Vincent, Elisha, Desire, Prince, Beauty, Peter, Xcel et Esther sont arrivés à Cowansville plus tôt cette année. C’est à Marie-Josée Bégin qu’on a confié ce groupe d’élèves.

Dans la classe de Madame Marie-Josée

COWANSVILLE — La classe de Madame Marie-Josée, à l’école Sainte-Thérèse de Cowansville, compte huit élèves de 6 à 11 ans, dont le niveau de scolarité varie de la 2e à la 5e année.

Vincent, Elisha, Desire, Prince, Beauty, Peter, Xcel et Esther sont arrivés à Cowansville plus tôt cette année. Dans la plupart des cas, leurs parents ont émigré du Nigéria après avoir obtenu des emplois chez KDC Knowlton, à Lac-Brome. Ils sont parmi les premiers à venir s’établir dans la région dans le cadre de la stratégie d’attraction de la MRC de Brome-Missisquoi.

« Ça arrive qu’on accueille des élèves qui viennent d’ailleurs, mais un nombre aussi important, c’était la première fois », relate le directeur de l’école, François St-Amand.

« La commission scolaire du Val-des-Cerfs nous a appelés avant le début des classes pour nous informer que nous allions accueillir des élèves d’âge primaire. Lorsqu’il n’y en a qu’un ou deux, on les intègre dans une classe ordinaire avec de l’aide en francisation, explique M. St-Amand. Mais à huit, ils étaient assez nombreux pour qu’on mette sur pied une classe d’accueil. »

C’est à Marie-Josée Bégin qu’on a confié ce groupe d’élèves auquel s’ajouteront au moins deux nouveaux membres d’ici la fin de l’année scolaire. Forte de bonnes expériences passées en francisation, dont à l’école Avé Maria de Granby l’an dernier, l’enseignante était la candidate toute désignée pour veiller sur les jeunes immigrants.

« Une force qu’elle a, note le directeur en parlant de sa collègue, c’est son lien avec les élèves. On sent qu’elle fait une différence dans leur vie. Elle est rassurante, calme et ouverte. Ils ne se sentent pas jugés, mais accueillis. »

La principale intéressée, elle, est heureuse de ce nouveau mandat. Un bonheur contagieux qui se traduit par de grands sourires sur le visage des enfants « qui rentrent dans leur maison » quand ils pénètrent dans leur classe, affirme l’enseignante. « On est comme une famille », dit-elle.

Les premiers moments en classe ont servi aux élèves à s’acclimater à leur nouveau milieu de vie et à leur école. Pendant ce temps, Mme Bégin a pu évaluer le niveau de français et de connaissances de chacun en fonction de sa scolarité antérieure afin de dispenser la matière à un rythme qui conviendrait à chaque enfant.

Le chant est fort utile pour enseigner la langue de Molière aux élèves. « La musique est très importante pour eux, elle fait partie de leur culture », explique Mme Bégin.

L’apprentissage du français s’est poursuivi à travers des ateliers de cuisine, du théâtre, une journée au verger et la célébration de la fête d’Halloween, par exemple.

L’entraide est la clé du succès ; les aînés expliquent certaines notions aux plus jeunes pendant que la professeure est occupée. « Ça se passe très bien, dit-elle d’ailleurs. Après trois mois, certains s’expriment presque couramment en français. Ils peuvent comprendre et suivre. »

L’école a pu compter sur la collaboration de Solidarité Ethnique Régionale de la Yamaska (SERY), un organisme de Granby spécialisé dans l’accueil et l’intégration de nouveaux arrivants dans la région pour faire de ce projet une réussite, rappelle M. St-Amand. « Quand j’ai su qu’on aurait une classe d’accueil, je n’étais pas inquiet. Je savais qu’on pouvait faire un beau travail, car notre école était ouverte », dit-il.

Il n’y a pas que les nouveaux élèves qui ont dû s’adapter. « On voulait aussi sensibiliser les autres élèves de l’école à la réalité de leurs nouveaux camarades de classe, explique Mme Bégin. Avec l’aide de SERY, on a fait venir un homme qui parlait une langue africaine. Il a fait le tour des classes pour rencontrer les enfants. Ça nous a permis de leur faire comprendre ce que vivaient les nouveaux élèves à leur arrivée ici. »

D’ailleurs, le groupe de Mme Bégin a eu plusieurs occasions de se mêler aux autres dans le cadre d’activités et d’ateliers interclasses. Le tout a eu des répercussions positives. « Les élèves sont allés vers eux dès le départ ; ça n’a pas été long qu’ils se sont fait plein d’amis ! » se réjouit l’enseignante.