Mario Larivière est propriétaire de l’entreprise de manèges Fun Show à Roxton Falls.

Fun Show à l’assaut du Québec

En plus d’amuser des milliers d’enfants lors de la 181e Expo agricole de Saint-Hyacinthe, l’entreprise Fun Show se prépare à créer de beaux souvenirs à bon nombre de petits Québécois cet été. Établie à Roxton Falls depuis une dizaine d’années, celle-ci parcourt les quatre coins de la province pour garder bien vivante la tradition des manèges de fêtes foraines.

À l’heure du divertissement numérique, des écrans 4k et des jeux vidéos hyper réalistes, les manèges mécaniques présents dans les fêtes foraines et les expositions agricoles semblent toujours avoir la cote. «C’est physique, fait remarquer le propriétaire de Fun Show, Mario Larivière. Les ordinateurs ne pourront jamais remplacer ça.»

Ce dernier est forain, un métier qui évoque un univers semblant appartenir à un autre siècle. Il règne en suzerain sur une immense cour où sont stationnés camions, remorques, roulottes et manèges démontés aux couleurs éclatantes. Dans un hangar, des mécaniciens s’activent autour d’une immense masse métallique au premier coup d’œil inquiétante, mais qui émerveillera sous peu petits et grands. Ensemble, ils finalisent les derniers préparatifs avant de lever le camp pour l’été.

Monde à part

Travailler pour une entreprise de fêtes foraines n’est pas un métier comme un autre. «C’est un monde à part. On est une grande famille qui passe l’été ensemble, 24 heures sur 24, raconte M. Larivière. C’est toute une aventure!»

Une famille à géométrie variable toutefois. S’ils ne sont qu’une quinzaine d’employés durant l’hiver, ce chiffre grimpe à près d’une soixantaine durant la saison estivale. Et même si Fun Show appartient au monde du cirque et de l’amusement, Mario Larivière n’engage pas de clowns. «Le gros du travail, c’est de l’entretien et de la maintenance, mais on a aussi besoin de camionneurs.»

Normes sévères
Les normes d’entretien pour les manèges sont d’ailleurs très sévères. «Il y a des monteurs qui montent toujours les mêmes manèges et une autre personne passe pour faire une vérification. Chaque matin, l’opérateur du manège en vérifie l’état et on refait même une deuxième vérification durant la journée, explique Mario Larivière. Et chaque pièce est changée selon le nombre d’heures recommandées par le fabricant.» Avec un tel entretien, les manèges peuvent durer des décennies. Heureusement, car certains peuvent coûter jusqu’à 800 000 $.

Exposition agricole
Cette année sera spéciale pour Fun Show, car ce sera ses manèges qui seront déployés sur le site de l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe. «Je pense que c’est le plus gros événement de la sorte au Québec, explique M. Larivière. On aura 25 manèges sur place.» À cet événement s’ajoutent bien sûr d’autres dates aux quatre coins de la province: Drummondville, Maniwaki, Sherbrooke, Québec et les Laurentides.

«La tournée est organisée pour qu’on ne revienne pas chez nous de l’été. On part le 22 avril et on revient à la fin de l’été.» En plus des manèges — de 15 à 25, selon les expositions — l’entreprise transporte aussi des roulottes, des douches, une buanderie et un restaurant pour ses nombreux employés.

De la construction aux fêtes foraines
Rien ne prédestinait Mario Larivière à cet univers si particulier. Après avoir travaillé dans le domaine de la construction, ce dernier a mis un premier pied dans le circuit des festivals et des expositions en acquérant des restaurants mobiles. C’était en 1997. Ce n’est qu’en 2006 qu’il a démarré Fun Show en mettant la main sur un «parc de manèges». Il arrivait alors dans un milieu compétitif où seulement trois entreprises se disputaient le terrain au Québec. «On a racheté des manèges, on a travaillé sur notre image et on s’est amélioré d’année en année», explique-t-il.

Aujourd’hui, son entreprise propose 35 manèges, en incluant les jeux gonflables. Mario Larivière est convaincu que l’univers dans lequel il gravite en a encore pour de longues et belles années. Et l’homme reste passionné par ce qu’il fait. «Il n’y a rien de plus beau que de voir un enfant s’amuser», lance-t-il, tout sourire.