Avec 21 maires et mairesses, la MRC de Brome-Missisquoi a tous les airs d’un orchestre. Heureusement, tout ce beau monde est au diapason quand vient le temps de faire de la région un lieu où il y a tout pour être heureux.

Des violons bien accordés

COWANSVILLE — Avec 21 maires et mairesses, la MRC de Brome-Missisquoi a tous les airs d’un orchestre. Heureusement, tout ce beau monde est au diapason quand vient le temps de faire de la région un lieu où il y a tout pour être heureux.

« Quand je suis arrivé en poste, je me demandais comment 21 maires pouvaient arriver à travailler ensemble, se souvient Louis Villeneuve, qui a fait son entrée à la mairie de Bromont en 2017. J’ai compris que ce qui fait en sorte que ça marche, c’est que chacun a ses besoins, mais est aussi à l’écoute de ceux des autres. »

Son homologue de Cowansville, Sylvie Beauregard, abonde dans le même sens. « Notre grande force réside dans notre diversité. La MRC est en mesure de s’adapter aux besoins des uns sans négliger les autres et en respectant l’identité propre à chaque ville », croit-elle.

« Ce que je remarque, c’est qu’on a aussi une identité forte comme MRC, renchérit Patrick Melchior, maire de Farnham. On a une image qui fait de plus en plus parler de nous. »

Selon la préfète de la MRC et mairesse d’East Farnham, Sylvie Dionne-Raymond, les citoyens de la région sont bien desservis en ce qui a trait aux services de santé, d’éducation et quant à la quantité de commerces. Il existe toutefois une volonté commune d’améliorer encore plus la qualité de vie dans Brome-Missisquoi.

« Le nouveau conseil [des maires] est en place depuis un an. Déjà, beaucoup de travail a été accompli, relève le directeur général de la MRC, Robert Desmarais. Il nous reste trois ans encore pour concrétiser plusieurs autres projets. Avec une nouvelle députée, ministre de surcroît, on est outillés pour mener à terme beaucoup d’entre eux. »

Car les maires de Brome-Missisquoi pourront compter sur l’appui indéfectible de la nouvelle députée de la circonscription, Isabelle Charest, également ministre déléguée à l’Éducation au sein du tout premier gouvernement caquiste.

« Il y a une vision partagée [entre les maires et notre gouvernement], explique l’élue. J’ai toujours cru au travail d’équipe, et on doit servir cette collaboration-là. Le maillage est inévitable dans la région, car les ressources et les enjeux sont partagés. »

« Les astres sont alignés ! », s’exclame M. Villeneuve.

Transports : pour le développement durable et l’économie

Les maires reconnaissent que malgré son achalandage croissant, le transport en commun pourrait être développé davantage dans Brome-Missisquoi.

Cette année, en excluant le transport adapté, on franchira la barre des 20 000 déplacements en transport collectif sur le territoire. Ce faisant, la MRC devient éligible à certaines subventions pour développer son réseau de transport et pour améliorer ses services. Il y a environ cinq ans, on comptait quatre fois moins de déplacements, rappelle-t-on.

« On a un système complètement décentralisé, rappelle M. Desmarais. On a un peu d’aide, mais il faut dire que ça coûte extrêmement cher de développer ces services-là. Nous avons besoin que le gouvernement encourage le transport collectif en région. »

Selon M. Melchior, un meilleur transport en commun, dans la région comme ailleurs, comporte plusieurs avantages. « Plutôt que de voir ça comme une dépense, il faut considérer le transport en commun comme un investissement, dit-il, parce que cela permet de garder les gens dans la région et ça a un impact positif sur l’environnement. »

« En plus de se déplacer pour le travail ou pour acheter chez nos commerçants, les citoyens utilisent le transport en commun pour se rendre à leurs rendez-vous médicaux ou pour rencontrer des gens, renchérit Mme Beauregard. Ça a des impacts sociaux aussi. »

Le projet de train reliant Montréal à Sherbrooke suscite aussi beaucoup d’espoir dans la MRC. « On a l’occasion de faire notre marque, relève Louis Villeneuve. La grande région est unie autour du projet. »

Selon les maires, ce dernier permettra non seulement d’améliorer la mobilité des résidants et travailleurs de la MRC vers la métropole et Sherbrooke, mais aussi d’amener les touristes dans la région, en plus de servir les entreprises de Brome-Missisquoi.

« Le camionnage est rentable, mais seulement dans un certain rayon. Le train va pouvoir ouvrir de nouveaux marchés pour nos entreprises, qui pourront éventuellement créer des emplois », illustre Gilles St-Jean, maire du Canton de Bedford.

« Le transport par train entraîne des coûts plus faibles pour les entreprises, sans compter la réduction des gaz à effet de serre, parce qu’on enlèvera des voitures et des camions des routes », ajoute M. Villeneuve.

Renouveler la démographie

Même si la prospérité économique semble à portée de main, les besoins en travailleurs se font déjà sentir dans tous les secteurs économiques de Brome-Missisquoi. Dans le service aussi ; certains commerces sont contraints de réduire leurs heures d’ouverture, faute de personnel.

Dans le cadre de sa stratégie d’attraction, qui vise à combler les besoins de main-d’œuvre de la région, la MRC de Brome-Missisquoi cherche aussi à renouveler son bassin de population, afin de garder ses services — dont ses écoles — vivants et dynamiques.

« C’est une stratégie à long terme, indique Robert Desmarais. Ça prend des jeunes familles, ça prend des travailleurs pour permettre le développement économique de nos entreprises. On a des gens qui, dans quelques années, seront à la retraite. Ils vont libérer des maisons qui pourront accueillir de nouveaux résidants. »

Parmi les moyens pour y arriver, le branchement de toutes les municipalités à Internet haute vitesse d’ici trois ans, tout au plus. « C’est un outil important », reconnaît Yves Lévesque, maire de Bedford.

Pour une population active

Louis Villeneuve, qui s’est établi dans la région il y a environ sept ans, s’est dit agréablement surpris par l’état de santé des aînés de Brome-Missisquoi. « Les gens vont dehors, ils bougent, on en voit plusieurs dans la montagne. Nos aînés sont très actifs », constate-t-il.

« Notre MRC est très axée sur les saines habitudes de vie. Nous avons entamé une démarche avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie afin de déterminer quels sont les besoins en matière de soins et de services de notre population, afin d’améliorer la santé et le bien-être de nos citoyens », ajoute M. Desmarais.

Le rôle des maires est d’encourager cette activité chez les adultes, mais aussi au sein de toute la population. Cela tombe en plein dans le mandat de la nouvelle ministre. « Une de nos priorités demeure l’accessibilité aux services et de prioriser les saines habitudes de vie, indique Mme Charest. On veut créer des environnements favorables à une vie active, à profiter du plein air, par exemple. Ça tombe bien : on a la région rêvée pour ça ! »