normal qu’on le fasse nous aussi!»

L'école St-Michel en chiffres

•  246 élèves en 2018-2019

• 15 groupes, dont quatre classes jumélées (et une de coenseignement)

• Environ 40 employées