Les propriétaires du vignoble, Véronique Hupin et Michael Marler.

Vignoble Les Pervenches: la belle aventure... biologique

Il fallait être un peu fous pour se lancer dans un projet aussi audacieux que l’achat d’un vignoble en 2000. C’est pourtant le pari qu’ont sciemment fait Véronique Hupin et Michael Marler. Presque deux décennies plus tard, ni elle ni lui ne regrettent d’avoir plongé tête première dans l’aventure.

Il faut dire que les propriétaires du Vignoble Les Pervenches avaient tous deux les prédispositions nécessaires. Véronique habitait sur une ferme et Michael étudiait en agroéconomie. «Je savais, très tôt dans ma vie, que je voulais faire ça», affirme-t-il, en précisant que sa conjointe détient pour sa part une maîtrise en administration des affaires. C’est un échange en France, en 1995, parsemé de visites de vignobles, qui a allumé leur passion pour la viticulture. «En revenant, on a décidé d’en avoir un.»

Et malgré tout ce que cela impliquait d’investissements, de travail et de courage, le jeune couple ne s’est pas laissé distraire de son projet. «On s’est dit que si les autres étaient capables, nous l’étions aussi. Après tout, on était travaillants et moyennement intelligents!» lance Michael en riant.

Portés par un solide entourage, les deux ont signé... et persisté. «On n’aurait jamais cru avoir autant de plaisir et de fierté dans notre travail», ajoute-t-il.

Fervents du Bio
Considéré comme un vignoble de petite taille, Les Pervenches exploite quatre hectares, dont 1,2 de jeunes vignes. Sur la terre du chemin Boulais croissent du chardonnay, du seyval, du pinot noir, du zweigelt et du pinot gris selon les principes de l’agriculture biologique et biodynamique, et ce, depuis 2005. Environ 17 000 bouteilles sortent de ses cuves chaque année, en neuf produits.


« On veut la perfection dans ce qu’on fait. Véronique et moi, on court après la qualité et la satisfaction personnelle. »
Michael Marler
Les choses vont tellement bien au vignoble Les Pervenches que celui-ci n’est même plus ouvert au grand public. Son inventaire est déjà épuisé. Les clients se l’arrachent.

«En biodynamie, il y a une réflexion globale sur la culture, sur le sol. Il faut avoir l’esprit ouvert et utiliser les forces de la nature comme un pont pour aller plus loin. J’aime ça!», laisse entendre le Farnhamien, dont l’équipe travaille avec les cycles de la Lune, notamment.

Natures, les vins des Pervenches ne comptent que le jus des raisins, sans aucun ajout. «Nos vins vieillissent bien, mais différemment», tient-il à préciser.

Rupture d’inventaire
En fait, les choses vont tellement bien que le vignoble n’est même plus ouvert au grand public, car son inventaire est déjà épuisé. Les clients se l’arrachent.

«C’est la deuxième année que tout est réservé avant même l’embouteillage. On a plus de demandes que de vin...», fait remarquer M. Marler, en précisant qu’une petite portion est offerte en épicerie. Et non, ne cherchez pas leur vin à la SAQ.

Pourquoi une telle popularité, est-on tenté de demander. «Parce qu’on est là depuis longtemps et qu’on a des produits mondialement reconnus. Véronique et moi sommes des vignerons guidés par la fierté. On fait des vins de qualité et on n’est pas gênés d’aller en France avec nos produits. On ne veut pas être victimes de notre climat. On a toujours eu cette mentalité.»

«Ici, on traite nos vignes comme s’il s’agissait du plus grand terroir du monde.»

Et malgré la forte demande, le tandem n’a pas l’intention de prendre de l’expansion. «On pourrait grandir, mais on décide de ne pas le faire. On aurait un peu peur de perdre la main sur notre production», explique M. Marler. Pas question, dit-il, de répondre à la pression du marché en négligeant la qualité du produit.

«On veut la perfection dans ce qu’on fait. Véronique et moi, on court après la qualité et la satisfaction personnelle.»