La Cowansvilloise Pauline Lavigne est passée maître dans l’art de l’hybridation d’hémérocalles.

Une passion devenue emblème floral

Les hémérocalles hybrides créées par la Cowansvilloise Pauline Lavigne rayonnent au Québec, et même aux États-Unis. L’une d’elles, La Surprenante, a désormais une résonnance toute spéciale à Cowansville: elle en est devenue l’emblème floral.

«Le premier plant sera mis en terre à l’hôtel de ville. Éventuellement, on en mettra aussi ailleurs en ville», affirme la mairesse, Sylvie Beauregard.

Selon elle, ce sont les élus qui ont ainsi baptisé cette variété d’hémérocalles choisie et offerte par le club d’horticulture local. Ils ont opté pour l’appellation La Surprenante afin de faire un lien avec la campagne promotionnelle «Cowansville, surprenante». Des publicités ont été diffusées, dans le cadre de cette campagne, durant la télésérie L’Heure bleue, dont certaines scènes sont tournées à Cowansville.

«Fière» de cette reconnaissance, Pauline Lavigne estime qu’il s’agit d’un nom approprié pour cette variété toute en hauteur qui produit de jolies fleurs blanches avec un œil et une bordure pourpre. «Elle est visible de loin», fait-elle valoir dans un sourire.

À ce jour, l’horticultrice a fait enregistrer une dizaine de ses créations auprès de la American Hemerocallis Society (AHS). La Surprenante, fruit du croisement entre Always Afternoon et Canadian Border Patrol, sera ajoutée au lot cette année, dit celle pour qui l’hybridation est pratiquement devenue un jeu.

Un jeu qui a d’ailleurs des allures de cadeaux en période de floraison estivale. «C’est comme Noël tous les matins parce que c’est la première fois dans le monde qu’on peut voir les fleurs (des hybrides testées). L’été, je suis dans le jardin à 5h30», lance-t-elle.

La Surprenante, avec ses fleurs blanches et son œil pourpre.

Patience
Bon an, mal an, Pauline Lavigne dit démarrer quelque 200 semis d’hybridation. Dans le lot, un ou deux «mariages» de variétés offrent des résultats suffisamment concluants pour être enregistrés auprès de l’AHS, soit avec un plant en santé et des fleurs attrayantes. Les autres finissent au compost, dit-elle.

Détail: les noms que cette native du Pays de Galles qui a grandi à Farnham donne à ses fleurs sont représentatifs de ses racines anglophones et francophones. Le préfixe Townships est ainsi toujours jumelé à une appellation en français, dont Crème anglaise, Beau geste, Sorbet, Mystère, Coquette, Framboises et mûres.

Cela fait près d’une vingtaine d’années que Mme Lavigne s’est prise de passion pour l’hybridation d’hémérocalles. Elle s’est notamment lancée dans l’aventure, car certaines variétés aux couleurs variées qu’elle voyait dans les catalogues américains présentaient des coûts de livraison très élevés.

Membre de différentes sociétés d’horticulture, elle a néanmoins pu effectuer des achats groupés et se constituer un «stock de base» pour commencer ses expériences. Elle a aussi effectué des achats avec le Cowansvillois Howard Hackwell, qui partageait sa passion des fleurs.

Si le résultat est toujours une surprise, Pauline Lavigne affirme choisir avec soin les «parents» de ses hybrides, selon leur taille, la couleur et le diamètre des fleurs, etc. L’hybridation lui a d’ailleurs appris à faire preuve de patience, surtout lors des premières années. «Ça prend deux, trois ans, des fois quatre, avant d’avoir les premières fleurs», dit-elle.

Partage
Quelques-unes des hémérocalles hybrides créées par Pauline Lavigne sont vendues dans un centre de jardinage spécialisé dans la culture d’hémérocalles à Saint-Édouard-de Lotbinière, tandis que d’autres sont offertes dans quelques points de vente aux États-Unis ou acheminées par la poste ailleurs au Canada.

L’horticultrice prolifique partage par ailleurs sa passion avec plusieurs amies. Elle dit aimer l’échange d’idées et de plantes que cet intérêt entraîne. Présente sur Facebook, Pauline Lavigne aime présenter ses découvertes, ainsi que les beautés fleuries du jour dans son jardin personnel. Celui-ci regorge évidemment d’hémérocalles — plus de 500 cultivars —, mais aussi d’hostas, de pivoines, de primevères, de pavots, etc.

À l’origine, c’est dans un potager que Mme Lavigne a apprivoisé le travail de la terre. Là aussi, elle aimait sortir des sentiers battus et tester des variétés de légumes moins communes, mais son intérêt pour les fleurs a fini par l’emporter. Seuls quelques plants de tomates et de rhubarbe ont conservé leur place dans cet éden coloré.