Les quatre employées du Centre de dépannage Marguerite Dubois: Jess Simoneau, responsable de la friperie, Mylène Dufresne, responsable du dépannage alimentaire, Valérie Marin, directrice générale, et An De Win, responsable du volet psychosocial.

Aider les gens à s’aider

Des gens dans le besoin, il y en a partout, même à Bromont, souligne Valérie Marin. Pour leur venir en aide, il existe le Centre de dépannage Marguerite Dubois, dont elle est la directrice depuis deux ans.

L’an prochain, l’organisme fêtera ses 20 ans d’existence, mais sa mission puise ses racines beaucoup plus loin dans le temps. « On l’a reprise de sœur Marguerite Dubois qui, à l’époque, faisait surtout du dépannage alimentaire. C’est elle notamment qui a mis sur pied la guignolée à Bromont et la distribution des paniers de Noël », explique Mme Marin.

Depuis, toutefois, les raisons d’être de l’organisme de bienfaisance se sont élargies. En plus du dépannage alimentaire, il offre des biens de première nécessité gratuitement ou à moindre coût grâce à sa friperie, et multiplie les interventions psychosociales afin d’aider les plus démunis à la base. Finalement, elle sort de l’isolement des personnes âgées en perte d’autonomie.

« Cent cinquante familles de Bromont sont inscrites sur la liste de notre banque alimentaire, et une vingtaine de personnes âgées », indique-t-elle.

Trois cuisines collectives sont organisées chaque semaine pour compléter les paniers remis. Deux sont destinées aux usagers et une autre est composée de bénévoles qui cuisinent des plats qui sont ensuite distribués aux personnes âgées en perte d’autonomie. « On est chanceux, à Bromont, car on est très bien appuyés autant par la communauté que par les commerçants », souligne Valérie Marin.

En plus des dons recueillis grâce à la guignolée, IGA envoie à l’organisme les surplus de ses différents départements — boulangerie, mets préparés, etc. —, SOS Dépannage Moisson Granby l’approvisionne en produits frais — yogourt, lait, viande, œufs, etc. —, et il peut compter sur l’aide d’une douzaine de bénévoles chaque semaine pour mettre la main à la pâte et entretenir sa parcelle de jardin communautaire durant la saison estivale.

Friperie et intervention psychosociale

Dans un local adjacent à l’entrepôt du dépannage alimentaire, la friperie La Penderie sert à financer, en partie, les activités de l’organisme, indique Mme Marin. « Mais sa mission première, c’est d’abord d’offrir une aide gratuite aux personnes en situation de crise », précise-t-elle, citant en exemple une mère victime de violence conjugale qui a dû quitter son domicile subitement.

Dans un local adjacent à l’entrepôt du dépannage alimentaire, la friperie La Penderie sert à financer, en partie, les activités de l’organisme.

« On va la rééquiper avec de la vaisselle, des vêtements, des lits, des électroménagers. Tout le nécessaire de base. »

Le Centre de dépannage Marguerite Dubois offre également un programme de jumelage pour les cadeaux de Noël et les sacs d’école. « Un citoyen peut décider de parrainer un enfant en lui achetant un cadeau à Noël ou un sac d’école rempli de ses effets scolaires », indique la directrice générale.

Grâce à une intervenante psychosociale embauchée il y a peu de temps, le dernier volet d’intervention du Centre consiste à faire du référencement. Un service que Mme Marin souhaite développer davantage. « Au total, 30 % de ma clientèle a besoin d’accompagnement à un niveau ou à un autre, que ce soit en santé mentale, en toxicomanie, en gestion de budget, etc. », estime-
t-elle.

« Donc, en regardant le portrait de leur situation, on est plus en mesure de les référer aux bonnes ressources pour leur donner une chance de se sortir du cycle de la pauvreté. »

Plusieurs demandes d’aide adressées à l’organisme le sont toutefois de façon très temporaire, ajoute Mme Marin.

« Des fois, on reçoit les gens une fois dans nos bureaux. On regarde la problématique, on trouve des solutions, et c’est tout. D’autres fois, ce sont des gens qui tombent sur le chômage, qui sont atteints d’un cancer... Des travailleurs autonomes qui se blessent et qui ont besoin de dépannage pour quelques semaines... »

De nouveaux locaux

La pauvreté n’a donc pas qu’un seul visage. Et si ça se trouve, elle en aura de plus en plus, craint la directrice générale du Centre de dépannage Marguerite Dubois. « Juste depuis le mois de janvier, on a reçu une vingtaine de nouvelles demandes », indique-t-elle.

Pour répondre aux besoins éventuels, celle-ci souhaiterait trouver rapidement de nouveaux locaux [ils sont présentement situés au 50, chemin de Gaspé, locaux C-5 et C-6]. « Ici, ce n’est pas adéquat. On n’a pas vraiment d’entrepôt et on est tellement à l’étroit que nos cuisines se trouvent dans un autre bâtiment », fait-elle valoir.

Mme Marin souhaite prochainement décrocher une subvention lui permettant d’augmenter les heures de travail de l’intervenante psychosociale. Pour plus d’information : www.centremargueritedubois.com. À noter que l’assemblée générale du Centre, ouverte à tous, se tient ce mercredi 5 juin ,à 17h30, au Centre culturel St-John de Bromont.