Quelques scènes de L’Heure bleue ont été tournées lors du dernier marché public de l’été dernier, qui avait été déplacé pour l’occasion au parc Davignon.

L'Heure bleue: Cowansville, un choix naturel

Après Granby, c’est au tour de Cowansville de goûter à la visibilité qu’apporte un téléroman. Même s’il est «trop tôt» pour mesurer les retombées qu’apporte L’Heure bleue à la Ville, les dirigeants s’entendent néanmoins pour dire que ce ne peut qu’être positif.

«Ça faisait partie de notre planification stratégique 2013-2018 que de développer le sentiment d’appartenance à la ville et d’accroître notre visibilité, fait remarquer Fanny Poisson. Parce qu’on est la ville-centre de Brome-Missisquoi, et parce qu’on a accru notre population de 1 000 habitants l’an dernier, ce qui n’est pas rien pour une municipalité d’un peu plus de 13 000 habitants.»

«On peut dire qu’on a fait d’une pierre deux coups avec L’Heure bleue, puisque les citoyens ici sont fiers, et on a déjà des réponses positives au niveau des différents projets de construction qu’on a mis en branle», poursuit la responsable des communications à la Ville.

Le nouveau téléroman de Michel D’Astous et Anne Boyer est en ondes depuis l’hiver 2017. Il rallie plus d’un million de téléspectateurs chaque semaine, faisant de lui l’une des dix émissions les plus regardées sur le réseau TVA. Récemment, il a même remporté la Silver World Medal au New York Festival Awards - TV & film Awards.

Une bonne partie de l’action de L’Heure bleue se déroule à Cowansville, une des protagonistes, Anne-Sophie (Céline Bonnier) ayant quitté cette petite ville des Cantons-de-l’Est pour s’établir à Montréal, laissant derrière elle ses proches à la suite au décès tragique de son fils.

Cowansville, un choix naturel
Comme ils l’avaient fait pour Yamaska, qui prenait racine à Granby, les auteurs de L’Heure bleue ont décidé de situer leur nouvelle histoire en région. Tous deux résidants des Cantons-de-l’Est, il leur a été naturel de choisir une autre ville qu’ils connaissent bien.

«On a des maisons de campagne, Michel et moi, dans la région. Et puis, en fait, on voulait que notre personnage principal parte de peut-être une heure, une heure et demie de Montréal. Puis, tant qu’à faire, pourquoi pas une ville qu’on fréquente nous-mêmes? Voilà, c’est pour ça. On voulait que cette femme-là parte d’une petite ville et qu’elle s’en vienne à Montréal. Donc on a choisi Cowansville, parce qu’on est tout près. Parce qu’on pense que ça ressemble à la ville qu’elle pourrait quitter», disait Anne Boyer à La Voix de l’Est il y a deux ans.

«On aurait pu choisir Saint-Jérôme ou Saint-Jean-sur-Richelieu, mais on ne connaît pas ces villes-là, a-t-elle réitéré un peu moins d’un an plus tard, après la diffusion des premiers épisodes. Granby, Cowansville, ce sont des villes où on va souvent, des lieux qu’on fréquente... Quand on écrit, on les a en tête. Le dépistage pour les tournages est en quelque sorte déjà fait quand vient le temps de tourner.»

La Ville participe d’ailleurs, d’une certaine façon, à ce dépistage, puisqu’elle est appelée à «donner des idées sur ce [qu’elle] veut mettre en évidence», fait valoir la mairesse Sylvie Beauregard. «On a suggéré le lac Davignon, le pont couvert, le marché public...», cite-t-elle en vrac.

Récemment, les élus ont à nouveau rencontré Mme Boyer et lui ont suggéré, notamment, la nouvelle piste de BMX au parc Pierre-Lussier. Reste à voir si la suggestion sera intégrée au tournage de la troisième saison, qui s’arrêtera à Cowansville dans les prochains jours.

Plusieurs commerçants approchent également les élus pour obtenir un petit coup de pouce niveau visibilité. «Mais il faut faire attention à ce que ça ne devienne pas non plus du placement de produit», fait valoir la mairesse.

Cette dernière précise qu’en plus de la campagne publicitaire «Cowansville, surprenante», diffusée depuis l’automne dernier lors de la diffusion de L’Heure bleue, la Ville investit 35 000$ par saison de l’émission. En argent et en effectifs, notamment pour fermer des rues lors des tournages.

Améliorer le sort des régions
Parlant de tournage, ils sont d’ailleurs beaucoup plus agréables en région qu’à Montréal, affirme le tandem de chez Duo Productions. Et c’est aussi une des raisons qui les a poussés à opter pour une petite ville de banlieue. «À Montréal, tout le monde est écœuré. On l’a d’ailleurs vu quand le Mile-End a décidé de suspendre les tournages sur son territoire. En région, c’est tout le contraire, on est accueillis à bras ouverts. Ça crée une ambiance très différente sur le plateau. Et ça change l’état d’esprit des comédiens.»

Pour Michel D’Astous et Anne Boyer, il est par ailleurs très important de dresser un portrait réaliste des régions. «On veut porter au petit écran le fait que vivre en région, ce n’est pas vivre en décalage et ce n’est surtout pas péjoratif, font-ils valoir. Il n’y a pas que des agriculteurs, et les citoyens ne sont pas démesurément surpris lorsqu’un ‘étranger’ arrive. On veut montrer le côté moderne des régions, sortir des clichés. C’est en quelque sorte pourquoi, dans Yamaska, on a fait de plusieurs personnages des travailleurs autonomes, et dans L’Heure bleue, des entrepreneurs.» Ce petit geste, aussi anodin puisse-t-il paraître, peut améliorer le sort des régions, croit le tandem Boyer-D’Astous.