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Nicolas Baron devant une des cuves du Domaine du Cap
Nicolas Baron devant une des cuves du Domaine du Cap

Ça bouillonne de projets à l’érablière du Domaine du Cap

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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Située à Acton Vale, l’érablière du Domaine du Cap s’est convertie au bio en 2002. Dans cette petite entreprise familiale, l’accent est autant mis sur la qualité du sirop d’érable que sur sa valorisation à travers différents produits dérivés.

La petite boutique qui accueille les visiteurs reflète ce penchant pour la diversité. On y trouve bien entendu le précieux nectar, dans des caractères ambré ou doré. Mais pas seulement. Sur les étagères, ce grand classique des chaumières québécoises cohabite avec d’autres articles qui, à première vue, n’ont aucune parenté avec lui. Ça va de la truffe à la barbe à papa, en passant par les confits, les vinaigrettes ou encore le beurre, crémeux à souhait, plébiscité par la clientèle. Et même des liquoreux, dont une eau-de-vie à base de raisin inspirée de la grappa italienne. Une vraie bibliothèque de délices. Une quarantaine de produits au total, estime Nicolas Baron.

En 2016, ce natif de la région de Québec assouvissait son ardent désir de rural en reprenant, avec sa conjointe Zoé, l’exploitation des parents de celle-ci. Un changement radical pour celui qui avait jusqu’alors fait ses armes dans le meuble.

Rien n’est laissé au hasard dans cette érablière au sang bio de quelque 8 500 entailles. Chez ces acériculteurs, bio, ça veut dire tolérer d’autres essences sur leur sol, comme le cerisier ou le hêtre, mais aussi limiter la quantité d’entailles sur les arbres, «pour augmenter leur durée de vie». Ça signifie aussi une traçabilité rigoureuse des produits, tous numérotés, au cas où, ou encore le choix du naturel au détriment du chimique pendant les opérations de nettoyage des équipements et du matériel. Du savon est par exemple utilisé pour décrasser les membranes qui servent à la concentration de l’eau d’érable.

Les trois boissons qui sont actuellement commercialisées par le Domaine du Cap, avec, au premier plan, L’Avrillon, un vin d’érable liquoreux qui fait partie de leurs meilleures ventes.

Du terroir et des idées

En 2021, les beaux-parents de Nicolas Baron, Mario Bisaillon et Sylvie Favreau, font toujours partie du décor. Ils habitent non seulement sur le même terrain, mais continuent de leur donner un précieux coup de main. «Ils travaillent fort», tient à préciser Nicolas. Sur place, la petite équipe fait preuve d’une belle complémentarité, en tordant parfois le cou à certaines idées reçues. «Zoé, c’est la fille de l’érablière et celle qui va travailler dans le vignoble, alors que moi je m’occupe de la transformation des produits et de la boutique. On a inversé les rôles», illustre en souriant le copropriétaire.

Au Domaine du Cap, on n’inverse pas seulement les rôles, on aime aussi surprendre avec de nouvelles créations. De l’aveu même de Nicolas Baron, ce ne sont pas les idées qui manquent. En 2018 par exemple, ils lançaient sur le marché un vin d’érable bio baptisé L’Avrillon, que les consommateurs ont vite adopté. Délicat sous le palais et compagnon idéal des mousses de foie gras, des rillettes ou encore du fromage bleu, dixit son ambassadeur.

Bientôt du vin

Cette année, le Domaine du Cap envisage d’étoffer son offre de boissons avec deux autres gins, mais aussi une vodka aromatisée avec un petit fruit de la région. «On est encore au stade des tests, mais ça va dans le bon sens.»

Et ce n’est pas tout puisque leur vignoble de quelque 8 000 plants a commencé à produire l’an passé. Le vin, actuellement dans des cuves, ne devrait pas tarder à rejoindre les bouteilles. «Du rosé, du rouge et du blanc», détaille Nicolas Baron. C’est tout ? Pas vraiment. «Je travaille sur un autre gin qui va davantage évoquer l’érable. On commence aussi à réfléchir à une sorte de rhum, qui sortirait sous l’appellation Acérum. » Il est aussi question d’un ketchup aux fruits «mais sucré au sirop d’érable».

Merci la pandémie

La pandémie actuelle, combinée à une saison des sucres terrassée par la douceur, ne les a pas empêchés de garder le cap. «Nous n’avons pas eu de grosses pertes financières grâce à la diversification», fait valoir l’exploitant à propos de la récolte écourtée par le temps assassin. Quant à la crise sanitaire, elle leur aura ouvert les yeux sur les bienfaits de la vente en ligne. «On a commencé à en faire en 2017, mais sans vraiment faire d’efforts sur la mise en marché web. Lorsque la crise est apparue, ça a explosé. On a acquis plus de 600 nouveaux clients. Ça s’est un peu replacé depuis, mais on continue à faire beaucoup de vente en ligne. Ça nous permet de rayonner à l’extérieur de la région et d’accroître notre réseau de distribution. Et puis ça nous libère du temps, on peut vaquer à nos occupations sur le domaine.»

Pour faire rayonner leurs produits maison, Nicolas Baron n’hésite pas non plus à avaler les kilomètres, au nom de la proximité avec le client, très importante pour eux. À preuve les livraisons qu’il effectue une fois par mois à Québec et Lévis, mais aussi sur la rive sud de Montréal. Et tout ça sans frais, à condition de commander pour au moins 35$. A l’écouter, ses efforts ne sont pas inutiles. «Les gens apprécient. Ce sont souvent les mêmes personnes, mais elles peuvent en parler à d’autres. » Le fameux bouche à oreille. Rien de tel pour donner de l’allant à une entreprise qui ne demande qu’à s’émanciper sans trahir ses convictions.