La campagne prévoit aussi un volet scolaire à travers lequel les enfants de la région seront, eux aussi, sensibilisés à la séparation des matières résiduelles sous la forme d’ateliers.

Gestion des matières résiduelles: sur la bonne voie

Qu’il s’agisse de recyclage, de compostage, de collecte du verre ou de dépôts dans les écocentres, la récupération et la revalorisation des matières résiduelles ont la cote dans la MRC Brome- Missisquoi. Malgré des résultats encourageants, du travail reste à faire pour s’assurer que chaque rebut trouve son bac.

Des investissements réalisés l’an dernier, notamment pour l’installation d’un lecteur optique, a eu pour effet d’améliorer la productivité de Sani-Éco, qui dessert également les 13 municipalités autrefois servies par Récupération 2000. Une entente de cinq ans a été signée en ce sens par toutes les municipalités de la MRC.

En 2017, environ 4000 tonnes de matières recyclables ont été récupérées par Sani-Éco et 6800 autres ont été récupérées par la collecte de porte en porte. Les industries, commerces et institutions sont, pour la plupart, desservis par une collecte privée, précise-t-on.

« L’augmentation du tonnage en recyclage n’est pas nécessairement une bonne chose. L’idéal, c’est de réduire sa consommation à la source. Ça signifie donc que les gens consomment beaucoup de produits emballés », explique Valérie Nantais-Martin, coordonnatrice en environnement à la MRC Brome-Missisquoi.

L’implantation de la collecte des matières organiques visant à être compostées est aussi couronnée de succès au terme de sa première année d’exploitation. « On a débuté en octobre pour certaines municipalités, et les autres ont emboîté le pas au printemps, note Mme Nantais-Martin. Au terme de notre première année, on a ramassé
4500 tonnes de matières organiques. »

À plein régime, c’est-à-dire quand toutes les municipalités seront desservies, on pourra collecter 14 000 tonnes de matières compostables annuellement et les détourner des sites d’enfouissement. La MRC a, par ailleurs, noté une augmentation marquée de l’achalandage du côté des écocentres où, en cinq ans, le nombre de visites enregistrées a bondi de 50 %, dont 10 % seulement dans la dernière année. « On parle de 12 000 visites annuelles dans les écocentres », mentionne Mme Nantais-Martin.

« Cette année, on a fait un diagnostic. On a décidé de faire un portrait d’ensemble après cinq ans de vie, poursuit-elle. On a évalué et on a déterminé qu’on avait besoin d’offrir le service plus souvent et plus fréquemment pour diminuer le temps d’attente et offrir une plus grande flexibilité d’ouverture. »

Précurseurs dans la récupération du verre

Brome-Missisquoi fait l’envie de bien d’autres MRC alors que plusieurs de ses municipalités se sont lancées dans la collecte du verre. Bouteilles, pots et autres contenants de verre sont désormais récupérables grâce à des points de dépôt aménagés dans certaines municipalités. « Cowansville a commencé au printemps, et jusqu’à présent, Bedford, Notre-Dame-de- Stanbridge, Farnham et Bromont ont fait de même. Et plein d’autres municipalités veulent leur emboîter le pas », mentionne Mme Nantais-Martin.

Depuis le printemps, 118 tonnes de verre ont été récupérées. Celles-ci sont ensuite acheminées chez 2 M Ressources, à Saint-Jean-sur-Richelieu, moyennant une ristourne de 50 $ la tonne et les frais de transport. Le verre est ensuite trié par couleur, et fondu. « Ce n’est pas quelque chose pour faire de l’argent. C’est simplement un service de plus qu’on offre aux citoyens », ajoute la coordonnatrice.

Revaloriser les plastiques agricoles

Un nouveau projet visant à récupérer les plastiques agricoles — dont ces emballages blancs qui ressemblent à de grosses guimauves de foin — entrera en vigueur le mois prochain dans le cadre d’un partenariat avec AgriRécup.

En décembre, une trentaine de producteurs agricoles ciblés dans la MRC feront l’objet de tout autant d’entrevues pour déterminer quels seraient les besoins dans la région et quelle quantité de plastiques agricoles pourraient éviter l’enfouissement. « On envisage différentes techniques : des sacs, une presse, du porte-à-porte, un apport volontaire. On va trouver la meilleure méthode, mais c’est sûr qu’on vise à éviter que ces plastiques soient enfouis », explique la coordonnatrice en environnement.

Les plastiques agricoles collectés serviront de combustible dans une cimenterie, explique-t-on. « Et notre partenaire s’est engagé à trouver un usage plus écologique des plastiques, éventuellement », précise-t-on.

Sensibiliser à mieux trier

Même si les efforts pour diminuer la quantité de déchets enfouis dans la région portent leurs fruits, les citoyens sont encore « mêlés » au moment de trier leurs rebuts. C’est pourquoi la MRC s’est adjoint une firme en communication pour développer une stratégie qui sera mise en application dès l’an prochain. « En 2020, on va mettre en place un plan de communication pour démythifier ce qui va dans chacun des trois bacs et à l’écocentre, explique-t-elle. On sait qu’on doit continuer d’informer les gens. De répéter pour que le message passe. »

Beaucoup d’éducation reste à faire, et ce sont parfois de petits gestes qui peuvent faire de grandes différences. « Ça peut être aussi simple que de mettre les circulaires et le Publisac séparément dans le bac de recyclage, de défaire les boîtes et de les écraser, explique Mme Nantais-Martin. Ce sont de petits conseils : mettez vos articles en vrac, ne remplissez pas une boîte de céréales avec autre chose, car au triage, ça peut perturber la ligne. » Il n’y a pas que dans le bac bleu que la confusion règne. « On doit aussi sensibiliser les gens sur ce qu’on met dans le bac brun. Tout ce qui se mange ou qui est un résidu de jardin, ça passe ! Mais on a déjà vu une bouteille de vin ou des sacs en plastique compostable dans le bac ... C’est comme les étiquettes autocollantes qu’on voit sur les fruits et les élastiques qui attachent les légumes: ça ne va pas là ! »

La campagne prévoit aussi un volet scolaire à travers lequel les enfants de la région seront sensibilisés à la séparation des matières résiduelles sous la forme d’ateliers.
« Quand ils reviennent de l’école, le soir, ils transmettent l’information à leurs parents et leur font la leçon s’ils trient mal leurs déchets ! C’est par eux qu’on pense pouvoir sensibiliser les adultes », croit la coordonnatrice.