L’implication des membres d’Ansanm Québec-Haïti remonte au séisme qui a durement touché le pays, en 2010. Sur la photo, trois des quatre membres du conseil d’administration: Patrick Melchior, Serge Rosselet et André Claveau.

Ansanm Québec -Haïti: la générosité de Farnhamiens

Changer la vie d’une personne en lui donnant l’opportunité d’étudier ou de lancer son entreprise pour subvenir aux besoins de sa famille. Grâce à l’implication d’une poignée de bénévoles de l’organisme Ansanm Québec-Haïti, qui a pignon sur rue à Farnham, des dizaines de personnes d’un petit village haïtien ont eu la chance de recevoir ce genre de coup de pouce inespéré.

Construction d’un orphelinat à Grand-Goâve, un village situé à 60 kilomètres de la capitale du pays, dons de machines à coudre, d’équipements médicaux, de fournitures scolaires et de vélos, et financement de microcrédit. Le travail accompli par les membres d’Ansanm Québec-Haïti au cours des dernières années est colossal.

Né du désir d’aider le peuple haïtien à la suite du tremblement de terre meurtrier survenu en 2010, le groupe composé de bénévoles ne cesse de faire des pieds et des mains pour amasser l’argent nécessaire à la réalisation de projets qui changent assurément des vies dans ce pays durement éprouvé.

« On n’a pas la prétention de vouloir changer Haïti, mais si on change la vie de sept, huit ou dix personnes, on l’aura fait, indique André Claveau, l’un des membres du conseil d’administration d’Ansanm Québec-Haïti. On a payé des études en génie civil. On a payé les frais de scolarité pour une fille en technique de recherche médicale... »

Projets
Deux projets sont actuellement réalisés à Haïti : le parrainage d’écoliers et le microcrédit. Chaque année, Ansanm Québec-Haïti, affilié à l’organisme Action Haïti de Saint-Jean-sur-Richelieu, parraine quelques enfants en déboursant les frais de scolarité, à raison de 350 $ américains par enfant annuellement. Une somme qui freine souvent la poursuite des études de ces jeunes.


«  On n’a pas la prétention de vouloir changer Haïti, mais si on change la vie de sept, huit ou dix personnes, on l’aura fait  »
André Claveau

Les membres contribuent également à un projet qui vient en aide aux femmes qui désirent devenir leur propre patron. Du microcrédit leur est offert, c’est-à-dire un prêt maximal de 100 $, pour fonder leur entreprise de couture ou d’artisanat, par exemple.

Les bénéficiaires disposent de six mois pour rembourser leur prêt à un faible taux d’intérêt. Elles peuvent ensuite, si le besoin l’exige, formuler une nouvelle demande d’emprunt pour faire grandir leur entreprise.

Certains membres d’Ansanm Québec-Haïti, dont Serge Rosselet et Patrick Melchior, envisagent de se rendre à Haïti en novembre. Un voyage qui va assurément les inspirer. « Ça change notre vie, affirme M. Rosselet. Les gens qui vont une fois à Port-au-Prince ne reviennent pas indemnes. »

« Il faut y aller au moins une fois pour avoir ce ressenti : l’odeur, la vision. On a tous été contaminés, touchés », poursuit M. Melchior.

Activités de financement
Afin de réaliser ces projets outre-mer, deux activités principales de financement sont organisées annuellement par les bénévoles d’Ansanm Québec-Haïti. Leur traditionnel dîner créole sera de retour le dimanche 23 septembre, dès 11 h 30, au Marché de la Station Gourmande de Farnham. « Ce qui est intéressant, c’est que ce sont des Haïtiens qui cuisinent le repas », dit M. Melchior.

Une conférence sur Haïti et un encan s’ajoutent à la programmation de l’événement dont le coût est de 40 $ par adulte et 20 $ pour les étudiants. Un reçu d’impôt est remis. Puis, au printemps, une activité culturelle où la culture haïtienne est mise en valeur est organisée.

Chaque année, l’organisme amasse environ 6000 $. Il souhaite bonifier cette somme à 10 000 $ afin de soutenir un plus grand nombre d’Haïtiens.

« On ne changera pas le visage d’Haïti, mais ce qu’on change dans le pays, c’est la vie de quelques personnes et je pense que c’est la façon la plus probante d’agir dans un pays comme celui-là, parce que c’est du direct », termine M. Melchior.