Voici un aperçu de ce à quoi que les deux logements pourraient ressembler.

Un chez-soi sur mesure

Sortir de l’auto, monter un escalier, se déplacer dans son logement et faire la cuisine. Le quotidien est rempli de gestes simples et automatiques… quand tout va bien côté mobilité. C’est une tout autre histoire pour les personnes handicapées physiquement. Voilà pourquoi l’organisme à but non lucratif Han-Logement construit des logements adaptés un peu partout au Québec. Et les prochains immeubles du genre seront implantés à Cowansville.

C’est officiel : huit logements adaptés pour personnes handicapées seront aménagés au centre-ville de Cowansville. « Il y aura deux immeubles de quatre logements chacun. Ce sont des grands 1 ½ avec une aire de circulation de 700 pieds carrés. C’est l’équivalent de 4 ½, mais ouverts, pour faciliter les déplacements. Si on est chanceux et que tout va bien, ça devrait être prêt le 1er juillet 2019 », annonce Paul Champagne, directeur général de Han-Logement.

Des pourparlers avaient lieu depuis un an. Le projet s’est enfin officialisé il y a environ un mois. Sa mise en place a nécessité une importante coordination entre différents intervenants: la Ville participe en fournissant les terrains et de grands donateurs (Caisse Desjardins, Investissement Québec et Fonds Immobilier FTQ) financent la construction des bâtiments par Han-Logement. L’Association de personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi (APHPBM) est également impliquée. «On est des experts en constructions de ce genre, mais on ne connaît pas les gens handicapés de Cowansville. On avait besoin de [l’APHPBM] pour nous conseiller sur leurs besoins. C’est aussi à elle de s’occuper de la réservation des places», explique M. Champagne.

Des collaborateurs ravis
Par ailleurs, le directeur de Han-Logement ne manque pas de bons mots pour les différents intervenants de Cowansville. « Nous, on est un OBNL. On arrive avec les fonds, mais on doit travailler avec les gens du milieu. Ça prend des gens locaux très impliqués. On n’a jamais eu une belle collaboration comme celle que nous vivons avec les gens de Cowansville, autant avec l’association locale qu’avec le fonctionnaire en urbanisme et la mairie – l’ancien maire et la nouvelle mairesse! Dès que de l’intérêt a été démontré, on s’est tous rencontrés en peu de temps. C’était très rapide. Ils ont vraiment écouté nos besoins. »

« On est allés de l’avant rapidement, parce que c’était rassurant pour nous de voir sa solidité [à l’organisme], étant donné que les promoteurs ont fait leurs preuves ailleurs», a souligné la mairesse, Sylvie Beauregard.

Han-Logement a, en effet, déjà implanté plusieurs logements adaptés à Magog et Sherbrooke. D’autres constructions sont actuellement lancées.

« On est très contents que l’organisme ait choisi Cowansville. Et c’était d’autant plus intéressant, car [l’APHPBM] est partie prenante du projet. Ça assure donc que ça répondra aux besoins de la ville », ajoute la mairesse.

« Ce qu’on dit toujours entre nous, c’est que le principal défi est de rentrer quelque part. Il faut avoir accès aux commerces et services de manière sécuritaire. C’est une question de dignité!», énonce Louise Gagnon-Lessard, coordonnatrice aux dossiers d’accessibilité universelle à l’APHPBM. Elle se réjouit donc de l’ouverture des gens de la région et de l’augmentation du nombre d’endroits désormais accessibles à tous.

Du côté de la Ville, on considère que l’implantation des logements adaptés au centre-ville profitera aux citoyens tout en s’harmonisant parfaitement avec les stratégies de développement de Cowansville.

« Ça permet de satisfaire les personnes à mobilité réduite, qui seront alors près des restaurants, des potagers, de la bibliothèque… mais c’est aussi un plus pour le centre-ville», affirme Mme Beauregard.

M. Ricard, directeur du service de l’aménagement urbain et de l’environnement, partage également ce point de vue. « Ça va permettre de redynamiser le centre-ville, de démontrer que c’est une place intéressante à habiter et pas juste un endroit où magasiner », précise-t-il. En ajoutant à cela l’aspect d’inclusion sociale, selon lui, c’est de faire « d’une pierre deux coups .»