Le jardin communautaire Les Coccinelles est bien enraciné à Bromont.

Le jardin Les Coccinelles: des lopins de terre populaires

Le jardinage a la cote à Bromont. La preuve: les 79 lots du jardin communautaire Les Coccinelles affichent complet, si bien que l’endroit est pourvu d’une liste d’attente depuis quelques années.

«Il ne se libère pas tellement de terrains d’une année à l’autre. Au contraire, les gens essaient une année, ils aiment ça, ils s’emballent et veulent continuer», lance une jardinière de longue date engagée au sein du jardin, Chantal Kobel.

Celle-ci attribue cet intérêt pour le jardin communautaire à la multiplication des développements résidentiels et aux nombreux condos à proximité, mais aussi à l’engouement de plusieurs pour un retour à la terre et le désir de consommer des aliments frais.

La saison 2018 marquera d’ailleurs le 20e anniversaire de l’incorporation, à titre d’OBNL, des jardins, situés près de la rue Marcel-Bergeron. Ceux-ci sont aménagés sur une parcelle de terrain appartenant à la fabrique de la paroisse Saint-François-Xavier de Bromont.

Ateliers de cuisine, avec le chef Charles Marin, et d’herboristerie, avec Anny Schneider, sont entre autres à l’agenda pour marquer le coup. Une fête des récoltes, où des plats cuisinés par les membres seront partagés, est aussi prévue.

Appui
La saison 2018 marquera aussi le retour d’une pionnière du jardin, alors que Pauline Pelletier, qui a assumé la présidence du conseil d’administration durant dix ans, se chargera quelques heures par semaine de l’entretien d’un jardin de fines herbes et de plantes médicinales aménagé il y a quelques années par un membre qui ne peut continuer à l’entretenir, ayant quitté. Au passage, elle compte aussi se faire généreuse avec les conseils aux nouveaux jardiniers.

Pauline Pelletier n’est pas tellement surprise de l’engouement pour le jardin communautaire bromontois. «Il est tellement bien organisé et la Ville a été tellement généreuse», dit-elle.

Lors de son mandat à la présidence, de 1998 à 2008, Mme Pelletier a déposé de nombreuses demandes à la Ville — aménagement d’une clôture, mise en place d’installations d’irrigation, agrandissement du stationnement, ajout d’un cabanon, etc. —, qui ont toutes reçu une réponse affirmative. «Ils m’ont vraiment aidée. Ça m’a encouragée», dit-elle.

La Ville de Bromont continue par ailleurs à soutenir financièrement le jardin. Le maire, Louis Villeneuve, affirme que ce type d’initiative citoyenne pourrait être répété ailleurs sur le territoire de Bromont, comme à Adamsville, si une demande était formulée en ce sens.

Le maire et sa conjointe, Sylvie Guévin, cultivent d’ailleurs un lot au jardin Les Coccinelles depuis 2011. «C’est vraiment plaisant de voir l’atmosphère qui règne là. Ça rapproche les citoyens. Les gens se donnent des conseils. C’est rassembleur», se réjouit M. Villeneuve qui affirme être, dans le duo qu’il forme avec sa conjointe, le spécialiste de l’arrosage et des «jobs de bras».

Nouveaux jardiniers
Le jardin communautaire Les Coccinelles est écologique, c’est-à-dire que les engrais et pesticides chimiques y sont bannis. L’endroit compte 55 membres cette année. Il en coûte entre 15 $ et 25 $ pour pouvoir cultiver une parcelle de terrain d’une superficie de 150 à 360 pieds carrés.

Selon Chantal Kobel, les membres effectuent un total de plus de 500 heures de bénévolat par année, notamment pour entretenir les espaces communs. L’endroit est pourvu d’un jardin collectif de 400 pieds carrés. Le fruit des récoltes est offert au Centre de dépannage alimentaire Marguerite-Dubois, ainsi qu’aux ateliers de cuisines collectives.

Mme Kobel constate que le jardinage est de plus en plus une affaire de famille, et ce, depuis quelques années. «Avant, il y avait beaucoup de retraités, mais la clientèle des jardins a changé. Avec tout ce qui traite de permaculture et qui nous invite à manger local, bio, mais aussi avec des émissions à la télé comme Les Fermiers, il y a un engouement réel pour le jardinage», relève-t-elle.