Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le développement résidentiel bat son plein dans la MRC d’Acton, notamment dans la rue du Notaire, à Upton (photo).
Le développement résidentiel bat son plein dans la MRC d’Acton, notamment dans la rue du Notaire, à Upton (photo).

Boom de la construction résidentielle dans Acton

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
La MRC d’Acton fait belle figure au chapitre de la construction résidentielle en 2020 et la présente année s’annonce tout aussi prometteuse.

« Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu des chiffres aussi intéressants », indique Serge Dupont, directeur général adjoint et directeur du service de l’aménagement à la MRC d’Acton.

Les investissements résidentiels ont connu un bond de 35 % en 2020, et ce, bien que les investissements totaux soient en diminution depuis deux ans. Une réalité que M. Dupont attribue à une demande croissante et à l’attractivité de la région.

« On a les avantages de la campagne avec les bénéfices des villes, en étant pas loin des trois pôles urbains que sont Granby, Saint-Hyacinthe et Drummondville, dit-il. On a aussi Internet haute vitesse à peu près partout et c’est tranquille pour ceux qui télétravaillent. »

Cette attraction se constate dans toutes les municipalités de la MRC, dit M. Dupont, bien que le manque de nouveaux terrains soit un enjeu pour Béthanie, Sainte-Christine et Saint-Nazaire-d’Acton. « Sinon, il y a des terrains disponibles un peu partout. »

Il y a trois ans, il s’est investi 48 M$ dans tous les secteurs de la MRC d’Acton (résidentiel, commercial, agricole, industriel et institutionnel), une somme qui a baissé à 40 M$ l’an dernier.

Une année « exceptionnelle »

Pour le résidentiel, toutefois, on est passé de 17 M$ d’investissements, en 2018, à 26 M$ deux ans plus tard, « une année exceptionnelle, mais pas record », dit Serge Dupont. Le secteur commercial a aussi connu une bonne année, après une année 2019 évidemment beaucoup plus tranquille que d’habitude.

« Normalement, il y a de 20 à 35 nouveaux logements par année, et en 2020 il s’en est construit 76, dit directeur général adjoint à la MRC d’Acton. C’est la meilleure année depuis 1996, et 2021 part sur les chapeaux de roue. » Le directeur général adjoint estime que « des gens avec plus de moyens reviennent dans leur patelin », bien qu’il n’ait pas de statistique précise à ce sujet.

Or, toutes ces constructions n’équivalent pas à une meilleure accessibilité aux habitations, reconnaît M. Dupont. « Il y a un problème de logements locatifs sur notre territoire pour les travailleurs et les personnes à revenu modeste. Il y a un écart entre les besoins et ce qui se construit. Cela dit, le prix des maisons demeure relativement abordable chez nous. »

Une réalité qui sera abordée par la MRC d’Acton lors de l’élaboration de son Plan de lutte à la pauvreté et à l’exclusion, en mai.

+

ACTON N'ÉCHAPPE PAS À LA PÉNURIE DE LOGEMENTS

« La pandémie a changé le portrait de beaucoup de choses. »

Conseillère au développement social à la MRC d’Acton, Claire Raymond est bien au fait de la réalité locale en matière de logements. Et elle confirme que, comme ailleurs au Québec et en Montérégie, la hausse des prix et la rareté des habitations posent problème.

« Des gens se sont retrouvés sans logement l’an dernier », fait-elle remarquer. Le même phénomène risque de se reproduire avec encore plus d’acuité cette année.

C’est pourquoi la MRC d’Acton a mis sur pied un plan de lutte à la pauvreté et à l’exclusion sociale visant, entre autres, à trouver des solutions à la crise du logement. Plusieurs acteurs incluant l’Office municipal d’habitation, la MRC, les municipalités, des constructeurs et « idéalement, des locataires » participeront à l’exercice, en mai.

« Il faut penser à l’extérieur de la boîte, dit Mme Raymond. On va essayer de trouver des solutions. »

La conseillère au développement social reconnaît qu’en matière de hausse des prix, « on n’a aucun pouvoir là-dessus ». Mais la région pourrait réclamer davantage de logements sociaux. Ou encore s’entendre avec le privé pour qu’une partie de leurs logements soit réservée aux gens à faible revenu, avec un pourcentage du loyer défrayé par l’État.

« On va d’abord faire le portrait du logement et de l’habitation dans la MRC d’Acton, dit Mme Raymond. Est-ce qu’on a du pouvoir là-dessus ? Et si oui, qu’est-ce qu’on fait ? On ne veut pas que notre population s’en aille ailleurs. »

À l’Office municipal d’habitation des Maskoutains et d’Acton, on indique ne pas avoir de données sur la situation du logement dans la MRC d’Acton. PASCAL FAUCHER