Oriana Familiar, conseillère en développement durable au CLD Brome-Missisquoi

Le projet de symbiose industrielle prêt à rayonner davantage

Après avoir prouvé sa pertinence, le projet de symbiose industrielle est prêt à rayonner davantage dans Brome-Missisquoi et dans les régions environnantes, affirme la conseillère en développement durable au Centre local de développement (CLD), Oriana Familiar.

« On aimerait continuer à élargir les secteurs d’activités. Par exemple, intégrer de nouvelles matières, comme les tubulures acéricoles, les chalumeaux et les broches. Ce sont des plastiques super intéressants à récupérer. On entend aussi parler du plastique agricole et trouver des débouchés », fait valoir Mme Familiar.

Pour les néophytes, le principe de symbiose industrielle est simple. Il permet à une entreprise aux prises avec des matières dont elle souhaite se départir, comme des palettes de bois, des chaudières de métal, des retailles de tissus ou de cartons, de les offrir à une autre entreprise justement à la recherche de ce type de matière.

Bref, les résidus des uns deviennent les matières premières des autres.

Un exemple parmi d’autres : les palettes de DeltaGomma, à Cowansville, ont été récupérées par l’entreprise agroalimentaire Le Champ de la voisine, aussi à Cowansville, pour en faire une station de compostage et un abri au milieu du champ pour y ranger des outils.

À ce jour, et depuis 2014, quelque 600 échanges du genre ont été réalisés, se réjouit Oriana Familiar, qui agit à titre d’intermédiaire entre la centaine d’entreprises qui participent à la symbiose industrielle. C’est elle que les entrepreneurs contactent lorsqu’ils souhaitent se départir de matières ou qu’ils en recherchent. « Il y a des gens qui ont tellement bien compris le principe, et ça les dépanne tellement, qu’ils ont régularisé les échanges », lance la conseillère en développement durable au CLD de Brome-Missisquoi.

Des gains économiques de plus de 1 million $ ont été comptabilisés, entre autres dans le cadre de la gestion des matières résiduelles. L’initiative a aussi permis la mise en valeur de plus de 5000 tonnes métriques de matières résiduelles, selon la documentation du CLD.

Les efforts de symbiose ont aussi eu un effet appréciable sur les gaz à effet de serre. Les déplacements économisés pour se départir ou acquérir différentes matières depuis 2014 ont permis de retirer de la route l’équivalent de 1325 voitures, calcule Mme Familiar.

Partenariat

La cellule de symbiose industrielle de Brome-Missisquoi (SIBM), chapeautée par le Centre de transfert technologique en écologie industrielle et partenaire de Synergie Québec a, en quelque sorte, fait figure de précurseure en 2014, lors de son lancement. Seules deux autres régions favorisaient ce type d’économie circulaire, d’abord initié au Danemark dans les années 1970. Aujourd’hui, il existerait une vingtaine de cellules au Québec et chacune est responsable de son financement.

Un appui gouvernemental plus senti serait d’ailleurs apprécié, glisse Oriana Familiar.

À court et moyen terme, SIBM aimerait ajouter de nouvelles entreprises de Brome-Missisquoi à ce réseau d’échanges qui se traduit également par la mise en commun de ressources pour la formation continue des employés.

L’intérêt est aussi présent pour conclure des partenariats avec la Haute-Yamaska et d’autres villes voisines de Brome-Missisquoi, affirme la conseillère en développement durable.

Depuis l’an dernier, un volet mutualisation a, en outre, été mis sur pied. Les matières de cinq catégories — bois, verre, plastique, matière organique et carton — qui n’avaient pas de potentiel individuellement, ont été regroupées pour un total de 1726 tonnes, souligne le CLD.

Le projet continue par ailleurs à attirer l’attention. Il a récemment été couronné d’un des cinq Grands prix d’excellence décernés à autant d’organismes, ainsi que d’un prix Distinction, à l’occasion du 26e Gala des prix d’excellence en environnement des Cantons- de-l’Est. Il avait également été finaliste à ce même gala en 2016.

Des projets de recherche académique s’inspirent également de la symbiose. L’École des métiers de l’environnement, en Bretagne, a visité Brome-Missisquoi l’an dernier pour s’inspirer de son réseau et des échanges.