Les élus de Farnham veulent que le développement résidentiel cadre avec leur vision axée sur l’environnement.

Une vision axée sur l’environnement

Farnham a le vent dans les voiles au chapitre de la construction résidentielle. Soucieux d’assurer une saine gestion du développement, où l’environnement est au cœur de leurs préoccupations, les élus veulent mettre de l’avant une vision immobilière qui pourrait même mener à l’aménagement d’un quartier écoresponsable.

« Dans tout ce développement, on ne veut pas faire grand, on veut faire beau, explique le maire de Farnham, Patrick Melchior. Le maître mot c’est l’environnement. C’est la beauté physique. Ce qui attire l’œil attire le reste. On veut que les gens fassent ‘Wow !’ en arrivant à Farnham. »

La Ville est en plein essor dans le domaine de la construction. Au cours des sept premiers mois de 2019, 63 permis, d’une valeur de 19,3 millions de dollars, ont été délivrés. Un record a d’ailleurs été fracassé en 2018 avec l’émission de 1012 permis de construction et de rénovation dont la valeur dépasse les 30 millions de dollars. Un nouveau record est donc en voie d’être enregistré cette année.

Différents secteurs sont toujours disponibles pour la construction résidentielle. La Ville veut toutefois se tourner davantage vers des habitations unifamiliales. « Il y a eu beaucoup de multiplex et je pense que notre parc de multiplex est bien rempli. On ne lui tourne pas le dos, mais on veut un équilibre. On veut qu’il y ait de tout pour tous », précise le maire.

Environnement

Au-delà du type d’habitation qu’envisagent les promoteurs, précise le maire, les projets doivent cadrer dans un « Farnham vert ».

« Notre développement, on veut qu’il rime avec environnement, poursuit-il. Si les promoteurs viennent à Farnham, ils savent que pour nous, l’environnement c’est important et qu’il faudra travailler de concert. Quand les gens vont se faire construire, ils vont vouloir de plus en plus avoir du vert autour de leur propriété. On veut avoir l’accessibilité à tous les services, mais dans un milieu qui permet un lien constant avec la nature. »

La Ville est d’ailleurs plus stricte quant au couvert forestier qui doit être préservé lors de constructions. « Quand on reçoit un projet d’une série d’immeubles et qu’ils nous rasent tout le couvert forestier, il y a des cloches qui sonnent. On se demande s’il n’y a pas moyen de réaménager ça en conservant du couvert forestier. Ce n’est pas de la mauvaise volonté », estime Yves Deslongchamps, directeur général de la Ville de Farnham.

Certains promoteurs ont d’ailleurs dû retourner à leur table à dessin pour présenter un plan qui cadre mieux avec la volonté de la Ville. « On l’a vu dans deux projets en particulier et, quand ils sont revenus, c’était parfait », explique M. Deslongchamps. « Il y a moyen de respecter la nature. Il faut garder notre verdure le plus possible », renchérit le maire.

Le travail du comité consultatif d’urbanisme (CCU) de la Ville de Farnham — composé des conseillères municipales Sylvie Ouellette et Nathalie Dépeault, de l’inspectrice séniore Amélie Bergeron, et de cinq citoyens — est d’ailleurs primordial à ce chapitre. Celui-ci a pour mission d’analyser les demandes de dérogation mineure et celles présentées dans le cadre du Plan d’implantation et d’intégration architectural. Les citoyens peuvent même se présenter pour expliquer l’essence de leur demande.

Le comité émet ensuite ses recommandations aux élus à qui revient la décision finale. Seulement 4 % des recommandations sont renversées bon an, mal an à Farnham.
« Le CCU prend une direction verte, à l’image de la Ville, des élus et de l’administration », dit le maire.

Quartier écoresponsable

Récupération du verre, ajout de bornes de recharge électrique pour les véhicules, fontaines d’eau dans les parcs, élimination des bouteilles d’eau en plastique à l’hôtel de ville et disparition des sacs en plastique dans les épiceries sont parmi les gestes « verts » posés par les élus municipaux à ce jour.

La Ville planche maintenant sur l’aménagement d’un quartier écoresponsable, ce qui semble s’inscrire dans la suite logique des choses.

« On veut définir ce qu’on veut, dit d’entrée de jeu le maire. Est-ce que ça peut-être des maisons de ville qui vont se partager la géothermie ? Des toits verts ? Des mini-éoliennes ? »

Le service de la planification et de l’aménagement du territoire a été mandaté pour explorer les projets qui ont bien fonctionné dans d’autres villes au Québec. « On veut importer les bonnes pratiques, ce qui a fonctionné », précise M. Deslongchamps.