Brome-Missisquoi profite d’une précieuse disparité paysagère.

Inestimables paysages

Bien que les élus de Brome-Missisquoi aient à cœur le patrimoine paysager de la région depuis des décennies, peu d’actions concrètes sont venues soutenir les grandes orientations en matière d’aménagement du territoire.

Dans sa planification stratégique 2017-2032, la MRC a remis l’importance de ses beaux paysages à l’avant-plan, en leur attribuant une valeur environnementale, économique, sociale et culturelle.

L’étude de ces paysages s’inscrit maintenant dans le cadre de l’Entente de développement culturel sur trois ans (2018-2019-2020) paraphée avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec.

«Les paysages et leur mise en valeur sont des incontournables. Il importe de les protéger», affirme le conseiller en développement touristique au CLD de Brome-Missisquoi, Rémi Jacques.

Tout un processus mènera à cette mise en valeur. À partir d’un diagnostic basé en grande partie sur des données recueillies antérieurement — cartographie, études universitaires, inventaire des paysages —, il sera possible de caractériser cesdits paysages. «Ça permet de définir notre identité. Et la plus-value, c’est qu’on pourra s’en servir en partie dans le nouveau schéma d’aménagement de la MRC. En précisant, par exemple, si on peut faire telle activité à tel endroit. Ça permet de légiférer.»

Le travail de terrain, dit-il, débute. Et beaucoup de monde sera mis à contribution. Un atelier aura d’ailleurs lieu à la fin du mois en présence d’élus et d’intervenants du milieu. Un rapport final devrait être déposé à l’été 2019.

Différent

Rémi Jacques mentionne que la grande disparité paysagère qui existe dans Brome-Missisquoi, la partie est étant montagneuse, et la partie ouest principalement composée de plaines agricoles. «Avant, il y avait certains préjugés défavorables face aux paysages agricoles, mais maintenant, on leur accorde beaucoup de valeur. C’est intéressant à analyser.»

Le territoire de Brome-Missisquoi a beau être immense, un bon travail a déjà été fait, rappelle-t-il. «On ne part pas de zéro.»

Le concept peut sembler bien abstrait... Pour le rendre plus clair, le conseiller parle notamment des clochers d’église, qui font partie du paysage humanisé. Il donne aussi en exemple le prix des terres agricoles qui ne cesse d’augmenter. Lorsqu’un riche investisseur achète une terre et la laisse en jachère, il se peut, illustre-t-il, qu’on perde la vue que les champs permettaient auparavant.

Dotée d’une enveloppe totale de 110 000 $ — payée à parts égales par la MRC et le Ministère —, cette étude mènera à diverses actions, dont la nature n’est pas encore définie. Une sculpture? Du mobilier extérieur pour admirer la vue? «À la fin, est-ce que ce sera un legs physique ou immatériel. C’est à voir... Mais on veut qu’il y ait un lien entre tous les projets.»