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Claire Raymond, conseillère en développement social à la MRC d’Acton
Claire Raymond, conseillère en développement social à la MRC d’Acton

Acton s’attaque à la pauvreté et à l’exclusion sociale

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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La pauvreté et l’exclusion sociale ont plusieurs facettes. La MRC d’Acton élabore donc un plan d’action sur plusieurs fronts pour s’attaquer aux sources du problème. L’initiative s’échelonnera jusqu’en 2023. Une enveloppe avoisinant 300 000 $ a été consentie au projet par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Le plan s’articule autour de quatre grands chantiers : la sécurité alimentaire, l’habitation, principalement le logement abordable, la prévention du décrochage scolaire et l’insertion socioprofessionnelle.

L’initiative globale de lutte à la pauvreté a été mise en branle en 2019. La pandémie a toutefois freiné sa progression.

Sécurité alimentaire

Les membres du comité qui chapeaute les projets, assujettis à l’aval du conseil des maires de la MRC pour être ensuite être acceptés par la table de concertation régionale de la Montérégie, en sont à leur troisième rencontre au sujet de la sécurité alimentaire. « On privilégie des projets qui comportent un ensemble de mesures qui permettent concrètement de lutter contre la pauvreté. On doit se mettre une cible pour que dans deux, cinq ou dix ans, on ait un impact sur le nombre de personnes en situation vulnérable », indique la conseillère en développement social à la MRC, Claire Raymond.

À titre d’exemple, un dépannage alimentaire est un déterminant individuel, tandis que le fait de mettre en place un marché communautaire s’arrime davantage à la collectivité. « En sécurité alimentaire, le rapprochement entre les organismes communautaires et agroalimentaires est très important », mentionne Mme Raymond.

Les kiosques à la ferme sont par ailleurs bien ancrés dans plusieurs milieux. Le marché public de Sainte-Christine est aussi bien enraciné.

Jusqu’ici, le comité a dressé un portrait de la situation dans la MRC concernant les ressources disponibles. « Il restera à trouver de nouvelles pistes et à arrimer tout ça ensemble », prévoit la conseillère en développement social.

Parmi ces constats, notons que « la MRC et certaines municipalités ont mis en place des initiatives ayant un impact structurel et collectif. » Par ailleurs, deux municipalités n’ont pas d’épicerie, soit Béthanie et Sainte-Christine, tandis que Saint-Théodore-d’Acton et Saint-Nazaire-d’Acton ont « une offre peu diversifiée ».

Habitation

Le comité doit se pencher sur le dossier des logements abordables à la fin mai. La première étape consistera à avoir un portrait de l’habitation dans la MRC. « Est-ce qu’on a des résidences pour personnes âgées en nombre suffisant ? A-t-on des logements sociaux ? Quels types de logements retrouve-t-on sur le territoire et à quel prix ? Si tu prends plus de 30 % de tes revenus pour payer ton loyer et ton électricité, tu dois couper quelque part. C’est le genre de chose qui a un impact direct sur la pauvreté », fait valoir Mme Raymond.

« On doit aussi se questionner à savoir s’il y a une volonté d’investir dans des logements sociaux », ajoute-t-elle.

Décrochage scolaire

À ce jour, le comité a tenu deux rencontres portant sur le décrochage scolaire. « On est en train de faire un portrait de ce qui se fait en réussite éducative et pour la persévérance scolaire. On part aussi du constat du ministère de l’Éducation, que c’est avant tout le milieu qui peut s’attaquer à ce problème. C’est là-dessus qu’on veut travailler pour trouver des solutions », a expliqué Mme Raymond.

Par exemple, on note un grand problème langagier chez les 0-5 ans dans la MRC. « Dans ce cas précis, c’est un travail à plus long terme. On doit s’assurer que les enfants n’aient pas de problème de ce type quand ils arrivent à la maternelle », a mentionné la représentante de la MRC.

À ce chapitre, les statistiques (2015-2016) révèlent que la MRC d’Acton est la quatrième à travers l’ensemble du Québec, qui en compte 103, en ce qui concerne la déficience langagière chez les jeunes.

De plus, environ 30 % de la population de la MRC n’a pas de diplômes (secondaire ou autre). « Dans certains quartiers, ça monte même à 35 %. C’est donc urgent que l’on mette des projets en place pour lutter contre ce vaste problème », a souligné Claire Raymond.

Insertion socioprofessionnelle

Le domaine de l’insertion socioprofessionnelle est directement lié à la réussite scolaire. « Moins on aura de personnes qui n’ont pas leur diplôme de cinquième secondaire, en principe, on devrait travailler un peu moins fort au niveau de l’insertion », a résumé Mme Raymond.

Dans la MRC d’Acton, le revenu annuel est près de 20 000 $ de moins que le revenu médian ailleurs en Montérégie, a spécifié Mme Raymond. « C’est évident que l’on veut attirer de la main-d’œuvre ici, a dit la conseillère au développement social. Mais, si les salaires sont trop bas, les gens iront ailleurs. Et c’est le premier critère de la lutte à la pauvreté. On doit s’attaquer au problème à la source. »

Le comité devrait commencer à trouver des pistes de solutions à partir de la mi-mai. Parmi celles-ci, notons la formation des travailleurs en entreprise.