Marie-Claude Tétreault et Rénald Cusson tiennent Bromont en art à bout de bras depuis 20 ans.

Toute une aventure

Il y a de ces histoires improbables qui passent l’épreuve du temps avec succès. En 2018, Bromont en art et le public célèbrent leurs « noces de porcelaine ». Une relation longue de 20 ans qui, à ses débuts, avait pourtant tous les airs d’une simple aventure d’un soir.

Tout le mérite de cette belle rencontre revient à la peintre Marie-Claude Tétreault et à son conjoint, Rénald Cusson. Ces deux passionnés d’art ont eu l’idée un peu folle de tenir un premier symposium à l’été 1999. « On venait d’emménager à Bromont. On ne connaissait pas grand monde. On a invité des amis peintres d’un peu partout pour une rencontre d’artistes sur notre terrain. Il y a eu 3 000 visiteurs. Il y avait du monde partout ! », raconte Mme Tétreault, comme si elle n’y croyait pas encore.


«  Il y a de l’amour et de la couleur partout durant cette fin de semaine.  »
Réal Cusson et Marie-Claude Tétreault

Difficile de faire mieux pour s’intégrer à son nouveau milieu. « C’était comme une grosse fête de famille, super conviviale. On n’avait pas fait beaucoup de promotion ; on n’avait pas de budget. Je me rappelle, ça m’avait coûté 2 000 $ de ma poche », ajoute M. Cusson.

Ce qui devait être un simple week-end entre amis a donc pris une tournure insoupçonnée. « On n’avait aucune vision à long terme. Mais quand on se réveillait le matin, il y avait tellement d’amour qui émergeait de notre terrain, c’était extraordinaire. C’est comme si on venait de lui trouver une vocation », ajoute Marie-Claude Tétreault.

Devant une telle réponse des artistes et du public, le couple a remis le rendez-vous au calendrier l’année suivante, puis l’année d’après... Vingt ans plus tard, Bromont en art est devenu un symposium incontournable au Québec.

Durant les premières années, le symposium se tenait directement sur le terrain du couple Tétreault-Cusson.

Si les trois premières années de l’événement (inoubliables, il va sans dire) celui-ci s’est déroulé directement chez les Tétreault-Cusson, il leur a bien fallu passer à un plan B devant la hausse d’achalandage.

La formule actuelle — les chapiteaux des artistes sont installés tout le long de la rue Shefford, au beau milieu du village — est idéale, croient-ils.

Et après 20 ans, l’envie est toujours là ? « On n’est pas sur le point de lâcher ! On a plutôt enlevé les irritants et on s’est entourés de bénévoles », affirme M. Cusson. Bien sûr, avoue-t-il, tout le volet financement — demandes de subventions et recherche de commanditaires — n’est pas toujours une partie de plaisir.

Le plaisir, le vrai, c’est à travers la reconnaissance des artistes et des visiteurs qu’ils le trouvent. « Il y a de l’amour et de la couleur partout durant cette fin de semaine. C’est une rencontre incroyable », disent-ils.

Encore plus gros ?
Les organisateurs estiment à près de 26 000 le nombre de personnes qui visitent Bromont en art chaque année. L’an dernier, 107 artistes ont accroché leurs toiles à Bromont durant le symposium. Cet été, pour le 20e anniversaire, il n’est pas exclu que le nombre de peintres grimpe à 130. « On pourrait en accepter plus cette année. On a tellement de demandes », laisse entendre Mme Tétreault.

La popularité de Bromont en art auprès des artistes s’explique de mille façons. Le cadre bucolique peut-être, l’ambiance conviviale aussi. Les ventes ne sont pas non plus à négliger. Oui, les affaires sont bonnes à Bromont, affirment les deux complices.

« C’est une super vitrine pour les artistes. Et le public est plus connaisseur aujourd’hui. Les symposiums y ont contribué. Ça rend la clientèle plus intéressante. »

Un 20e symposium se tiendra les 24, 25 et 26 août, de 10 h à 18 h, dans la rue Shefford.