«On connaît très bien notre territoire, parce qu’on est bien documentés sur nos milieux naturels. On a une bonne cartographie et des données importantes», indique Nathalie Grimard, directrice adjointe du service de la gestion du territoire.

Pour un développement toujours plus intelligent

Dans le cadre de la nouvelle Loi sur la conservation des milieux humides et hydriques, adoptée en juin 2017, toutes les MRC du Québec devront se doter d’un plan régional des milieux humides et hydriques d’ici le 16 juin 2022. Ses objectifs sont de permettre aux MRC de planifier les actions à mener pour assurer la conservation de ces milieux. Comme elle a déjà une bonne connaissance de ses milieux naturels, Brome-Missisquoi dispose d’une longueur d’avance.

«On connaît très bien notre territoire, parce qu’on est bien documentés sur nos milieux naturels. On a une bonne cartographie et des données importantes de Canards illimités et des organismes de bassin versant sur notre territoire. On met aussi notre banque de données à jour avec nos visites sur le terrain», fait savoir Nathalie Grimard, directrice adjointe du service de la gestion du territoire.

Le plan devra être accompagné d’une stratégie de conservation afin de limiter le plus possible la destruction des milieux humides. La loi prévoit d’ailleurs que les MRC pourront refuser d’endosser un projet qui prévoit la destruction d’un milieu humide ou d’exiger une compensation financière dans un fonds dédié à la restauration d’autres milieux.

Dans Brome-Missisquoi, on prévoit faire d’une pierre deux coups, puisque le schéma d’aménagement et de développement de la MRC sera bientôt révisé. «Alors, plutôt que de se concentrer sur les milieux humides et hydriques, on en profitera pour aller plus large en adoptant une approche intégrée visant l’ensemble de nos milieux naturels d’intérêt», précise Mme Grimard.

Nathalie Grimard, directrice adjointe du service de la gestion du territoire, et Simon Lajeunesse, coordonnateur de la gestion de l’eau à la MRC Brome- Missisquoi

Équilibre

«On est beaucoup en réaction face aux choix du passé», estime l’urbaniste.

De prendre en compte l’existence et l’emplacement des milieux naturels assurera un développement plus intelligent et plus durable à long terme. «Il y a un équilibre à atteindre entre les territoires à développer et ceux qu’on doit préserver ou mettre en valeur. Quand on connaît les caractéristiques de notre environnement, c’est plus facile de planifier l’occupation du territoire», ajoute-t-elle.

Concrètement, cela ne signifie pas de freiner tout développement, mais plutôt de prendre en compte les éléments actuels du territoire afin de déterminer si ceux-ci peuvent être intégrés dans un projet pour limiter les impacts environnementaux de celui-ci.

«Ce n’est pas une chasse aux sorcières où on met une cloche de verre sur tous les milieux humides. Il faut prendre le tout à une échelle importante et se questionner sur les impacts avant de leur toucher», explique Mme Grimard, qui rappelle que le ministère de l’Environnement demeure responsable d’autoriser ou non la destruction d’un milieu humide. Son collègue à la gestion de l’eau, Simon Lajeunesse, estime que le recensement des milieux hydriques et humides permettra d’atteindre cet objectif.

«Ça prend de la cohérence entre le développement économique et la protection de l’environnement, souligne-t-il. On doit se demander quels milieux on doit absolument préserver. Nous en avons sur notre territoire qui ont des fonctions naturelles, comme la régulation des crues et la filtration naturelle. Si on s’assure de les préserver, plus tard, nous n’aurons pas à mettre en place des mesures correctives pour en arriver au même résultat.»

Les travaux concrets du plan devraient débuter en début d’année prochaine. En 2020, plusieurs séances d’information et de consultation devraient avoir lieu pour permettre à la population de s’exprimer sur la question.