Andrea Coombs parmi les sureaux en fleurs, au milieu de l’été.

Une terre revitalisée grâce aux baies de sureau

D’abord issue de la volonté de redonner vie à une terre inutilisée au cœur de Knowlton, l’entreprise Vitalité Sureau s’est vite transformée en projet familial. Récit d’une aventure agricole de la région.

« Nous sommes propriétaires des lieux depuis 17 ans, mais nous n’utilisions pas réellement le terrain. Pourtant, l’endroit est tellement charmant! Ça ne lui rendrait pas justice, de laisser la grange et les terres pratiquement à l’abandon », relate en anglais Andrea Coombs, Ontarienne d’origine, mais Bromoise d’adoption.

De ce constat a germé l’idée de donner une seconde vie à cette ferme qui avait jadis accueilli du bétail. Et un coup parti, pourquoi ne pas en faire un projet familial?

N’ayant aucune expérience avec l’élevage animalier, Andrea Coombs et son mari, Philippe Gélinas, ont alors exploré leurs options du côté de l’agriculture. Parmi les plantes potentielles, ils sont tombés sur le sureau, un arbuste fruitier qui n’a pas manqué de rappeler des souvenirs à Mme Coombs.

En effet, alors qu’elle était enfant, son père ramenait parfois de mystérieuses petites baies noires à la maison après ses marches. « Il les trouvait dans la nature et les ramenait dans ses poches pour en faire des tartes. Et moi, je me demandais pourquoi j’avais ce père un peu fou qui rapportait des fruits étranges, quand personne d’autre ne le faisait! », se remémore-t-elle avec amusement.

Candidat idéal

Hormis la nostalgie, plus Andrea Coombs et Philippe Gélinas se penchaient sur l’étude du sureau, plus le choix de cet arbuste leur semblait idéal. D’abord, parce que la plante est indigène au Québec. Elle serait alors déjà adaptée au climat et elle ne présenterait pas de nouveaux risques écologiques, contrairement aux plantes importées. Ensuite, parce que la production d’un tel fruit inusité diversifierait l’offre agrotouristique de la région sans pour autant entrer en concurrence directe avec les nombreux producteurs de vin, par exemple.

Finalement, par sa haute teneur en vitamines et ses propriétés antioxydantes, la petite baie québécoise s’intégrerait parfaitement dans les différents mouvements actuels axés sur la santé. Tout compte fait, le couple était séduit. L’entreprise Vitalité Sureau a finalement vu le jour en 2014.

Des boutures au sirop

Une fois la culture décidée, tout s’enchaîne : on part des boutures, on prépare les sols, on plante les débuts d’arbustes, on rénove la grange pour y aménager une boutique, on récolte, on teste des recettes… Des recettes — au pluriel, oui —, car non seulement l’entreprise prépare-t-elle des extraits de fruits purs, mais elle offre aussi un produit unique: un sirop de fleurs de sureau. Les deux substances peuvent être intégrées à toutes sortes de boissons ou recettes gourmandes. Même si l’entreprise n’en était qu’à sa deuxième récolte cette année, elle est loin de s’essouffler. Une petite usine est même présentement en construction sur le terrain bromois, afin de ramener l’entièreté de la production sur place.

Au travers de tous ces efforts, tout le monde, enfants, beaux-parents, grands-parents, cousins, nièces et amis, met la main à la pâte, en particulier durant les deux périodes de récoltes pour les fleurs, puis les fruits. «C’est vraiment amusant!, se réjouit Mme Coombs. Ma famille et moi sommes très excités et enthousiastes pour la suite!»