Au plus fort de sa production, l’usine de Farnham pourrait permettre une production annuelle de plus de 100 000 kilos de cannabis, à raison de cinq récoltes par année.

Cannara Biotech s'implante à Farnham

Farnham, capitale canadienne du pot ? Ce n’est pas impossible avec le démarrage prochain des activités de l’usine de production de cannabis de Cannara Biotech. Rappelons que l’entreprise, qui ne cache pas son ambition de devenir un chef de file nord-américain dans le domaine, maintenant que la consommation de cette drogue douce est légalisée, a choisi Farnham, dans Brome-Missisquoi, pour s’établir dans la belle province.

C’est en juin 2018 que Cannara Biotech a annoncé son implantation à Farnham, avec l’acquisition de l’ancienne usine de Beaulieu Canada dans le parc industriel. La compagnie s’est intéressée à des installations situées à Trois-Rivières, Magog, Belœil et Sorel, avant de jeter son dévolu sur l’usine de Farnham, qui offrait les meilleures perspectives, notamment en raison de sa superficie, de sa proximité avec l’autoroute 10 pour se rendre à Montréal, et de la présence d’un poste hydroélectrique tout près.

Avec une installation dont la superficie est de 625 000 pieds carrés, Cannara Biotech pourra se targuer de posséder la plus grande usine de cannabis intérieure du Québec et une des plus imposantes au Canada. Pour sa phase un, qui démarrera d’ici la fin de l’année, seulement 170 000 pieds carrés seront exploités ; ce faisant, l’entreprise loue actuellement une partie de son immeuble à la multinationale IKEA, pour des fins d’entreposage, et une autre à la firme de cryptomonnaie Bitfarms/Onyx.

Préproduction à l’automne

En mars dernier, l’entreprise indiquait que les travaux de construction de l’usine seraient exécutés cet été afin de lancer la phase de culture hydroponique expérimentale (préproduction) au mois de septembre, ou en octobre au plus tard.

Le jeudi 10 septembre, l’entreprise a tenu une journée portes ouvertes et une foire de l’emploi pour recruter des talents locaux.

Cela décale un peu le lancement des activités de l’usine, notamment parce que l’ajout d’une section dédiée à la recherche et au développement a pris plus de temps que prévu initialement.

Les résultats des tests de contrôle, qui seront réalisés sur place dans quelques semaines, seront par la suite envoyés à Santé Canada pour approbation. Dès que l’aval du ministère fédéral de la Santé sera obtenu, quelques mois de plus seront nécessaires pour obtenir le permis permettant à l’entreprise de vendre ses produits à d’autres producteurs et distributeurs licenciés.

Le président et chef de la direction de Cannara Biotech, Zohar Krivorot, et le maire de Farnham, Patrick Melchior, lors de l’annonce de l’achat des anciens locaux de Beaulieu Canada, en juin 2018.

Néanmoins, les travailleurs de l’usine ont tout mis en œuvre afin que les lieux soient fins prêts à accueillir leurs premiers visiteurs, le 10 septembre. Cette journée-là, l’entreprise a tenu une journée portes ouvertes et une foire de l’emploi pour recruter des talents locaux. De nombreux postes sont à pourvoir immédiatement.

Au total, plus de 300 emplois en cultivation, laboratoire, sécurité et en entretien seront créés à terme par la compagnie, qui aura investi pas moins 55 millions $ dans l’aventure.

Vaste gamme de produits

Cannara Biotech voit grand. En plus de viser le marché canadien, qui a une valeur estimée à sept milliards de dollars, elle a les États-Unis dans la mire. Le marché américain représente un potentiel de 50 milliards de dollars duquel l’entreprise compte bien obtenir une part.

Au plus fort de sa production, l’usine de Farnham pourrait permettre une production annuelle de plus de 100 000 kilos de cannabis, à raison de cinq récoltes par année, et l’extraction de cannabis. Sa première phase permettra une production de 20 000 kilogrammes de cannabis, à laquelle s’ajouteront 25 000 kg l’an prochain, et 55 000 l’année suivante, au fur et à mesure que l’installation sera aménagée pour ce faire.

Outre du cannabis récréatif et médical, une variété de produits destinés au marché nord-américain pourront y être fabriqués.

Selon le président et chef de la direction de Cannara Biotech, Zohar Krivorot, le vapotage pourrait devenir la manière la plus courante de consommer le cannabis. En 2018, celui-ci prédisait que « d’ici trois ou quatre ans, le fait de fumer le cannabis serait perçu comme étant ‘‘old school’’. »

En tout, sept marques de produits à base de cannabis sont enregistrées par la bannière Cannara Biotech, soient les huiles Nativa, les produits comestibles Gummyz et Cannabar, les boissons Liquid CBD, les produits médicinaux Earth Magic et Floragel, de même que Pet Leaf, une gamme de produits destinée aux animaux de compagnie.

En avril dernier, il a été annoncé que Cannara Biotech avait signé une lettre d’intention avec une microbrasserie québécoise afin de développer une gamme de boissons infusées aux cannabinoïdes. On a également appris que l’entreprise perçait le marché du chanvre américain grâce à la plateforme de commerce électronique shopcbd.com.