Louis-Paul Quérel et Linda Lazure offrent le gîte dans leur jolie maison de bois entourée, entre autres, d'oies diverses.

Un projet qui donne des ailes

ROXTON FALLS— Certaines personnes ne font rien comme les autres. Linda Lazure et Louis-Paul Quérel n’ont jamais rêvé d’une vie tranquille ; depuis qu’ils se connaissent — plus de trois décennies ! —, c’est plutôt l’aventure qui les allume. Leur nouvelle page d’histoire : un gîte douillet doublé d’un élevage d’oies fermières.

« Aux dix ans, on changeait de vie. On vivait l’aventure. On s’amuse dans la vie. On a toujours des projets », fait remarquer M. Quérel d’entrée de jeu.

Lui, dentiste, elle, agente immobilière, les deux complices ont vécu à Dubaï, sont retournés à l’université, ont passé quelques années en Guinée, ont été propriétaires d’un restaurant, entre autres choses. Bref, l’ennui n’a jamais eu le temps de s’installer. Sans oublier que le couple est parent de deux grands enfants.

« Mais on voulait se trouver un chez-nous. Et Linda a la touche magique avec les oiseaux », poursuit son conjoint. « Depuis qu’on a des enfants, on a toujours eu des « bibittes » de toutes sortes ; un perroquet, des perruches, des tortues. Il y avait des animaux à la maison », renchérit Mme Lazure.

Le couple a toujours été entouré d'animaux.

Lorsqu’ils ont trouvé le domaine de 38 acres de la rue Charlebois à Roxton Falls, il y a deux ans, l’endroit leur semblait parfait. Parmi les critères, le couple souhaitait avoir un plan d’eau et une prairie, tout en étant à proximité d’une piste cyclable pour attirer des touristes.

Ils ont trouvé encore mieux. Leur propriété compte quatre lacs, un pré, une forêt, des sentiers, une bleuetière, des arbres fruitiers, des noisetiers, un jardin et même le début d’un vignoble.

Dans sa maison de bois entourée de quatre lacs, d'un pré, d'une forêt et de fruits de toutes sortes, le couple offre le gîte aux touristes et cyclistes.

Et pourquoi un gîte ? La formation de Linda en gestion du tourisme y est pour quelque chose. Leur maison de bois offre donc deux petites chambres confortables où les visiteurs peuvent se reposer entre deux coups de pédale. « On reçoit surtout des gens de l’Europe qui sont à vélo, mais aussi une clientèle venue des festivals environnants », explique la dame.

Avant de passer aux mains du duo, l’endroit avait été loué durant plusieurs années et manquait un peu d’amour. Le boulot n’a donc pas manqué depuis leur arrivée. « On travaille fort », lancent-ils en chœur.

Oies et compagnie
Car en plus du volet hébergement, leurs journées sont pleinement occupées par l’entretien du vaste terrain et par l’élevage de leurs oiseaux.

Mme Lazure a une facilité avec les oiseaux.

L’an dernier, 350 oies, 800 canards et 100 poulets de grain ont vécu chez eux. Sans compter les dindes sauvages, les poules et même les cygnes qui enjolivent leur quotidien.

Mais comme l’indique joliment leur appellation, c’est surtout aux oies que les Lazure-Quérel se consacrent avec un plaisir évident.

Des blanches (Emden), des grises (Toulouse), des grises avec une touffe de plume sur la tête (Toulouse huppée) et des blanches à tutu (Sébastopol)... Les variétés sont aussi nombreuses que ravissantes. Apprivoisées dès leur premier jour, nourries naturellement, les oies du couple sont à la fois sociables et « très intelligentes », souligne M. Quérel, qui s’adresse à elles en les appelant « les filles ».

Sa conjointe, elle, les prend et les cajole comme des animaux de compagnie. Les deux précisent toutefois que l’endroit n’est pas un zoo. L’entreprise vend ses oies à la ferme, vivante ou parée.

« Il faut bien les abattre. Nous comprenons le dilemme que vivent les fermiers qui aiment sincèrement leurs animaux... », glisse-t-il en précisant que l’abattage constitue d’ailleurs leur plus gros problème, le seul endroit disponible étant situé sur l’île d’Orléans.

Cette année, le Gîte des oies offre également des produits (rillettes, terrines, cœurs et gésiers confits) à base de leurs oies fermières.

Bref, malgré l’ampleur de la tâche, elle et lui s’en donnent à cœur joie. Assez pour revoir leur « contrat de changement de vie » aux décennies ? « C’est beau, on est dehors, il y a du nouveau chaque jour. On a huit ans encore, mais ça pourrait se prolonger », terminent-ils, en évoquant du bout des lèvres l’engagement possible de leurs enfants dans l’entreprise.