Les forêts de Frelighsburg occupent 75 % du territoire.

Les forêts mises en valeur

Frelighsburg — Les forêts de Frelighsburg occupent 75 % du territoire. Leur mise en valeur, en optant pour une approche écosystémique où la faune et la flore sont privilégiées et le prélèvement d’essences fait à petite échelle, est prônée par le Réseau foresterie Frelighsburg et régions, bois d’exception.

Ce Réseau, supporté par l’organisme Vitalité Frelighsburg, regroupe des propriétaires et producteurs forestiers, des ingénieurs, des scieurs, des ouvriers sylvicoles et des utilisateurs de bois d’œuvre comme des ébénistes et des menuisiers. «Notre but n’est pas de bûcher les forêts pour vendre du bois. Notre but est d’aménager nos forêts pour en faire une transformation à valeur ajoutée localement», explique Jean Lévesque, maire de Frelighsburg, qui est également impliqué, avec un groupe de citoyens, dans la mise en place du Réseau depuis plus d’un an.

Trois grands objectifs ont été fixés par le groupe: favoriser la gestion durable du territoire forestier par une planification des aménagements sylvicoles, mettre en œuvre, chez les propriétaires forestiers, des travaux sylvicoles exemplaires et développer un mode particulier de transformation et de conditionnement du bois récolté au sein du réseau et, finalement, favoriser une mise en marché de proximité. «C’est une approche plutôt écosystémique dans laquelle on considère la faune et la flore. Et on opte pour les petits prélèvements avec de petits équipements, renchérit M. Lévesque. Évidemment, ça a aussi une tendance sociale dans la mesure où on veut faire un travail en harmonie avec l’environnement et que ça ait des retombées au niveau du village.»

Une coopérative

Le Réseau, qui prendra éventuellement la forme d’une coopérative de solidarité, sera au service de ses membres. «Supposons que vous avez une forêt. Vous trouvez ça beau, mais vous ne voulez pas faire de gros prélèvements, illustre M. Lévesque. La coopérative pourrait vous trouver un bûcheron et, ensuite, un ingénieur forestier irait marquer vos arbres. Ce bois-là pourrait être scié sur place, chez vous, puis envoyé dans un séchoir. Vous auriez aussi le choix de garder votre bois pour en faire des meubles, par exemple.»

Il affirme que «beaucoup de gens sont craintifs à l’idée de laisser entrer de gros équipements dans leur forêt», ce qui n’est pas du tout l’objectif du Réseau.

«En général, dans le cas de travaux de foresterie, des interventions sont faites tous les 15, 20 ou même, 25 ans, dit-il. Nous, ce qu’on préconise, c’est d’aller chercher les arbres qui arrivent à une certaine maturité et de faire des prélèvements plus réguliers. De cette façon, l’impact sera moins grand sur la forêt.»

Dans le cadre de ce projet, le Réseau a obtenu une subvention gouvernementale qui lui permet de construire un entrepôt à Frelighsburg. Il servira au préséchage du bois. «On s’attend à faire des travaux de foresterie cet hiver et on va rentrer du bois là-dedans après le sciage au printemps 2019», indique M. Lévesque.

Dans un autre volet, les artisans seront même invités à venir transformer ce bois dans la région.

Le projet est notamment soutenu par le Centre local de développement et la MRC de Brome-Missisquoi. «C’est emballant de voir à quel point la communauté s’est mobilisée dès le départ, souligne Francis Dorion, directeur général adjoint de la MRC et directeur du service de la gestion du territoire. On va continuer à les appuyer, parce que ça a vraiment un impact social et économique sur le territoire.»

Les personnes intéressées à découvrir le Réseau peuvent consulter le www.boisdexception.com