«Ceux qui ont encore des préjugés, c’est qu’ils ne nous connaissent pas», dit la directrice de la Maison des Jeunes d’Acton Vale, Karine Chabot.

La Maison des Jeunes se refait une beauté

ACTON VALE — Nouvelle direction, nouveau look, nouvelle ambiance. La Maison des Jeunes d’Acton Vale s’est refait une beauté et, du même coup, une réputation.

« On partait de loin », fait remarquer la directrice, Karine Chabot.

Malgré un emplacement bucolique au bord de la rivière Le Renne et du parc Donald-Martin, l’endroit était, dit-elle, peu fréquenté et plus ou moins fréquentable jusqu’à son entrée en poste, en septembre dernier.

L’ex-responsable des loisirs de Saint-Théodore-d’Acton, âgée de 34 ans, a donné un nouveau souffle à l’établissement qui existe depuis 1985.

Des rénovations de 30 000 $, cet hiver, ont permis de concentrer les activités au rez-de-chaussée. Les fenêtres ont été changées, la peinture refaite et un mur a été enlevé, créant une aire plus vaste où des tables de ping-pong et de billard côtoient des chaises et une télévision.

Exit la salle d’ordinateur aussi, parce que « tout le monde a un cellulaire de nos jours ! », explique Mme Chabot. Et les jeunes de 12 à 17 ans qui viennent passer la soirée (coût de l’abonnement annuel : 2 $, et tous les adolescents de la MRC d’Acton sont les bienvenus) ne restent pas vissés longtemps à leur téléphone, puisque le code wi-fi reste secret.

Autour d’une table
Les visiteurs — ils sont maintenant une quinzaine chaque soir et davantage de filles ont fait leur apparition — ont désormais l’habitude de se retrouver autour de la grande table de bois de la cuisine pour discuter. Et c’est comme ça du mardi au samedi.

De quoi parlent-ils ? « Beaucoup de scolaire, d’alimentation et, aussi, de sexualité », dit la directrice.

« Ils ont le goût d’être écoutés et je les encourage à parler, précise de son côté l’intervenante, Patricia Dubé. Ils sont curieux d’apprendre autre chose que ce qui est imposé à l’école. »

La Maison des Jeunes sert justement à ça : faire le pont entre l’école et les parents. Le lieu de rencontre se veut le prolongement de la rue. « On ramasse ce qui tombe entre deux chaises, dit Mme Dubé. Plusieurs disent : si je reste chez nous, mon père ne me parle pas. Alors on s’intéresse à eux. Il y a aussi des choses qu’un intervenant peut dire et qui passent mieux que par un parent. »

Futurs citoyens
Chaque soir, les échanges sont animés par deux intervenants qui cherchent à faire des adolescents de futurs citoyens critiques et responsables. Les sacres sont proscrits, tout comme l’alcool, la drogue et le tabac, bien sûr, et les jeunes doivent s’occuper de la Maison comme si elle leur appartenait.

« Tu peux prendre un verre d’eau, mais il faut le laver après, indique Mme Chabot. Et on fait le ménage ensemble à la fermeture ». Les plus motivés sont invités à siéger au conseil jeunesse de la Maison des Jeunes. Celui-ci se prononce sur les activités spéciales.

L’endroit apporte beaucoup aux adolescents, estime Karine Chabot. « Ils sortent d’ici plus confiants et moins stressés. Ils créent aussi des liens avec d’autres jeunes. Il n’y a pas de wi-fi, alors ils n’ont pas le choix de se parler ! Une Maison des Jeunes, c’est essentiel dans une ville. Ceux qui ont encore des préjugés, c’est qu’ils ne nous connaissent pas.»