«On accueille plus de recherches qu’ailleurs, indique Francis Dorion, directeur général de la gestion du territoire à la MRC de Brome-Missisquoi. Même que les autres MRC nous trouvent un peu crinqués!»

Dans la mire des chercheurs

Un nombre élevé d’études et de recherches universitaires prennent Brome-Missisquoi pour sujet. La diversité de sa nature mêlant forêts, montagnes, cours d’eau, vignobles, villes et terres agricoles semble fasciner les chercheurs.

« On accueille plus de recherches qu’ailleurs, explique Francis Dorion, directeur général de la gestion du territoire à la MRC de Brome-Missisquoi. Même que les autres MRC nous trouvent un peu crinqués ! »

Trois projets se démarquent présentement. D’abord, le centre d’étude sur les changements climatiques Ouranos, l’École nationale d’administration publique et l’École polytechnique de Montréal, en partenariat avec la MRC, étudient l’impact des changements climatiques sur les « systèmes essentiels » (épiceries, CLSC, approvisionnement en eau et systèmes électriques, par exemple).

« On analyse ce qui s’en vient à long terme, comme les sécheresses et les pluies diluviennes, indique M. Dorion, et on regarde qui sera affecté et si les services sont équipés pour subvenir à leurs besoins minimums. Par exemple, si le service des incendies manquait d’eau. On croise ensuite les données pour mettre en place un système de réponse. »

Il donne l’exemple des contrecoups de l’ouragan Irene qui, en 2011, avaient causé des bris d’infrastructure majeurs à Sutton et Lac-Brome. « On veut savoir ce qui s’en vient et qui fera quoi, à l’aide d’une carte numérique. Bref, on se prépare aux catastrophes. »

L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement s’intéresse, de son côté, au débit des cours d’eau, en tenant compte des changements climatiques et de la nature des sols afin de limiter la pollution causée par l’agriculture.

« Les cours d’eau sont de gros vecteurs de sédiments, illustre Francis Dorion. Et le tiers de notre territoire est utilisé pour l’agriculture intensive. Régler ça n’est pas simple, mais on développe des modèles avec nos chercheurs pour savoir où cibler nos efforts et on travaille avec les propriétaires de fermes. »

Ceux-ci sont dirigés vers des programmes de subventions personnalisés. « On les accompagne et ça fonctionne assez bien. Notre taux de participation est de 85 %. On règle des problèmes majeurs en travaillant ainsi de longue haleine. »

Corridors de liberté
Finalement, une étude impliquant l’Université du Québec à Montréal, son vis-à-vis à Rimouski et l’Université Concordia s’est penchée sur le « corridor de liberté » des cours d’eau de Brome-Missisquoi. « La force de l’eau, c’est incroyable, dit M. Dorion. Il y a des cours d’eau qui bougent annuellement. » Une situation qui pose problème quand on bâtit tout près, ce qui se fait fréquemment. D’où l’importance de calculer des bandes de protection riveraines plus larges afin d’assurer la sécurité des biens et des personnes.

« Quand il y a de bonnes pluies, des gens perdent des parties de terrain. À Sutton, en 2009, un cours d’eau de trois mètres de large s’est érodé jusqu’à atteindre 18 mètres. Il était rendu à quelques pieds de la fondation d’une maison. »

Tous les cours d’eau ont été cartographiés et les futurs réaménagements de territoire tiendront compte de cette mouvance et de ses impacts sur les résidants.

« Ces études nous apportent énormément d’information pour les décisions qu’on prend sur le terrain, dit Francis Dorion. Comme ça, on pourra réagir plus rapidement et collectivement aux changements climatiques. Il faut investir dans l’environnement si on veut des résultats. Quand on est proactif, on devient attractif. »