Rick Favreau, Arianne Bonneville-Hébert et leurs deux fils récolteront les premiers fruits dans leur verger en 2020. Ils proposeront aux clients de cueillir eux-mêmes la camerise, un fruit encore méconnu.

À la découverte de la camerise

Être entrepreneur est un défi en soi. Quand on se lance en agriculture pour cultiver la camerise, un petit fruit encore méconnu, ce l’est doublement. Cette aventure est malgré tout celle dans laquelle une jeune famille de Rougemont a décidé de s’investir. Dès la prochaine saison, elle proposera l’auto-cueillette de ce petit fruit bleu chez elle, au Verger Cammia.

En arrivant dans le verger du chemin de la Grande-Caroline, Ariane Bonneville-Hébert et Rick Favreau nous accueillent avec leurs deux enfants, Théo, et le petit dernier, Louis. D’emblée, on constate que leur entreprise est une belle histoire de famille !

Le couple a acquis la propriété il y a dix ans dans le but de se lancer en agriculture, un domaine qu’il connaît bien. La mère de famille est vétérinaire et son conjoint, qui a grandi sur une ferme laitière, est enseignant à l’Institut de technologie agroalimentaire.

Le duo, en amour comme en affaires, voulait se lancer dans une production autre que celle des pommes. « On n’a pas grand de terre et on voulait se démarquer des pommes qui ont un gros volume ici, à Rougemont », explique M. Favreau.

« On voulait créer quelque chose de différent », enchaîne sa conjointe.

Avec l’aide et l’expertise d’un agronome, leur terre a été analysée et leur choix s’est arrêté sur la culture de la camerise. Ce petit fruit est celui qui offre le plus haut taux d’antioxydants, explique le couple. Même si sa culture n’est pas biologique, aucun pesticide ou fongicide n’est utilisé, précise-t-il. « On est consciencieux », insiste le père de famille.

Cammia

L’entreprise a pris son envol en 2017. Cette année-là, un drame a toutefois secoué la famille quand Rick et Arianne ont perdu leur fille à la naissance. C’est d’ailleurs en sa mémoire qu’ils ont nommé leur verger, la petite portant le doux prénom de Mia. Le travail dans leur champ, disent-ils, a été une bouée de sauvetage pour eux qui ont choisi de poursuivre l’aventure.

Après deux ans, leur terre compte 3 600 plants de camerise, principalement du cultivar Aurora, une variété productive présentant un fruit plus gros et plus sucré que les autres variétés. Quelque 1300 plants supplémentaires seront plantés cet automne, explique Arianne.

La patiente est toutefois de mise pour enfin récolter le fruit de leur travail. « Ça prend trois ans avant d’avoir un début de production de fruits intéressante et six pour avoir une pleine production, explique-t-elle. Et le plant a une durée de vie de 30 ans. »

Les premiers fruits pourront donc être cueillis l’été prochain, en juillet. Les propriétaires proposeront l’auto-cueillette de la camerise à leurs clients. Une partie de leur récolte pourrait par ailleurs être écoulée chez des producteurs maraîchers voisins qui en feront la vente.

La camerise est un petit fruit bleu aux propriétés à découvrir.

La camerise est un petit fruit qui se déguste frais. On peut également le servir en smoothie ou en faire des confitures, par exemple. « Son mariage est excellent avec la vanille, le yogourt, la crème glacée ou fouettée et l’érable », énumère l’agricultrice.

Malgré ses nombreux usages et vertus, la camerise est encore méconnue. Les jeunes entrepreneurs savent qu’ils devront redoubler d’efforts pour la faire connaître. « C’est un défi », ne cache pas le couple, prêt à le relever. L’entreprise souhaite aussi prendre de l’expansion, mais « un pas à la fois », en restant à échelle humaine. « On veut bien faire les choses », précise la mère de famille. La transformation du petit fruit est notamment envisagée. Même si le verger est en démarrage, le travail du couple est déjà récompensé. Cammia a été lauréate d’une bourse d’accompagnement pour la relève agricole dans Rouville en 2019. Elle a également remporté le défi OSEntreprendre en 2018.