Le développement durable «c’est comme à l’école», dit Oriana Familiar, conseillère en développement durable au Centre local de développement de Brome-Missisquoi. «Il y en a qui performent bien, d’autres qui ont besoin d’aide!»

La force du nombre

On accomplit davantage en groupe que seul. L’adage se prête à plusieurs domaines, dont la gestion des déchets, de l’énergie et de l’eau dans Brome-Missisquoi.

Depuis cinq ans, la Table des entreprises en développement durable (TEDD) réunit des représentants d’industries qui, autrement, ne se fréquenteraient probablement pas. Ils échangent des stratégies pour mieux chauffer, utiliser l’eau potable et disposer de leurs ordures de façon à limiter leur impact sur l’environnement.

Et ça marche, indique Oriana Familiar, instigatrice de la TEDD et conseillère en développement durable au Centre local de développement.

«Il y a de l’entraide, de la collaboration, dit-elle. On peut faire plus que chacun de son côté.»

À coups de visites d’entreprises, de formations, de conférences et de rencontres informelles, la trentaine de membres partage ses connaissances. Teledyne Dalsa de Bromont, spécialisée dans l’équipement électronique, a accueilli la dernière activité.

Investissements

L’usine du boulevard de l’Aéroport est un modèle de développement durable. «Sa gestion des matières résiduelles est très complète, dit Mme Familiar. Elle fait le traitement de ses déchets, du recyclage et des matières organiques depuis longtemps.»


« Le développement durable, ce sont des actions qu’on pose tout de suite pour obtenir des résultats plus tard. C’est un investissement à long terme. »
Oriana Familiar

En plus de détenir la certification «Ici, on recycle», Teledyne Dalsa a installé des îlots de tri pour ces trois voies dans sa cafétéria et toutes ses salles de rencontres. IBM Bromont se démarque aussi en valorisant 95 % de ses matières résiduelles, tandis que le Centre de recherche en électronique (C2MI) a sa propre usine de traitement de l’eau.

Des investissements qui en valent le coût, dit la conseillère. «Le développement durable, ce sont des actions qu’on pose tout de suite pour obtenir des résultats plus tard. C’est un investissement à long terme. En utilisant moins de matières premières, en produisant moins de déchets, on économise.»

Face à l’investissement exigé, certaines entreprises — les plus petites, entre autres — se font tirer l’oreille pour devenir plus écologiques, reconnaît Mme Familiar.

«Parfois, c’est difficile, parce que rien n’oblige légalement les entreprises à faire du développement durable.» Le recrutement et la rétention à TEDD sont des défis permanents. «C’est comme à l’école: il y en a qui performent bien, d’autres qui ont besoin d’aide!»

Avantages

Pour attirer les recrues, on met de l’avant les économies à long terme, mais aussi les avantages en terme de fierté, d’image corporative et de sentiment d’appartenance des employés.

«Le développement durable peut aider à retenir la main-d’œuvre», dit la conseillère, disponible pour des diagnostics.

La possibilité de mettre en place une TEDD dédiée aux petites et moyennes entreprises est aussi envisagée. Pour l’heure, celle qui existe accueille surtout des représentants d’industries de l’électronique, du plastique et de l’exploitation de matériaux de construction.

Quelques entreprises agroalimentaires complètent le lot, mais le CLD souhaite en attirer davantage, ainsi que des industries touristiques. Une campagne de recrutement est en préparation.

D’ici dix ans, la MRC de Brome-Missisquoi veut attirer 10 000 nouveaux employés. Soit davantage de déchets et de consommation d’eau.

«L’eau, on en a beaucoup au Québec et on a l’impression qu’on n’en manquera jamais, mais ce n’est pas nécessairement vrai, dit Oriana Familiar. Il faut faire attention.»

Et à plusieurs, la prudence est décuplée!